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vendredi 9 mars 2018

"La fille d'avant"de JP Delaney

« La fille d'avant » de JP. Delaney
Ed Le Livre de Poche 2018. Pages 506.
Titre Original : «The Girl Before »

Résumé : C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée. À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

La 7 de la page 7 : «Le propriétaire est un architecte. »

Tout d'abord, qui est JP Delaney ? Le pseudonyme de Anthony Capella ou encore Tony Strong. A vous de choisir. Ensuite, « La fille d'avant » est déjà en cours de production cinématographique sous la direction de Ron Howard. Et ça, cela peut être un très bon signe comme cela peut en être un très mauvais avant de commencer sa lecture. Mais comme ce bouquin m'a été recommandé par une de mes collègues qui, sûre d'elle, m'a annoncé que « je ne pouvais pas ne pas aimer ». J'aime les défis, j'ai donc commencé « La Fille d'avant ».
Et elle avait raison. Il faudrait être particulièrement difficile pour ne pas aimer ce thriller psychologique. On pourra souligner une lenteur parfois récurrente au fil des pages, mais personnellement, je n'ai pas vu le temps passer.
Un petit boulet de canon maîtrisé de main d'expert par Delaney. Deux femmes. Une morte, l'autre en deuil. La même maison hautement technologique, érigée par un architecte plus que suspect. La même trame. La même histoire qui se répète. Mais fondamentalement pas le même récit. Delaney nous prouve avec efficacité que la même histoire peut être bien différente selon les personnages que l'on choisit. Et c'est brillant. Le lecteur se fait balader sans arrêt et cela pour son plus grand plaisir. L'écriture fluide permet au lecteur de s'imprégner de cette histoire qui devient de plus en plus complexe, se retrouvant dans l'impossibilité de relâcher son attention et de continuer à tourner les pages sans s'arrêter, jusqu'au dénouement final.
Mais au-delà de l'histoire, pourtant déjà très efficace, ce sont les personnages de Delaney qui font toute la différence. Emma, Jane, Edward, Simon. Qui sont-ils réellement ? A qui faire confiance ? Delaney nous offre des tableaux mouvants de chacun d'entre eux. On ne sait plus où donner de la tête. Qui croire ? On est bousculé dans nos certitudes. Qui sont les réelles victimes ? Le bourreau est-il celui que l'ont croit ? On avance avec délectation dans le sordide et on en redemande, jusqu'à l'explosion finale qui nous laisse pantois. On a été pris par surprise et on souhaite à « La fille d'avant » de connaître le même succès que « La fille du train ».
Un régal.


Extrait : « Bon, d'accord, la maison est extraordinaire. Stupéfiante, époustouflante, incroyable. Les mots ne peuvent pas lui rendre justice. La rue était trompeuse : deux rangées de grandes maisons quelconques, avec cette combinaison de brique rouge victorienne et de fenêtres à guillotine que l'on voit dans tout North London, gravissant la colline vers Cricklewood comme une ribambelle de figurines découpées dans du papier à journal, chacune étant la réplique exacte de sa voisine. Seules les couleurs des portes et des petites fenêtres au-dessus les différenciaient. »

jeudi 15 février 2018

"L'allée du sycomore" de John Grisham

"L'allée du sycomore" de John Grisham.
Ed. Le Livre de Poche 2015. Pages 768.
Titre Original: Sycamore Row.

Résumé: Atteint d'un cancer incurable, un riche propriétaire terrien du Mississippi, Seth Hubbard se pend à la branche d’un sycomore après avoir rédigé un testament dans lequel il déshérite ses enfants et lègue toute sa fortune à Lettie Lang, sa femme de ménage noire. L’avocat Jake Brigance est chargé de cette succession. Mais nous sommes à la fin des années 1980, et le conflit juridique qui va opposer la famille et la domestique est aussi brutal et dramatique que le procès pour meurtre qui avait exacerbé les tensions raciales dans le comté de Ford, trois ans auparavant. Un superbe roman où le déchaînement des passions humaines ouvre le chemin d'une possible rédemption.

La 7 de la page 7: "Ozzie quittait l'église avec son épouse et ses quatre enfants quand on l'appela au téléphone."

Pour être honnête, je ne suis pas la plus grande fan de John Grisham. Je le trouve, en règle générale, trop lent et beaucoup trop procédural pour pouvoir attirer mon attention plus que nécessaire. Mais comme "L'allée du sycomore" m'a été offert, je me suis quand même lancée dans cette histoire, mais sans trop y croire. 
Et pourtant, pour une fois, Grisham m'a prise par surprise. Certes c'est un roman lent et long avec beaucoup trop de longueurs inutiles, mais l'histoire est totalement maîtrisée. On en redemanderait presque. Grisham parvient à semer de ci de là des indices qui pourraient permettre au lecteur de comprendre, de lui-même pourquoi ce chef d'entreprise blanc a tout laissé à sa domestique noire. Et quand le lecteur pense avoir enfin touché la vérité du doigt, il se trompe à nouveau, berné par un auteur qui maîtrise son sujet. 
Ca reste du Grisham. Ca reste lent. Et long. Un pavé qui ne nécessitait peut-être pas autant de pages. Mais cela reste une bonne lecture. De plus, elle m'a permis de comprendre ce que j'aimais bien chez Grisham. Cet auteur n'est jamais aussi bon que quand il s'attaque aux tensions raciales. Et maintenant que je sais ça, je vais pouvoir en lire plus de ses romans. Grand bien me fasse. 

Extrait:"Seth Hubbard se trouvait bien à l'endroit qu'il avait indiqué - du moins tout près - mais pas du tout dans l'état attendu; car il oscillait au bout d'une corde, à deux mètres du sol, et tournait lentement sur lui-même sous l'action du vent."

mercredi 20 septembre 2017

"Play" de Franck Parisot

"Play" de Frank Parisot.
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 668.

Résumé: Un serial-killer sévit sur New York. Sur chaque scène de crime, la police retrouve une clé usb contenant un message qui leur est adressé. Le point commun entre les victimes : toutes aimaient exposer leur vie sur internet... Les inspecteurs Bridge, Alves et Morgans se mettent à la recherche de celui qu'ils nomment " le cyclope ", en raison de la caméra frontale qu'il utilise pour filmer le calvaire qu'il fait endurer à ses victimes avant de les mettre à mort. Mais le tueur les observe...

La 7 de la page 7: "Il ne connaissait d'elle que son prénom, inscrit sur le badge qu'elle portait au travail, mai il avait encore en mémoire les sourires charmants qu'elle offrait avec les cafés." 

"Play" nous prend par surprise. En effet, au départ, ce n'est pas une affaire gagnée. Le rythme est lent et on a beaucoup de mal à s'intéresser aux personnages et à l'histoire. Le chapitrage du tueur est pourtant assez intéressant et bien exploité. Mieux géré, il permet au lecteur de rester en connexion avec l'histoire. 
Là où le tueur semble complexe, les policiers sont trop prévisibles, trop clichés, partageant des dialogues bateau qui ne permettent aucune identification. Mais cela ne dure que quelques chapitres. Parisot semble trouver son rythme et ses personnages s'intègrent de plus en plus dans une intrigue qui interpelle.  Et soudain, l'histoire s'emballe et "Play" devient un page-turner efficacement redoutable. Et jusqu'à la fin, le roman va garder ce rythme impressionnant. Le projet est simple mais efficace: un tueur utilise notre image, ce qu'on en fait pour assouvir ses sombres besoins meurtriers. On se sent soi-même en danger, sans s'en rendre compte. 
Ce roman est violent. On assiste à de nombreuses scènes de torture, très explicites. On pourrait se demander si cette violence est nécessaire. Et la réponse est oui. Elle l'est afin de bien entrer dans l'esprit du tueur. 
Et c'est justement là que réside la plus grosse déception de "Play". Le mobile du tueur est très très faible. Très décevant. S'engloutir six cents pages pour une fin aussi facile est un peu dommage. Si cela n'enlève rien à l'efficacité du roman, cela reste quand même un gros point faible. Mais que cela ne gâche pas votre plaisir de lecture car "Play" reste un roman agréable à lire. 

Extrait: "Paustin s'était relevé d'un coup, manquant de trébucher sur une des pieds du bureau et perdant son sourire aussi vite qu'Alves avait perdu son calme. Il resta sur la défensive, sentant l'adrénaline parcourir son corps. Ses jambes tremblaient malgré lui... Les autres flics observaient la scène avec un sourire en coin. Alves avait calmé Paustin d'un seul regard assassin. Un uppercut oculaire."

"Le crime du comte Neville" de Amélie Nothomb

"Le crime du comte Neville" de Amélie Nothomb
Ed. Le Livre de Poche 2017. Pages 149.

Résumé: « Ce qui est monstrueux n'est pas nécessairement indigne. »

La 7 de la page 7: "Sans cette prédiction de dernière minute, Neville aurait réservé à cet instant un trésor d'effusion." 

Avec "Le crime du comte Neville", Amélie Nothomb nous offre une critique acérée du milieu nobiliaire dont elle est issue. Les codes y sont décortiqués et appliqués à chacun des personnages. Si on a une référence, lointaine, à Oscar Wilde, c'est bien un roman de Nothomb que le lecteur tient en main. Le ton est souvent léger alors que les propos sont très loin d'être drôles. La famille Neville est une de ces familles dont la richesse n'est plus qu'apparence. Désargentée, la famille vivote comme elle peut. Le père, le comte de Neville se voit faire une prémonition. Il tente alors tout ce qu'il est possible pour contrecarrer cette prophétie. Il oublie que ce n'est pas nous qui conduisons notre destin. Que ce qui est écrit est irrémédiable. Avec ce roman, Nothomb allie le drôle et le pathétique avec souplesse et dextérité. Un seul bémol, heureusement que le roman est court car il n'aurait probablement pas tenu sur la longueur. 

Extrait: "Ce n'était pas un hasard si la garden-party du pluvier constituait le plus important événement mondain des Ardennes belges depuis si longtemps: pendant un dimanche après-midi, il devenait possible de croire que l'on appartenait à un milieu chimérique qui méritait le nom de noblesse que le vers sublime "Ô Saison, Ô château" avait un sens que la vie consistait en une danse pleine d'élégance avec de belles dames mystérieuses dont les pieds menus effleuraient à peine l'herbe des jardins." 

dimanche 20 août 2017

"Joyland" de Stephen king

"Joyland" de Stephen King
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 400.

Résumé: Après une rupture sentimentale, Devin Jones, 21 ans, débarque l’été 1973 à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord. Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse. Sa rencontre avec un petit garçon doué de voyance, atteint d’une maladie grave, et surtout de sa mère, va changer la vie de Devin. Obsédé par le mystère du train fantôme soi-disant hanté par le spectre d’une femme égorgée 4 ans auparavant, le jeune homme se lance dans l’enquête. Un nouveau meurtre est-il possible ? Parviendra-t-il à l’éviter ? Une chose est sûre, l’aventure le changera à jamais...

La 7 de la page 7: "Sauf que j'avais prévu de passer au moins une partie de cette semaine-là avec Wendy." 

Amateurs de l'horreur, de l'épouvante, du sanglant et du frisson, ce livre est... Non ce livre n'est absolument pas fait pour vous. Si vous vous attendez à un King qui vous en met plein la vue avec de l'hémoglobine dégoulinante et des monstres cachés dans des placards, vous risquez d'être copieusement déçu. Si il y a bien une base de surnaturel dans ce roman, King nous offre ici un récit de vie comme il sait tellement bien le faire. Devin ne va pas être confronté à des bêtes immondes sorties d'un monde innommable, non, Devin va être confronté au démon le plus coriace qu'il est jamais donné de rencontrer; la vie elle-même. Je sais que cela peut faire pompeux comme présentation mais c'est pourtant le cas. "Joyland" est l'histoire d'un été où tout s'est mal passé et où pourtant tout ce qui devait se passer est arrivé. Empreint d'une mélancolie efficace, ce roman se laisse lire comme on boit un bon vin. Tempéré, il se laisse respirer pour fondre sous nos papilles de lecteurs. Devin est en quête mais il ne le sait pas. Devin construit l'homme qu'il deviendra sans s'en rendre compte. Bien sûr il y a bien une histoire de fantôme et de tueur en série, King ne serait plus King sans cela. Mais ce récit là n'est que prétexte. King nous emmène à Joyland. On y sent les odeurs, le vent nous ébouriffe les cheveux et jamais on ne voudrait partir. Un roman qu'on ne peut lâcher, avides inexorablement de connaître la fin de la quête de Devin. Un King en douceur et en subtilité. Un King qui a mûrit et qui nous donne le meilleur de sa récolte. 

Extrait: "L'écriteau en coquillages avait disparu du porche de la grande maison grise de Heaven's Bay. Mrs Shoplaw avait fait le plein de pensionnaires pour l'été et j'ai béni intérieurement Lane hardy de m'avoir fait penser à réserver un logement à l'avance. La troupe de saisonniers de Joyland était arrivée et il ne restait pas une chambre libre en ville." 
 

"Antéchrista" de Amélie Nothomb

"Antéchrista" de Amélie Nothomb.
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 160.

Résumé: Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant.
Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. 

La 7 de la page 7: "Le lendemain, au prix d'un courage sans précédent, j'en parlais à Christa: si tu veux,  les lundis soir, tu pourrais loger chez moi." 

Comme quoi, tout arrive: j'ai vraiment aimé "Antéchrista" de Amélie Nothomb. N'étant pas très fan de l'auteure, j'ai toujours eu du mal à m'impliquer dans ses romans. C'est donc avec scepticisme que j'ai ouvert "Antéchrista". Mais c'est avec le sourire que je l'ai fermé. Parce que, pour une fois, oui, j'ai apprécié ma lecture. La relation malsaine qui se développe entre Christa et Blanche est correctement maîtrisée. La mesure est présente dans le texte de l'auteur, qui, pour une fois, n'en fait pas des caisses. Christa est une sale peste et il faut impérativement que Blanche s'en débarrasse. Facile. Efficace. Que demander de plus? L'écriture est fluide et agréable et le texte assez court. Ce qui permet de le lire d'une seule traite. Un bon moment de lecture. 

Extrait: "Le premier jour, je la vis sourire. Aussitôt, je voulus la connaître. Je savais bien que je ne la connaîtrais pas. Aller vers elle, je n'en étais pas capable. J'attendais toujours que les autres m'abordent; personne ne venant jamais. C'était ça l'université: croire que l'on allait s'ouvrir sur l'univers et ne rencontrer personne."  

"Stupeur et tremblements" de Amélie Nothomb

"Stupeur et Tremblements" de Amélie Nothomb.
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 186.

Résumé:Au début des années 90, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie, sociale au pays du Soleil levant. D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière.

La 7 de la page 7: "Mademoiselle Mori mesurait au moins un mètre quatre-vingts, taille que peu d'hommes japonais atteignent." 

Je suis Belge et pourtant, je dois bien avouer que les récits d'Amélie Nothomb, auteure majeure de mon pays ont le don de me plomber l'ambiance de mon week-end. Mais, dans une volonté de comprendre le "phénomène Nothomb" qui veut qu'on crie au génie à chaque fois qu'elle sort un nouveau roman. Donc me voilà, en compagnie de "Stupeur et Tremblements". 
Et je dois bien avouer que j'ai pas mal apprécié la lecture. Le style est fluide et assez agréable. On s'immerge dans cette entreprise japonaise en se demandant quand même quel est le problème exact de ce peuple, ce qui n'est pas, je pense, le but. Si le ton est humoristique, le récit est tout de même rempli de sadisme et d'humiliations assez volontaires. On se sent mal à l'aise en compagnie de ces personnages, tellement différents de notre culture et qu'il est fort difficile d'apprécier. Les méprisés du roman deviennent les héros du lecteur tandis que les bourreaux se transforment en monstres inqualifiables. Or, je ne pense vraiment pas que cela soit le but du roman. Peut-être est-il plus question de différences culturelles. Le plaisir de lecture n'est pas forcément constant mais on peut commencer à entrevoir les raisons du succès de Nothomb. Le livre est assez bon. Mais je ne suis toujours pas convaincue. 

Extrait:" J'eus envie de demander où était mon erreur, mais il était clair que mon chef ne tolérait pas les questions, comme l'avait prouvé sa réaction à mon investigation au sujet du destinataire. Il fallait donc que je trouve par moi-même quel langage tenir au mystérieux Adam Johnson." 
 

vendredi 7 juillet 2017

"Histoire de Lisey" de Stephen King

"Histoire de Lisey" de Stephen King.
Ed. Le Livre de Poche 2009. pages 757.
Titre Original: "Lisey's story"

Résumé: Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. À sa mort, désemparée, Lisey s'immerge dans les papiers laissés par Scott, s'enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu'il fréquentait... Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l'amour. Un chef-d'œuvre.

La 7 de la page 7: "Mais..." 

Ce ne sera une révélation pour personne si je déclare ici que j'ai rarement été déçue par un roman de Stephen King. Et c'est tout en sachant cela que je vous présente "Histoire de Lisey". Et je n'ai vraiment pas aimé. Je ne me suis absolument pas intéressée aux personnages. Et jamais l'histoire ne m'a interpellée. Je me suis fermement ennuyée. C'était long. C'était lent et particulièrement décousu. Tourner les pages d'un Stephen King avec ennui est une expérience nouvelle pour moi. Je n'ai pas grand chose à dire sur ce roman mis à part que je suis totalement passée à côté. Et comme je n'ai vraiment rien de positif à en dire, je préfère m'arrêter là et vous conseiller les autres King. Vraiment n'importe lequel. Il sera de toute façon bien meilleur que "Histoire de Lisey". 

Extrait: " Elle resta longuement étendue sur le lit, à se souvenir d'un jour brûlant à Nashville et à songer -pas pour la première fois- qu'être seule après avoir été deux si longtemps était une bien étrange merdre, en vérité. Elle aurait cru que deux ans auraient suffi pour que l'étrangeté s'efface, mais non; le temps apparemment ne faisait qu'émousser le tranchant le plus acéré du chagrin de sorte qu'il te hachait menu au lieu de te découper en tranches.

mercredi 14 juin 2017

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 503. 
Titre Original: "Hide" 

Résumé: Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… Sans qu’on lui donne la moindre explication. La découverte dans une chambre souterraine de l’ancien l’hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes, mortes des années auparavant, fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l’une des petites victimes : Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt cinq ans…

La 7 de la page 7: "Ma mère, ma mère, ma mère! hurlai-je.

"Sauver sa peau" est mon premier Gardner. C'est donc en mode thriller et découverte que j'ai ouvert ce roman. Le personnage d'Annabelle m'a tout de suite semblé sympathique. Elle est fort torturée mais sans pour autant aller trop loin dans la souffrance. C'est une survivante sans pour autant dégouliner de blessures et de pathos inconvenant. Mais il n'y a pas que le personnage d'Annabelle qui est intéressant. Tous les personnage sont bien écrits et surtout bien exploités. 
Avec ses différents récits, on se demande où Gardner nous emmène. Où vont se joindre toutes ses histoires? Et au trois quarts du roman, on se rend compte qu'on a pas mal piétiné. Sans que cela soit un reproche car on ne se rend pas compte de la lenteur de l'intrigue avant que celle-ci ne s'accélère. Et au moment où tout se rejoint, on ne peut que sentir de l'empathie pour Annabelle qui voit sa vie et ses convictions voler en éclats. Au final, un très bon thriller qui donne envie de découvrir un peu plus l’œuvre de Gardner.  

Extrait: "Le problème, c'est qu'il n'y a pas de bande-son dans la vraie vie. Au cinéma, on sait quand un malheur va arriver parce que les grosses basses vous préviennent. Il n'y a pas une personne au monde dont le cœur ne s'affole en entendant la musique des dents de la mer, et, franchement, c'est réconfortant. On aime avoir des repères. Ça donne un certain ordre au monde. Un malheur peut arriver, mais seulement quand on commence à entendre en fond sonore da-dah, da-dah, da-dah-da-dah."

lundi 7 novembre 2016

"La reine de la Baltique" de Viveca Sten

"La reine de la Baltique" de Viveca Sten
Ed. Le Livre de Poche 2014. Pages 476.
Titre Original: "I de lugnaste vatten"

Résumé: Archipel de Stockholm, en pleine saison estivale : les cadavres s'accumulent, la population s'affole...
Un corps est retrouvé sur une plage de l''île de Sandhamn. L'inspecteur Thomas Andreasson est chargé de l'enquête. Habitué des lieux pour y passer toutes ses vacances, il va se voir proposé une aide bien inattendue : celle de Nora, son amie d'enfance, jeune femme d'une perspicacité redoutable.
L'été vire au cauchemar quand un second cadavre est découvert dans une chambre d'hôtel. Et si, désormais, plus personne n'était à l'abri ?
Thomas croyait tout savoir de sa petite île paradisiaque. Il n'est pourtant pas au bout de ses lugubres découvertes...

La 7 de la page 7: "Comme il avait en outre un embonpoint qui correspondait en grande partie à la corpulence d'un homme politique, il était d'autant moins enclin à s'amuser des comparaisons que ses collègues bien intentionnés n'arrêtaient pas de faire circuler." 

"La reine de la Baltique" est ma première rencontre avec Viveca Sten. Et on ne peut pas dire que j'ai été déçue. Certes, l'intrigue est assez lente, comme souvent dans les romans scandinaves. Mais ce n'est pas vraiment dérangeant dans ce roman tant les personnages sont bien construits et se laissent découvrir avec facilité. On se laisse facilement embarquer dans cette histoire policière et on aime à se balader dans ce décor suédois somptueusement décrit. La plume est efficace et permet à l'intrigue de couler de source mais aussi de surprendre le lecteur. Et il se laisse bercer par cette intrigue policière et ne voit pas venir la fin tragique. Un très bon policier qui laisse le lecteur avec l'envie de continuer les aventures de Sten. 

Extrait: "Normalement, elle avait toujours du glucose ou quelque chose de sucré dans ses poches, mais là, elle n'avait rien pris, puisqu'elle ne partait pas pour longtemps. De rage, elle aurait pu se botter les fesses. Avait elle donc tout fait de travers, ce soir? Où était sa lampe de poche? Lentement, elle rampa pour essayer de la trouver dans le noir. Elle pourrait peut être attirer l'attention avec? Habituée à la mer, elle connaissait par cœur le signal sos. Trois courts signaux, trois longs et encore trois courts. Avec la lampe, elle pouvait signaler sa présence. Elle tâtonna de nouveau. Enfin. Là. D'un doigt tremblant, elle presse l'interrupteur. Rien."  

mercredi 12 octobre 2016

"L'Homme de Saint-Péterbourg" de Ken Follet

"L'Homme de Saint-Pétersbourg" de Ken Follet. 
Ed. Le Livre de Poche 1994. Pages 450. 
Titre Original: "The Man from St-Petersburg" 

Résumé: À la veille de la Première Guerre mondiale, un envoyé du tsar, le prince Orlov, arrive à Londres avec pour mission de renforcer l’alliance entre la Russie et le Royaume-Uni.
En même temps que lui, débarque dans la capitale anglaise un redoutable anarchiste échappé du fond de la Sibérie...
Dans le duel qui va opposer ces deux hommes, de grands personnages sont en cause, dont un certain Winston Churchill, pour l’heure Premier Lord de l’Amirauté, et la très belle Charlotte Walden, idéaliste et volontaire, fille de l’homme qui porte sur ses épaules le destin de l’Empire britannique.
Passions romantiques et suspense implacable, dans les derniers feux d’une Europe au bord du gouffre : maître incontesté du thriller d’espionnage, l’auteur du Code Rebecca nous offre ici un enivrant cocktail romanesque.

La 7 de la page 7: "Churchill avait l'air grave." 

Ken Follet n'est jamais aussi bon que quand il décide de jouer avec l'Histoire. Si "L'Homme de Saint-Pétersbourg" est un thriller, il joue également sur plusieurs des codes du roman d'amour comme sur des codes du roman d'espionnage. Donc comment vraiment bien définir ce roman? C'est assez compliqué. Et c'est justement pour cela que ce roman est une réussite. En effet, chaque genre est très bien utilisé par Follet. Tout y est vraisemblable. Tout se goupille magistralement. Et le résultat nous donne un roman agréable à lire et assez prenant. Un excellent moment de lecture. 

Extrait: "L’homme est l’animal le plus cruel de la terre. Et qui donc a choyé et développé les instincts de cruauté dans l’homme, si ce n’est le roi, le juge et le prêtre armés de la loi, qui faisaient arracher la chair par lambeaux, verser de la poix brûlante dans les plaies, disloquer les membres, broyer les os, scier les hommes en deux, pour maintenir leur autorité ? Que l’on calcule seulement tout le torrent de dépravation versé dans les sociétés humaines par la « délation » favorisée par les juges et payée par les écus sonnants du gouvernement, sous prétexte d’aider à la découverte des crimes. Que l’on aille en prison, et que l’on étudie là ce que devient l’homme, privé de liberté, enfermé avec d’autres dépravés qui se pénètrent de toute la corruption et de tous les vices qui suintent des murs de nos geôles."

"La trilogie berlinoise" de Philip Kerr

"La trilogie berlinoise" de Philip Kerr. 
Ed. Le Livre de Poche 2010. Pages 1015. 
Titre Original: "Berlin Noir" 

Résumé: Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L'été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l'ambiance du Ille Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947 Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Phil Marlowe était à la Californie de la fin des années 30 : un homme solitaire témoin de la cupidité et de la cruauté humaines, qui nous tend le miroir d'un lieu et d'une époque. Des rues de Berlin " nettoyées " pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques, à celles de Vienne la corrompue, théâtre après la guerre d'un ballet de tractations pour le moins démoralisant, Bernie va enquêter au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. Mais là où la Trilogie se démarque d'un film noir hollywoodien, c'est que les rôles principaux y sont tenus par des vedettes en chair et en°os.*Heydrich, Himmler et Goering...

La 7 de la page 7: "Eh bien, je ne sais pas ce qu'il en pense, mais vers la fin de la guerre, si un soldat se comportait de manière satisfaisante, il lui était facile de décrocher une croix de fer de seconde classe." 

"La trilogie berlinoise" comprend, comme il l'est suggéré par son titre, trois romans. Dans ces trois romans, on y rencontre Bernie Gunther, un personnage phare de Kerr. Et quel personnage! Cynique et pourtant naïf. Dur et pourtant tendre. Impitoyable et pourtant compréhensif. Vous l'aurez compris, un personnage complexe qui ravi le lecteur. On voyage dans l'Histoire, une histoire sombre et pourtant, Kerr parvient à l'illuminer de sa plume et par l'intelligence de son écriture. Kerr nous introduit dans son monde, dans sa vision de l'Histoire et y implante sa patte. Le lecteur en redemande. 

Extrait: "Derrière l’immeuble où était situé mon bureau, se trouvait l’Alex, le quartier général de la police… qui considère aujourd’hui comme criminel le fait de parler irrespectueusement du Führer, coller sur la vitrine de votre boucher une affiche le traitant de «vendu», omettre de pratiquer le salut hitlérien ou se livrer à l’homosexualité. Voilà ce qu’était devenu Berlin sous le gouvernement national-socialiste: une vaste demeure hantée pleine de recoins sombres, d’escaliers obscurs, de caves sinistres… où s’agitaient des fantômes déchaînés qui jetaient les livres contre les murs, cognaient aux portes, brisaient des vitres et hululaient dans la nuit, terrorisant les occupants au point qu’ils avaient parfois envie de tout vendre et de partir."

vendredi 12 août 2016

"Les Piliers de la Terre" de Ken Follet.

"Les Piliers de la Terre" de Ken Follet.
Ed. Le Livre de Poche 1999. Pages 1050.
Titre Original: "The Pillards of the Earth"

Résumé: Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

La 7 de la page 7: "Le chevalier, le moine et le prêtre n'avaient pas suivi les fuites de la fille." 

Si vous êtes le genre de lecteur qui s'ennuie au bout de deux cents pages où pas grand chose ne se passe ou si vous n'avez pas la patience (ou l'entêtement) de continuer afin de connaître la suite d'une intrigue, vous risquez de passer à côté du très grand roman de Ken Follet. Parce que, oui, "Les Piliers de la Terre" vaut la peine de prendre patience et de laisser le bénéfice du doute à l'auteur. Une fois l'intrigue bien lancée, on entre dans le vif du sujet et "Les Piliers de la Terre" devient un page-turner rarement égalé et royalement maîtrisé. L'intrigue est imparable, les personnages particulièrement réussis. N'étant pas une inconditionnelle de Follet, force est de constater qu'ici, il s'est surpassé. Certes le début est laborieux mais, une fois lancée, l'histoire nous embarque au temps des cathédrales et de leur construction. Une épopée réussie remplie de suspens, d'amour, de trahisons... Un roman plus que réussi, une brique à déguster sans aucune restriction. Du tout grand Follet. 

Extrait: "La vie de moine était la plus étrange et la moins naturelle qu'on pût imaginer. Les moines passaient la moitié de leur vie à s'imposer des souffrances et un inconfort qu'ils auraient pu facilement éviter, et l'autre moitié à marmonner à toutes les heures du jour et de la nuit des prières dans des églises vides. Ils renonçaient délibérément à tout ce qui était agréable : les filles, le sport, les fêtes et la vie de famille. Jack avait bien remarqué que les plus heureux d'entre eux avaient trouvé une activité qui leur apportait de grandes satisfactions : enluminer des manuscrits, écrire l'histoire, faire la cuisine, étudier la philosophie ou - par exemple Philip - transformer un village endormi comme Kingsbridge en une ville prospère."

jeudi 7 juillet 2016

"La Maison de Soie" de Anthony Horowitz


“La Maison de Soie” de Anthony Horowitz.
Ed. Le Livre de Poche 2013. Pages 359.
Titre original: “The House of Silk”

Résumé: Un an après la mort de Sherlock Holmes, Watson entreprend de consigner l’une des enquêtes les plus noires qu’il a menées avec le célèbre détective... Londres, novembre 1890. Edmund Carstairs, marchand d’art, craint pour sa vie. Faute de preuves, Holmes ne peut qu’attendre. Le lendemain, ce n’est pourtant pas d’un meurtre, mais d’un vol dont Carstairs est la victime. Holmes l’avait prévu. Ce qu’il ne pouvait imaginer, en revanche, c’est qu’en confiant à Ross, l’un des Irréguliers de Baker Street, la charge de monter la garde, il l’envoyait en fait à la mort. Et qu’avec ce meurtre horrible, c’était ce que Londres a de plus sordide qui se révélait aux deux enquêteurs... « La partie reprend. » Et cette fois, Holmes et Watson n’en sortiront peut-être pas indemnes.

La 7 de la page 7: “Comment pouvez-vous être certaine que mon épouse a raté son train?”

En commencant “La Maison de Soie”, je dois avouer que je connaissais déjà l’auteur. Je l’avais rencontré dans mes années de jeunesse grâce à ses romans pour enfants. Je me souviens avoir été séduite par son style et  ses histoires  bien écrites et bien adaptées pour un public plus jeune.
Ici, avec “La Maison de Soie”, je m’attaquais à un Horowtiz pour adulte. Et la déception a été grande. Je suis une grande admiratrice de Sherlock Holmes et j’ai parfois (souvent) tendance à être réfractaire à toutes les adaptations, suites etc. Donc, Horowitz avait déjà un a priori contre lui. Il lui fallait être diablement efficace pour pouvoir me satisfaire. Et, force est de constater que cela n’a pas été le cas. L’histoire est assez faiblarde et on ne retrouve pas un Sherlock digne de ce nom. Si l’écriture est agréable, le récit est bancal. Une très grosse déception.

Extrait: “Personne ne connaissait le mal comme Holmes, mais il y a des aspects du mal qu'il vaut mieux ne jamais connaître. Il ne pouvait pas se réjouir de son succès sans se rappeler les lieux obscurs où il l'avait acquis. Cela je pouvais le comprendre. Je faisais des cauchemars moi aussi.

mercredi 6 juillet 2016

"Cinquante Nuances de Grey" de E.L. James


“Cinquante Nuances de Grey” de E.L. James
Ed. Lattès 2012. Pages 560.
Titre Original: “Fifty shades of Grey”

Résumé: Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.
Naïve et innocente, Ana ne se reconnaît pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.
Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

La 7 de la page 7: “Je travaille énormément pour y arriver.”

J’ai lu ce roman deux fois. Une fois en français et une fois en anglais. Au départ, j’ai cru à une erreur monumentale de traduction. Et, après avoir lu “Cinquante nuances de Grey” en anglais, force est de constater que la traduction est plutôt bonne. De ce fait, je peux clairement établir que “Cinquante nuance de Grey” est probablement le livre le plus mauvais que j’ai jamais lu.
L’écriture est exécrable. Les personnages sans profondeur. L’intrigue inexistante. Rien à dire de positif sur cette médiocrité littéraire. Une sorte d’ersatz de roman érotique où la naïveté de la protagoniste est tellement affligeant qu’il en discrédite tout le roman qui pourtant n’en demandait pas autant pour être mauvais. Une perte de temps monumentale.

Extrait: “Il sourit sans que ce sourire atteigne ses yeux. Encore une fois, cette réponse contredit son désir de nourrir les affamés de la planète. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nous sommes en train de parler de tout autre chose, sans avoir la moindre idée de ce dont il s’agit. Je déglutis. Il fait plus chaud dans la pièce tout d’un coup.”

mercredi 29 juin 2016

"Je suis Pilgrim" de Terry Hayes


“Je suis Pilgrim” de Terry Hayes.
Ed. Le Livre de poche 2015. Pages 910.
Titre Original: “I am Pilgrim”

Résumé: Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Il a autrefois dirigé une unité spéciale du Renseignement américain. Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passsé d'agent secret va bientôt le rattraper...
Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan.
Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.
Un chercheur torturé devant un laboratoire de recherche syrien ultrasecret.
Des cadavres encore fumants trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush.
Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.
Et un fil rouge, reliant tous ces événements, qu'un homme est résolu à suivre jusqu’au bout.

La 7 de la page 7: “Peut-être qu’il sait ce qui l’attend, peut-être pas: le GHB a, entre autres enffets secondaires, celui de supprimer le réflexe de haut le cœur.”

“Je suis Pilgrim”  est un roman d’espionnage assez particulier. Il est d’une part très bien écrit et possède une force narrative importante et d’autre part il est particulièrement long et lent. Au final, il n’y a que très peu d’action et l’auteur met très longtemps à joindre les différentes histoires. Si le texte est efficace, force est de constater que parfois, souvent même, on s’ennuie ferme. On reste bloqué en première, freiné par les arrêts, beaucoup trop nombreux, de notre conducteur. Et c’est justement pour cela que mon avis est assez mitigé par rapport à ce roman. J’ai  bien aimé ce roman, et certains passages sont vraiment réussis et donnent réflexion aux lecteurs. Mais en même temps, je me suis souvent ennuyée. La conclusion la plus honnête serait sûrement de dire que  “Je suis Pilgrim” est plutôt un bon roman mais qui n’était pas écrit pour moi.

Extrait: “Il était passé par trois camps différents en cinq ans, tous les camps de la mort, y compris Auschwitz. C’était un tel miracle qu’il ait survécu que je lui ai demandé ce qu’il en avait tiré. Il a ri et ne m’a rien dit de bien original. La mort est terrible, la souffrance est pire; comme d’habitude les connards sont la majorité, des deux côtés des barbelés. Puis il est resté un instant songeur. Il y avait une chose que l’expérience lui avait enseignée. Il avait appris que lorsque des millions de gens, tout un système politique, d’innombrables citoyens qui croient en Dieu disent qu’ils vont vous tuer, il faut les écouter.”

mercredi 15 juin 2016

"Tuer le père" de Amélie Nothomb


“Tuer le père” de Amélie Nothomb.
Ed. Le Livre de Poche 2012. Pages 130.

Résumé: Allez savoir ce qui se passe dans la tête d'un joueur.

La 7 de la page 7: “A quatorze ans, sa première décision est d’arrêter l’école.”

Oyé, Oyé! J’ai enfin aimé un livre écrit par Amélie Nothomb. Comme quoi, il ne faut jamais dire “fontaine”. Bon, ce n’est pas le roman du siècle mais il a au moins le mérite d’exister. Pour une fois, je suis parvenue à m’impliquer dans le récit. Les personnages sont bien écrits et je me suis impliquée dans leur histoire commune. Le récit est bien mené et bien raconté. Pour une fois, j’ai été prise par surprise par la plume de Nothomb qui ne s’immisce que peu dans le récit. Une vraie surprise. Et une bonne pour une fois. Comme quoi...


Extrait: “Jongler revient à nier tant la pesanteur que la multiplicité des choses. Le pari du jongleur est d’assurer le mouvement perpétuel et aérien d’une matière lourde et nombreuse. L’esprit n’a ni poids ni chiffre, il est indénombrable. Jongler déguise la matière en esprit en conférant à celle-ci les propriétés de celle-là. Le jongleur doit avoir la tête aussi rapide que les mains, doit calculer le temps que prendra la chute de chaque objet et accorder son geste à son estimation. Le jongleur de feu ajoute à ce pari une clause démentielle: la matière, outre son poids et son nombre, possède un danger. Si cette propriété demeure plus d’une fraction de seconde en contact avec le corps, il brûle.”

mercredi 8 juin 2016

"Le cardinal du Kremlin" de Tom Clancy


“Le cardinal du Kremlin” de Tom Clancy
Ed. Le Livre de Poche 1992. Pages 699.
Titre Original: “The Cardinal of the Kremlin”

Résumé: Une arme à laser résultant de la recherche militaire est susceptible de bouleverser l'équilibre des forces mondiales. Jack Ryan a pour mission de percer le secret de cette invention. Et pour complice le colonel Filitov, alias le Cardinal, haut dignitaire russe acquis à la collaboration avec l'Occident.

La 7 de la page 7: “Son siège était faussé, la bulle avait éclaté et son armature métallique emprisonnait l’homme.”

Si vous voulez vous mettre au roman d’espionnage, que vous conseiller de mieux que Tom Clancy? Comme l’auteur est contemporain, on ne peut pas dire que ses texte aient “mal vieillis”. Mais surtout, ses personnages sont particulièrement efficaces. Notamment, Jack Ryan que l’on retrouve dans ce roman. Si l’intrigue est parfois un peu faible chez cet auteur, avec “Le cardinal du Kremlin” on entre dans une histoire bien ficelée et intelligemment exposée. Petit bémol, comme toujours, Tom Clancy prend son temps pour mettre tout en place et fait souffrir son texte de quelques longueurs inutiles. Donc, oui, 699 pages, c’est un peu long. D’autant plus que le récit n’aurait pas souffert de l'absence de ces quelques passages ennuyeux. Mais mis à part ce petit bémol, force est de constater que “Le cardinal du Kremlin” est assez réussi et une fois refermé, le lecteur éprouve une certaine satisfaction à avoir terminé ce récit prenant et intriguant.  


Extrait: “Les Afghans sont un beau peuple dont les traits réguliers et la peau claire souffrent vite du vent, du soleil et de la poussière, qui trop souvent les vieillissent prématurément.”

jeudi 12 mai 2016

"Hygiène de l'assassin" de Amélie Nothomb


“Hygène de l’assassin” de Amélie Nothomb
Ed. Le Livre de Poche 2014. Pages 222.

Résumé: Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre.
Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture.
Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.

La 7 de la page 7:” Oui, c’était en vers.”

Ce n’est pas un secret, je ne suis pas très cliente de Amélie Nothomb. J’avais déjà lu “La Métaphysique des tubes”, que j’avais proprement détesté. Mais je me disais que je devais quand même tenter d’autres romans signés par cet auteur. Maintenant je me demande pourquoi j’éprouve autant d’antipathie pour moi-même. Pourquoi me fais-je autant de mal? Je n’aime pas Amélie Nothomb. Ca arrive. On ne peut pas aimer tous les auteurs. Mais je continue à m’entêter avec “Hygiène de l’assassin”. De deux choses l’une, soit je choisi très mal les romans de Nothomb soit sa prose me passe complètement au-dessus de la tête. Non seulement je n’ai trouvé aucun intérêt dans l’intrigue, mais les personnages m’ont complètement laissée indifférente. Je n’en ai strictement rien à faire de ce qu’il se passe dans ses romans. Mais bon, il paraît que “Il faut vraiment que tu lises “Mercure” pour changer d’avis.” Donc il est probable que je lise “Mercure”. Même si je soupçonne que cette chronique soit tout aussi mauvaise que celle-ci.
Je me sens compltètement exclue de ses romans. J’ai l’impression de me retrouver face à un mur littéraire qui me balance des mots, certes joliment trouvés et qui s’entremêlent assez agréablement, mais j’ai toujours ce sentiment irrépréssible de perdre mon temps. Au moins, point positif, ce roman est assez court... Ca passe vite. Je ne souffre pas trop longtemps. Donc... Ben, je vais lire “Mercure”... (Il doit quand même bien en avoir un qui me plaise... Ou pas...)

Extrait: “En écoutant la bande, les confrères ne dirent rien, mais ce n’était certainement pas à Tach que s’adressait leur sourire de condescendance.
-Ce type est un cas, racontait la dernière victime. Allez comprendre! On ne sait jamais comment il réagira. Parfois, on a l’impression qu’il peut tout entendre, que rien ne le vexe et même qu’il prend plaisir aux petites nuances impertinentes de certaines questions. Et puis soudain, sans crier gare, le voilà qui explose pour des détails dérisoires ou qui nous jette à la porte si nous avons le malheur de lui faire une remarque infime et légitime.”

mardi 12 avril 2016

"A visage couvert" de P.D. James

“A visage couvert” de P.D. James
Ed. Le Livre de Poche 2012. Pages 251.
Titre Original: “Cover Her Face”

Résumé: À Martingale, la belle demeure des Maxie dans la campagne anglaise, on est assez tolérant pour admettre une domestique mère célibataire, et qui ne veut pas être séparée de son enfant. Mais rien ne va plus lorsque celle-ci arbore la même robe que la fille de la maison... et annonce ses fiançailles avec le " jeune maître ". Un meurtre est commis le soir même chez les Maxie. Et le policier Dalgliesh, spécialement mandaté par Scotland Yard, va entrer dans une des affaires les plus troublantes de sa carrière...

La 7 de la page 7: “Elle avait recommandé Sally sans réserve, tout paraissait si satisfaisant, en apparence.”

C’est dans “A visage couvert” que Adam Dagliesh fait sa première apparition. Comme toujours chez P. D. James, l’ambiance est ce qu’il y a de plus efficace. On reste sur ses gardes tant la menace est pesante à chaque page. Malheureusement, dans “ A visage couvert”, les personnages ne sont pas à la hauteur de l’auteur. Si l’intrigue est efficace, on s’enlise dans une histoire qui s’est trop vite révélée. On découvre vite qui est le tueur et quel est son mobile. Cependant, “A visage couvert” reste une bonne histoire, agréable à lire.

Extrait: “ll méritait bien son nom, s'adressant à la catégorie de lecteurs qui aiment une histoire solidement ficelée sans beaucoup se soucier de celui qui l'a écrite, préfèrent s'éviter la tâche fastidieuse du choix personnel et pensent qu'une bibliothèque de volumes de mêmes dimensions dans des reliures de même couleur donne de la classe à n'importe quelle pièce. “