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mercredi 20 septembre 2017

"Le Livre des Baltimore" de Joel Dicker

"Le Livre des Baltimore" de Joel Dicker
Ed. De Fallois poche 2017. Pages 593.

Résumé: Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

La 7 de la page 7: "Vous, vous écrivez pour vous occuper l'esprit." 

C'est avec "Le Livre des Baltimore" que l'on retrouve, avec plaisir, Joel Dicker qui nous avait subjugué avec L'affaire Harry Québert. Et force de constater que la plume de l'auteur suisse est toujours aussi efficace. Dicker s'engouffre dans un conflit de famille bien plus complexe que ce qui semble au départ. Divisée en deux parties, les Montclair et les Baltimore. Les premiers, de revenus plus modestes et les deuxième qui vivent dans le luxe et l'argent. Et si le texte est, lui aussi, divisé, Dicker ne nous raconte, en fait, qu'une seule et unique histoire. Celle de Marcus qui se retrouve entre ses deux familles. Tout est lié. 
Et il est très difficile de lâcher le livre avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire. Que s'est-il passé dans cette famille? La tension monte au fur et à mesure, laissant le lecteur dans l'attente fébrile de la suite. Quel est ce "drame" qui a tout fait basculer? Dicker nous donne des indices sans pour autant nous livrer son intrigue. Il maîtrise totalement son sujet. 
On entre, lecteur voyeur, dans les secrets de famille au même rythme que Marcus. Et quand les langues se délient, le lecteur se retrouve spectateur impuissant d'un malheur qui s'est déjà produit. Les certitudes de Marcus sont mises à mal, ses interprétations se confrontent à une réalité beaucoup plus dure que ce qu'il ne croyait. 
Un excellent roman d'un auteur qu'on aime de plus en plus. 

Extrait: "Les gens ne veulent plus réfléchir, ils veulent être guidés. Ils sont asservis du matin au soir, et quand ils rentrent chez eux, ils sont perdus: leur maître et patron, cette main bienfaitrice qui les nourrit, n'est plus là pour les battre et les conduire. Heureusement, il y a la télévision. L'homme l'allume, se prosterne  et lui remet son destin.

mercredi 30 novembre 2016

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert"

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker.
Ed. De Fallois Poche 2014. Pages 859.

Résumé: À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

La 7 de la page 7: "Mais rien de bon." 

Quand on ouvre la brique de Joël Dicker, "La vérité sur l'affaire Harry Quebert", on ne s'attend pas à être happé dans ce roman particulièrement brillant. Dicker parvient à nous livrer un roman intelligent et très bien construit dont le lecteur ne se lasse pas une seule seconde de ses 859 pages. Dicker nous offre un tour de force convaincant et délicieux en mêlant plusieurs genres. "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" est, d'abord, un roman policier. Qui a tué Nola? Pourquoi? Mais ce serait réducteur de ne parler que de l'aspect "enquête" de ce roman. En effet, d'une certaine manière, c'est aussi un roman d'amour. Un amour malsain entre un trentenaire et une jeune fille de quinze ans. Et finalement, Dicker nous offre un exercice de style réussi en mêlant à tout cela les peurs d'un écrivain effrayé de ne plus en être un. 
Si certains se laissent impressionner par le nombre de pages, pour "La vérité sur l'affaire Harry Quebert', il n'y a pas d'inquiétude à avoir car ces 859 pages se lisent avec une facilité déconcertante. Les personnages sont fouillés et crédibles. L'intrigue nous brouille et nous embrouille jusqu'au dénouement final, jusqu'à la dernière page. Dicker maîtrise fiction et sème le trouble dans l'esprit du lecteur. Et si au final, on lisait le troisième roman de Marcus et non le roman de Dicker? Les rebondissements sont brillamment utilisés. Le lecteur est dans l'attente de la vérité et dès qu'il croit la toucher du doigt, Dicker change son fusil d'épaule et nous emmène ailleurs. Époustouflant. A lire. Vite.  

Extrait: "Les jeudis, Jared et moi ne manquions jamais le cours de l'un des personnages centraux de l'université: l'écrivain Harry Quebert. C'était un homme très impressionnant, par son charisme et sa personnalité, un enseignant hors normes, adulé par ses élèves et respecté par ses pairs. Il faisait la pluie et le beau temps à Burrows, tout le monde l'écoutait et se ralliait à ses avis, non seulement parce qu'il était Harry Quebert, la plume de l'Amérique, mais parce qu'il en imposait, par sa large stature, son élégance naturelle et sa voix à la fois chaude et tonnante. Dans les couloirs de l'université et dans les allées du campus, tout le monde se retournait sur son passage pour le saluer."