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mardi 13 mars 2018

"Sleeping Beauties" de Stephen et Owen King

« Sleeping Beauties » de Stephen et Owen King.
Ed. Albin Michel 2018. Pages 828.

Résumé : Un phénomène inexplicable s'empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l'on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritable furies vengeresses. Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes. A Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d'étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

La 7 de la page 7 : « C'est l'incident déclencheur. »

Dans un monde où le harcèlement des femmes fait la une tous les jours et où l'Amérique a voté pour la personne la moins qualifiée pour s'asseoir dans le fauteuil de président, la famille King nous offre ici une vision du monde sans les femmes. Elles s'endorment pour ne plus se réveiller. Non pas qu'elles meurent, elles sont « juste » recouvertes d'un espèce de cocon qui si il leur est enlevé, les rend furieuses (vraiment furieuses)
Et pendant que la Terre voit le nombre de ses membres féminins diminuer et atterrir dans un autre monde, les hommes tentent de trouver une solution. Ils paniquent. Ils ont peur. Et ils font tout ce qu'ils ne sont pas supposés faire. King, père et fils, mettent en avant le côté guerrier de l'homme, la volonté de toujours vouloir tout contrôler. Alors bien sûr, on nous sert des salauds de la pire espèce, mais aussi des maladroits, des justes et des perdus. Ils ne sont pas tous foncièrement mauvais. Le but du roman n'est pas de nous montrer à quel point les femmes sont gentilles et à quel point les hommes sont méchants... Non. On a de tout. Même du côté féminin, ils nous démontrent que tout n'est ni tout blanc ni tout noir. Elles aussi ont leur part d'ombre.
Et c'est là qu'entre en jeu, Evie. Être surnaturel qui tente de créer un autre monde, qui pactise avec les animaux et qui semble en savoir beaucoup plus que ce qu'elle est supposée savoir.
Les auteurs nous entraînent dans le chaos et nous servent un roman qui nous parle, surtout, de la nécessité de pouvoir tous vivre ensemble.
Certains pourraient critiquer le côté manichéen du roman : d'un côté, les hommes, désorganisés et violents. De l'autre côté, les femmes, organisées et vivant en paix. Certes, on pourrait le voir de cette façon mais cela serait une réduction un peu trop facile. Car si l'histoire peut parfois paraître dichotomique, les personnages, eux, sont particulièrement complexes et bien réussis. Et c'est là la grande force de ce roman. On pourrait facilement tomber dans la facilité mais les personnages nous en empêchent. Ils sont tous menteurs, hommes comme femmes. Ils ont tous quelque chose à cacher, quelque chose à se reprocher.
Si il y a quelque longueurs, on leur pardonnera. On écrit pas 828 pages sans temps mort. Il faut penser à la santé mentale du lecteur... Mais la plupart du temps, on a pas le temps de s'ennuyer et quand père et fils embrayent et nous lancent dans leur histoire, il devient très difficile de lâcher le livre. La grosse force de ce roman réside dans ses personnages particulièrement fournis et complexes. On passe un excellent moment de lecture. La maîtrise de Stephen King semble être héréditaire.

Extrait : « Elle se souvint de quelle manière Clint avait renoncé à exercer dans le privé, sans même ouvrir la discussion. Tout le mal qu'ils s'étaient donné pour monter ce cabinet, le soin avec lequel ils avaient choisi, non seulement l'emplacement, mais aussi la ville, optant finalement pour Dooling car c'était le centre urbain le plus peuplé de la région où il n'y avait pas déjà un psychiatre également médecin généraliste. »

mercredi 23 novembre 2016

"Le Bazar des mauvais rêves" de Stephen King

"Le Bazar des mauvais rêves" de Stephen King. 
Ed. Albin Michel 2016. Pages 600. 
Titre Original: "The Bazaar of Bad Dreams" 

Résumé: Un homme qui revit sans cesse sa vie (et ses erreurs), un journaliste qui provoque la mort de ceux dont il prépare la nécrologie, une voiture qui dévore les badauds… 20 nouvelles pour la plupart inédites, précédées chacune d’une introduction du maître sur les coulisses de leur écriture.

La 7 de la page 7: "Son cœur cognait à la pensée de la suite logique des choses." 

Stephen King n'est jamais aussi bon que quand il nous offre un recueil d'histoires totalement différentes, nous plongeant ainsi dans plusieurs univers, toujours efficaces. Ce recueil nous offre une palette d'émotions impressionnante qui confirme le talent de l'auteur. Que cela soit en compagnie de monstres comme dans "Mile 81" ou en compagnie de la folie humaine comme dans "Batman et Robin ont un accrochage". King nous emmène également dans un univers où tout, même l'impensable, devient possible comme dans "La Dune" ou "Sale Gosse". Si toutes les nouvelles ne sont pas de la même qualité, on prend plaisir à lire chacune d'entre elles. King nous envoie dans des mondes différents avec brio sans jamais nous lâcher la main. La mention spéciale de ce recueil est que Stephen King nous y raconte comment ses idées lui sont venues et nous emmène dans son monde d'écriture. Un vrai bon moment de lecture. 

Extrait: "Sa voiture était garée sur le parking A mais Wesley choisit de parcourir à pied les trois kilomètres le séparant de son appartement, chose qu'il faisait souvent quand il voulait réfléchir. Il longea Moore Avenue d'un pas lourd, dépassant d'abord les maisons des fraternités, puis les maisons d'appartements dégueulant du rock et du rap par toutes les fenêtres puis les bars et restos à emporter qui font office de système de survie pour toutes les petites facultés américaines. Il y avait aussi une librairie spécialisée dans les livres d'occasion et les best sellers de l'an passé vendus à moins cinquante pour cent. La librairie avait l'air poussiéreuse et anémique et elle était la plupart du temps déserte." 

jeudi 13 octobre 2016

"Marche ou crève" de Stephen King

"Marche ou crève" de Stephen King
Ed. J'ai Lu 1999. Pages 344. 
Titre Original: "The Long Walk" 

Résumé: " Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physique, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant . Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. "
Ainsi Mc Vries définit-il l'horrible marathon auquel il participe ; marcher le plus longtemps possible, sans jamais s'arrêter, en respectant des cadences. Fautes de quoi, les concurrents de cette longue "longue marche" sont abattus d'une balle dans la tête.
Des cent concurrents au départ, il ne restera qu'un seul à l'arrivée qui aura, pour prix de son exploit, la possibilité de posséder tout ce qu'il désire. S'il désire encore quelque chose...

La 7 de la page 7: "La brise faisait danser des ombres sur la chaussée." 

Stephen King n'est jamais aussi bon que quand il veut nous faire passer un message. Et on peut, sans sourciller, déclarer que "Marche ou crève" fait partie de ces romans qu'on referme en se disant qu'on vient de prendre une bonne gifle en plein visage. Et pourtant l'intrigue est simplissime: les personnages doivent marcher sinon, ils crèvent. La longue marche imposée aux participants est une sorte de métaphore de la vie. Les personnages sont chacun d'entre nous. Et chacun d'entre-eux a une philosophie de la marche qui diffère de celles des autres. Certains marchent en ne se souciant que de leur survie en se fichant que les autres tombent. D'autres se soutiennent entre eux alors même qu'ils savent qu'il ne peut y avoir qu'un seul gagnant. Enfin certains abandonnent avant même d'avoir essayer. Peut-on vraiment gagner cette marche? 
Stephen King nous livre une théorie de la vie bien sombre et pourtant efficace. Nous aussi nous marchons en compagnie de ces personnages auxquels on finit par s'attacher. Inlassablement, on les suit. Pour le meilleur comme pour le pire. Un très grand Stephen King. 

Extrait: "J'ai encore envie de vivre, dit brutalement Parker. Toi aussi, me raconte pas d'histoires, Garraty. Ce mec, McVries, et toi, vous marchez ensemble et vous déconnez entre vous à propos de l'univers ou je ne sais quoi, c'est rien que des conneries mais ça passe le temps. Mais ne me raconte pas d'histoires. Le résumé, c'est que t'as envie de vivre. Comme la plulpart des autres. Ils vont mourir lentement. Ils vont mourir morceau par morceau. J'y passerai peut-être mais, en ce moment, je me sens d'attaque pour marcher jusqu'à La Nouvelle-Orléans avant de tomber à genoux devant ces pétards mouillés dans leur tacot."


jeudi 25 août 2016

"Julia" de Peter Straub

"Julia" de Peter Straub. 
Ed. Pocket 1989. Pages 281. 

Résumé: Depuis vingt ans la maison attendait Julia.
Elle ne la laisserait pas s'échapper.
Fuyant un mari abusif, mais surtout le souvenir de la mort tragique de sa petite Kate, Julia s'est installée dans une belle maison au coeur de Londres, croyant y trouver la paix et la sécurité. Mais, peu à peu, les lieux montrent leur vrai visage. Suffoquée par une atmosphère étouffante, effrayée par des vacances nocturnes ou par d'étranges silhouettes entrevues en plein jour. Julia se sent menacée de toutes parts.
A-t-on décidé de la rendre folle ? Qui est cet enfant qui s'acharne sur elle ? Sa seule issue est peut-être de comprendre de quel drame abominable la maison a été le théâtre vingt ans plus tôt... Mais pourra-t-elle affronter la terrible révélation qui la guette ?

La 7 de la page 7: "Puis, un jour, elle avait rencontré au restaurant une amie de Smith College, qui lui apprit que l'éditeur chez lequel elle travaillait cherchait une jeune femme pour revoir des textes; une semaine après, elle avait un nouveau travail." 

Bon. C'est très difficile d'écrire une chronique comme celle-ci alors qu'on ne sait pas trop à quelle sauce on va manger le livre au moment même d'écrire la chronique. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé "Julia". L'ambiance est plutôt efficace mais il y a un élément dans ce roman qui me reste en travers de la gorge: le personnage principal. Bon Dieu qu'elle est bête. On se demande tout du long, si Julia est paranoïaque ou tout simplement stupide. Ses choix sont complètement désastreux. Personnellement, je vois ma fille morte dans la maison que je viens d'acheter, je me tire vite fait, bien fait. Mais c'est normal, il faut bien qu'il y ai une histoire me répondrez-vous. Je suis totalement d'accord avec ce principe. Mais ici, on accumule les raisons de filer sans demander son reste. Mais Julia, elle, reste dans ses illusions, elle se berce d'imbécilités. Si au moins elle restait pour de bonnes raisons, mais non. En fait, elle est juste terriblement idiote. Et c'est bien dommage parce que le reste y est. L'ambiance est étouffante, les personnages, autres que Julia, sont plutôt bien exploités. 
Est-ce que la bêtise du personnage principal gâche la lecture? Sans doute un peu. Mais la plume de Straub est efficace et si "Julia" n'est pas convaincant, il n'en reste pas moins que le reste de l'oeuvre de l'auteur vaut la peine de s'y attarder. Donc, oui, "Julia" n'est pas une réussite mais ce livre donne quand même envie d'aller fouiner dans les autres romans de Straub. 

Extrait: "Elle n'était pas réellement capable de penser, mais elle savait qu'il lui fallait détruire la robe bleue, et cette certitude se transforma immédiatement en action, court-circuitant la pensée. Il fallait brûler la robe. Emportant la robe, Julia alla chercher des allumettes dans la cuisine et continua jusqu'au living. Elle jeta la robe dans le foyer de la cheminée et gratta une allumette, qu'elle appliqua contre un coin de tissu à peu près sec. Il ne prit pas. Elle recommença; cette fois, le mince tissu s'enflamma, noircissant et se recroquevillant. Une odeur âcre se répandit dans la pièce. La moitié environ de la robe se consuma avant que le tissu humide n'éteigne les flammes. Une odeur infecte, comme de la fourrure brûlée, emplissait le living, mais Julia la remarqua à peine. Elle essaya de faire brûler le reste de la robe avec d'autres allumettes, mais le tissu noircissait sans s'enflammer."

"Jessie" de Stephen King

"Jessie" de Stephen King
Ed. J'ai Lu 1996. Pages 442. 
Titre original: "Gerald's Game" 

Résumé: Il ne fallait pas jouer à ce petit jeu, Jessie. Vous voilà enchaînée sur votre lit, le cadavre de Gerald à vos pieds, condamnée à vous enfoncer dans la nuit, la terreur et la folie. Les femmes seules dans le noir sont comme des portes ouvertes... si elles appellent à l'aide, qui sait quelles créatures horribles leur répondront ?

La 7 de la page 7: "Quoi qu'il en soit, ce qui importait à l'heure actuelle, c'est qu'elle avait continué le jeu plus longtemps qu'elle ne l'avait vraiment souhaité, parce qu'elle aimait cette flamme dans les yeux de Gerald, qui la faisait se sentir jeune, belle et désirable." 

Avec "Jessie", Stephen King nous livre une histoire claustrophobique dans laquelle on a du mal à respirer ou alors juste par saccades. Dès qu'on trouve un moment pour souffler un peu, on repart, sous la plume du maître, dans un chapitre haletant. Parfois, il a pitié de nous et nous laisse quelques pages pour qu'on puisse reprendre nos esprits mais cela ne dure jamais bien longtemps, ce n'est qu'un stratagème pour mieux nous avoir au prochain tournant. Le lecteur est enfermé avec Jessie. On est Jessie, terrifiés par Gerald, terrifiés par les "visions", terrifiés qu'on nous laisse là, à jamais. Mais comme elle, on lutte pour s'en sortir vivant. On tremble avec ce personnage, ses terreurs deviennent les nôtres. Jusqu'au dénouement final. 
Le maître de l'angoisse et de l'horreur a de nouveau frappé. "Jessie" vous fera passer un excellent moment sous la couette, à la seule lumière de votre lampe de chevet. 

Extrait: "Elle se vit couchée dans le noir, un homme-ou une chose de forme humaine-debout en face d'elle dans le coin de la pièce. Ce n'était ni son père ni son mari, mais un étranger, "l'étranger", celui qui hante nos visions paranoïaques les plus malsaines et incarne nos peurs les plus profondes.
Impossible de faire disparaître cet être de ténèbres comme par magie en lui jetant à la figure un mot en -ologie, car c'était un joker cosmique. "Mais si, tu me connais", affirma la créature au long visage blafard, qui se pencha en avant pour saisir sa sacoche.
"

jeudi 28 juillet 2016

"Chantier" de Stephen King.


“Chantier” de Richard Bachman a.k.a Stephen King
Ed. J’ai Lu 1995. Pages 413.
Titre original: “Roadwork”

Résumé: " Expropriation pour cause d'utilité publique " : pour un brave type qui vit depuis vingt ans dans sa maison, qu'est-ce que ça veut dire ? Du second étage de la blanchisserie où il travaille, Bart Dawes suit l'évolution du chantier.
La large cicatrice brune, couverte d'un cataplasme de boue, engloutit déjà le parc de Hebner Avenue où il amenait son fils quand il était petit... Des Huns ! Des barbares ! qui détruisent, arrachent, nivellent tout. Et pour quoi faire ? Extension de l'autoroute 794 ! Parce qu'un morveux de géomètre a décidé qu'elle passerait par là... Et les voisins s'en vont un à un. Bart, lui, veut se battre. Seul contre tous.
David contre Goliath ! Mais comment ? Se barricader ? Faire sauter le chantier ? Et après...

La 7 de la page 7: “Harry sortit le Magnum et le posa avec précaution sur le dessus de la vitrine.”

Qui mieux que Stephen King pourrait nous servir une histoire, à la base assez simple et basique, et nous la transformer en un récit angoissant et terrifiant? Ici, la terreur réside surtout dans le désespoir du protagoniste qui voit son présent et son avenir s’écrouler pour des histoires qui ne le concernent que très peu. Il n’est pas maître de sa détresse et c’est là que réside le côté pathétique du personnage. Si on ne cautionne pas ses agissements, on se reconnaît dans sa colère, dans sa fureur. Au-delà de cela, King signe, à nouveau, un roman acéré contre une société qui met le profit au centre des débats en oubliant complètement les humains qui la compose.

Extrait: “ Il y eut bien des moments agréables. Oh, je sais ce que tu penses, Fred. Des moments agréables, qu'est-ce que c'est ? Des moments sans grandes joies, sans grandes peines, des moments sans rien de grand. Des fadaises. Des barbecues sur la pelouse pendant, les longues soirées d'été, quand tout le monde est un peu éméché, sans être vraiment soûl,sans que cela devienne jamais déplaisant. Les voitures partagées entre voisins pour aller voir jouer les Mustang. Les invitations à dîner, les sorties. Les parties de golf à Westside, les pique-niques en famille à Ponderosa Pines, où l'on pouvait aussi faire du karting. Tu te souviens du jour où Bill Stauffer est passé à travers la clôture en planches et s'est retrouvé dans la piscine d'un type ? Oui, George, je m'en souviens, et on était tous pliés de rire, mais écoute-moi, George...
Mais les bulldozers vont bien vite enterrer tout ça, pas vrai , Fred ?

"Carrie" de Stephen King


“Carrie” de Stephen King.
Ed. J’ai Lu 1999. Pages 252.

Résumé: A dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu'elle le maîtrise encore avec difficulté...
Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l'aimer, l'invite au bal de printemps de l'école. Une marque d'attention qu'elle n'aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d'un renouveau ! Loin d'être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c'est compter sans l'aigreur et la mesquinerie des autres élèves.
Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?

La 7 de la page 7: “Elle trébucha en arrière, hurlant dans le silence qui venait de s’établir, ses avants-bras massifs croisés devant la figure, un tampon planté au milieu de sa toison pubienne.”

Le sujet de “Carrie” est dur. On y rencontre des adolescents cruels, une mère abusive, un système permissif et au centre de tout cela, une jeune fille aux pouvoirs impressionnants mais malheureusement dévastateurs. King nous offre une critique d’un système scolaire faible et trop souvent laxiste. Il nous y démontre également que la religion, poussée à son extrême est parfois (souvent) négative. Derrière la tragédie de la vengeance de Carrie, il y a une réflexion qui va au-delà du roman d’épouvante. Et cela fonctionne très bien. Mais malgré tout, “Carrie” reste le premier roman de King. Et cela se sent. On y retrouve les ingrédients qui feront de lui le plus grand des auteurs contemporains du genre mais malheureusement, la plume est encore assez fragile. Pour un premier roman, “Carrie” est une réussite mais n’atteint pas les sommets que l’auteur atteindra plus tard dans sa carrière magistrale.

Extrait: “A la suite d'un drame qui a entrainé la mort de deux cent personnes et la destruction d'une ville entière, il est si facile d'oublier un simple détail : nous étions des enfants. Des enfants qui s'efforçaient de faire de leur mieux...

jeudi 9 juin 2016

"Simetierre" de Stephen King


“Simetierre” de Stephen King
Ed. J’ai Lu 1998. Pages 571.
Titre Original: Pet Sematary”

Résumé: Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, charmante petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque vieux "simetierre" forestier où des générations successives d'enfants de la localité ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce "simetierre", tout au fond de la forêt, il en est un second, et c'est un lieu imprégné de magie qui vous enjôle et vous séduit par de mystérieuses et monstrueuses promesses. Bientôt, le drame se noue, et l'on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque, tellement affreux que l'on voudrait s'arracher à cette lecture...

La 7 de la page 7: “Tu as…?”

Avec “Simetierre”, Stephen King touche à un sujet douloureux et qui est parlant pour la majorité des lecteurs: le deuil. Dans ce roman, il pose une question essentielle: jusqu’où seriez-vous capable d’aller pour retrouver les êtres qui ont disparus? Le cœur prédomine et la raison a disparu. Le protagoniste de King sait que ce qu’il tente est non seulement dangereux mais également totalement fou et contre-nature. Mais c’est son cœur qui a pris les manettes et qui décide de ses actions. C’est la douleur qui est son moteur. Il fait les mauvais choix car ses émotions sont les seules qu’il écoute. Le désespoir et le complexe de Dieu tout puissant donnent, ici, un roman exceptionnel. Avec “Simetierre”, le maître de l’épouvante signe un page-turner efficace basé sur la mythologie américaine. Un roman implacable et remarquablement écrit. King maîtrise son sujet du début à la fin. Un tout grand Stephen King.


Extrait: “Après cela, il n’y avait plus rien de lisible le long de deux cercles entiers, mais ensuite, alors qu’il était encore à bonne distance du centre, Louis découvrit une plaque de grès sur laquelle on avait maladroitement gravé une phrase qui disait : « HANNAH, LA MEILLEURE CHIENNE DE TOUS LES TEMPS, 1929-1939 ».
Bien sûr, le grès est une roche relativement tendre (en conséquence de quoi il ne subsistait d’ailleurs de l’inscription qu’un squelette), mais Louis n’en avait pas moins de mal à s’imaginer les trésors de patience qu’il avait fallu à un malheureux gamin pour tracer ces quelques mots dans la pierre. La charge d’amour et de désespoir que cela représentait lui paraissait immense ; c’était un monument comme aucun adulte n’en élèverait jamais à ses propres parents, ni même à un enfant mort en bas âge. »

lundi 11 avril 2016

"Entretien avec un vampire" de Anne Rice


“Entretien avec un vampire” de Anne rice.
Ed. Pocket 1997. Pages 444.
Titre Original: “Interview with the vampire”

Résumé: De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l'interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant ou l'atroce le dispute au sublime. Véritable livre culte, premier volet des désormais incontournables Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire renouvelle totalement l'un des mythes les plus riches et les plus ambigus du fantastique.

La 7 de la page 7: “Au début, il n’y fit que quelques allusions, mais cessa totalement de prendre ses repas.”

“Entretien avec un vampire” est le premier volet des Chroniques des vampires de Anne Rice. Sacralisé par un film plutôt réussi, “Entretien avec un vampire” est devenu un classique de la littérature vampirique. On traverse les âges et les océans en compagnie des ces êtres surnaturels. On est très loin de la “bit-lit” actuelle. Entre épouvante et érotisme, Rice nous offre une ambiance unique. La cruauté des uns est mise en parallèle avec la pureté des autres. La grâce et la froideur accompagnent le lecteur à travers les pages de ce roman. La barbarie y côtoie l’élégance dans cette fresque vampirique splendidement exécutée. Une tendresse douloureuse nous étreint. On se sent triste pour ces êtres à l’immortalité dérangeante et pesante. Rice nous engloutit de sa plume acérée comme les dents de ses personnages. L’élégance de ce roman nous emporte bien au-delà de l’histoire de vampires. On voyage avec plaisir avec ces êtres différents. Car c’est aussi cela “Entretien avec un vampire”. Une ode à la différence. Lestat aussi bien que Louis représentent une différence gérée de diverses manières. Entre colère et passivité. Entre vengeance et acceptation, il y en a pour tous les goûts. Agressivité ou douleur, Anne Rice nous jette dans une histoire magnifique et magistrale.

Extrait : “Combien pensez-vous qu'il y ait de vampires qui aient la trempe nécessaire pour affronter l'éternité ? Pour commencer, ils ont de l'immortalité les notions les plus sinistres. Car, en devenant immortels, ils voudraient que tout ce qui a été l'accompagnement de leur vie devienne immuable et incorruptible comme ils le sont eux-mêmes. Que les véhicules gardent la même forme rassurante, que les vêtements conservent la coupe qui leur allait du temps de leur jeunesse, que les hommes continuent de s'habiller et de parler de la façon qu'ils ont toujours comprise et appréciée. Alors qu'en réalité, tout change, sauf le vampire lui-même ; tout, à l'exception du vampire, est soumis à décomposition et corruption permanentes. Bientôt, si l'on possède une âme peu flexible, et souvent même si l'on est doué de souplesse d'esprit, l'immortalité devient une peine de prison que l'on purge dans une maison de fous peuplée de figures et de formes totalement inintelligibles et sans valeur. Un soir, le vampire en se levant se rend compte que ce qu'il a craint, pendant des dizaines d'années peut-être, est arrivé : il se rend compte tout simplement qu'à aucun prix il ne veut vivre davantage. Que les styles, les modes, les formes d'existence qui lui rendaient l'immortalité attrayante ont tous été balayés de la surface du globe. Et que rien ne subsiste qui puisse le libérer du désespoir, sinon l'acte de tuer. Alors, le vampire va mourir. Personne ne trouvera ses restes. Personne ne saura où il s'en est allé. Et souvent personne dans son entourage – si toutefois il cherche encore la compagnie d'autres vampires –, personne ne saura qu'il est atteint de désespoir. Depuis longtemps il aura cessé de parler de lui-même ou de rien d'autre. Il disparaîtra.

jeudi 3 mars 2016

"Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street" de J.M. Rymer.


“Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street” de J.M. Rymer
Ed. Tinder Press 2015. Pages 346.
Titre Original: “The String of Pearls: A Romance”

Résumé: C'était un homme grand, au physique ingrat, comme un pantin dont les parties auraient été mal assemblées, doté d'une bouche, de mains et de pieds si immenses qu'il était lui-même, d'une certaine manière, une véritable curiosité de la nature. » Lorsque l’on apprend la disparition d’un jeune marin dans la capitale anglaise, tous ses amis se mettent à sa recherche. Les pistes semblent toutes mener près du salon d’un barbier, aux abords de Fleet Street. Sweeney Todd a encore frappé…

La 7 de la page 7: “J’ai une peur bleue des chiens, dit Sweeney Todd.”

Si comme moi, vous avez vu l’excellent film du même nom de Tim Burton avec le très bon Johnny Depp, la terrible Helena Bonham Carter et le très regretté Alan Rickman, oubliez tout ce que vous avez vu dans ce film car ce n’est que partiellement inspiré (En gros, les personnages ont les mêmes noms...)
Mais ce n’est pas du tout une mauvaise chose car on se laisse surprendre par cette “nouvelle” histoire. Tout y est maîtrisé de la première à la dernière page.
Commençons par la plume. Elle est juste, efficace et acérée comme le rasoir de Sweeney Todd. Les mots se collent les uns aux autres avec un plaisir évident et une aisance quasi surnaturelle.
Ensuite, l’histoire et ses personnages. “Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street” est une réussite magistrale. L’ambiance est glauque en gardant une certaine classe. Le Londres de Rymer donne envie et en même temps, on souhaiterait être n’importe où sauf dans les parage de Fleet Street. Les personnages rythment l’histoire à un pas faussement lent. On tourne les pages avec avidité tellement on souhaite connaître le dénouement de cette histoire dérangeante. Au détour d’une porte ou d’une rue, le danger rôde, tapis dans le coin de notre tête. On anticipe des événements qui n’arriveront jamais et on se laisse avoir par des rebondissements imprévisibles. Mêlant les thèmes de Dickens et l’ambiance de Stoker, Rymer nous offre une claque magnifique dans la figure. Tout est savamment dosé pour nous prendre violemment par surprise mais tout en gardant une légèreté toute morbide mais tellement classieuse.
A lire, encore et toujours, sans jamais s’arrêter!

Extrait: “Oh, comme il est déchirant de penser qu’une personne telle que Johanna Oakley, un être si rempli de ces sentiments doux et sacrés qui devraient apporter la plus pure des félicités, en arrive à songer que la vie a perdu tout son charme, et que seul lui reste le désespoir. “Je vais attendre jusqu’à minuit, dit-elle, et même à cette heure il sera inutile que je cherche le repos. Demain, je chercherai par moi-même à obtenir de ses nouvelles.” Enfin, minuit arriva. La journée venait officiellement de s’achever, emportant avec elle ses derniers espoirs. Elle passa toute cette nuit-là à sangloter, ne s’arrêtant parfois que pour glisser dans un sommeil agité, ponctué d’images douloureuses qui semblaient toutes, cependant, impliquer la même supposition, à savoir que Mark Ingestrie n’était plus. Mais même la nuit la plus épuisante, pour la plus épuisée des personnes, doit s’achever; enfin, la douce et magnifique lumière de l’aurore pénétra dans la chambre de Johanna Oakley et chassa une partie de ses horribles visions nocturnes, bien qu’elle n’eût que peu d’effet sur la tristesse qui s’était emparée d’elle.”

samedi 27 février 2016

"Le Portrait du Mal" de Graham Masterton


“Le Portrait du Mal” de Graham Masterton
Ed. Milady 2010. Pages 476.
Titre Original: “Family Portrait”

Résumé: Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l'oeuvre d'un certain Waldegrave, ami d'Oscar Wilde et passionné d'occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordélia Gray veut-elle à tout prix s'en emparer? Quel est le secret du portrait? Qui sont les douze personnages? Vincent Pearson, l'actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette œuvre démoniaque et une série de meurtres particulièrement abominables qui secouent depuis quelques mois la Nouvelle-Angleterre...

La 7 de la page 7: “Je pensais que cela m’aiderait peut-être à comprendre.”

“Le portrait du Mal” commence très vite et très bien. On y trouve directement un hommage au “Le Portrait de Dorian Gray” d’Oscar Wilde. L’intrigue est fluide et attrayante. Un “page-turner” efficace. Cependant la fin est un peu trop alambiquée à mon goût. C’est mon deuxième roman de cet auteur et j’ai eu la même sensation les deux fois. Un fin un peu trop faible en comparaison au reste de l’intrigue. Et c’est bien dommage car ses romans partent toujours bien pour finir comme un feu d’artifice annulé. Pourtant l’écriture est très agréable et l’atmosphère est particulièrement efficace. Peut-être que le problème vient de moi…
Je garde cependant “Le Portrait du Mal” comme un bon livre, ne serait-ce que pour l’hommage à Wilde et pour les bons moments passés au début. Pour le reste, je ne pense pas retourner vers cet auteur. Même si il ne faut jamais dire “fontaine” (jamais deux sans trois…)

Extrait: “Chaque peinture est différente. Chaque peintre a sa technique particulière d’appliquer sa peinture. Certaines fois, lorsque je restaure un tableau, je sens la personnalité du peintre comme si elle m’imprégnait. Je sais qu’il approuverait ce que je tente de faire; je sais qu’il apprécierait mes soins minutieux. Mais ce tableau, ce Waldegrave, on dirait un marécage; plus je travaille dessus, plus il tombe en morceaux. J’ai l’impression  d’être un médecin légiste essayant de disséquer un cadaver en décomposition. Les visages sur ce tableau, lorsque je les touche, je n’ai même pas la sensation de peinture. On dirait de la chair en putréfaction.

jeudi 11 février 2016

"La Peau sur les os" de Richard Bachman (Stephen King)


“La peau sur les os” de Richard Bachman (Stephen King)
Ed. J’ai Lu 1998. Pages 377.
Titre Original: “Thinner”

Résumé: Billy Halleck, bon époux, bon père, vit dans le Connecticut et exerce son métier d'avocat à New York. Boulimique, il pèse plus de cent kilos.
Un jour, il tue accidentellement en voiture une vieille gitane. Sa position de notable lui vaut de n'être condamné qu'à une peine de principe et les Gitans sont expulsés de la ville. C'est alors que Billy commence à maigrir, et de plus en plus. Il a beau se gaver, rien ne peut enrayer cette perte de poids qui risque l'amener à une issue fatale. Terrifié, il comprend alors que le chef de la tribu gitane lui a jeté un sort...

La 7 de la page 7: “Halleck nota aussi que ses jambes étaient devenues si longues et fuselées que l’on apercevait les bords de sa petite culotte de coton jaune par l’échancrure de son short.”

“La peau sur les os” est un roman assez angoissant. Halleck est victime d’un sort et quoi qu’il arrive il commence à maigrir, inlassablement. Si au départ, la situation est plutôt avantageuse pour Halleck (il s’empiffre mais maigris jusqu’à trouver son poids idéal) elle tourne vite au vinaigre. En effet, vient un moment où la santé de Halleck commence à défaillir. Le roman est assez court (mais parfois un peu long...) mais la critique des diktats de la mode et du poids est bien présente sans pour autant “manger” l’histoire. La minceur est légion mais à trop vouloir atteindre cette perfection, on se prive de l’essentiel. Tel est le message sous-jacent de ce roman. King le dissimule pourtant bien dans une histoire de sortilège et de vengeance. Parfois on ressent quelques longueurs dans le récit mais ce n’est pas dérangeant au point où cela nuit trop à la lecture. Pour le dire plus simplement, une nouvelle aurait tout autant fait l’affaire que ces 377 pages. King emploie parfois quelques stratagèmes trop utilisés pour qu’on soit convaincu par la pirouette. Cela se laisse lire, c’est assez bon mais on est encore assez loin des tout grands romans de l’auteur.

Extrait: “En un sens, c’était un mensonge. Il avait atrocement mal. Pourtant d’une certaine manière, c’était vrai aussi. La présence de Ginelli le calmait plus que l’Empirisme, plus même que le Chivas. On souffre toujours plus quand on est seul.”

dimanche 3 janvier 2016

"Le Diable en gris" de Graham Masterton


“Le Diable en gris” de Graham Masterton
Ed. Bragelonne Stars 2015. Pages 280.
Titre Original: The Devil in Gray”

Résumé: Une jeune femme brutalement taillée en pièces dans sa maison de virginie... avec une arme vieille de cent ans. Un officier à la retraite éviscéré... par un assaillant invisible. Un jeune homme, les yeux crevés dans sa baignoire... puis bouilli vif. Qu'ont ces victimes en commun ? Quel être de cauchemar les a massacrées ? Le mystère s'épaissit lorsque la police, jusque-là impuissante, reçoit l'aide d'une petite fille qui semble être la seule capable de voir l'assassin. Mais pourront-ils capturer un tueur qui n'a peut-être jamais été humain ? Qui arrêtera le diable en gris?

La 7 de la page 7: “Elle avait une voix rauque, voilée, comme si elle avait trop fume de havanes.”

J’aime vraiment beaucoup les romans d’horreur ou d’épouvante. Je suis vraiment preneuse. Alors quand j’ai lu ce quatrième de couverture, il faut avouer que j’étais plus qu’enthousiaste. Et au départ, force est de constater que je dévorais les premières pages avec envie. Masterton commence son roman directement. Pas d’exposition et d’introduction longue, non. Ici, on entre directement dans le vif du sujet. L’intrigue est directement posée en ne laissant aucun doute sur le côté  surnaturel de son histoire. Il nous donne directement les bases de son récit.
Et cela fonctionne plutôt bien pendant pas mal de pages. Malheureusement, en ce qui me concerne, est venu un moment où j’ai commencé à m’ennuyer ferme. On comprend bien l’intrigue et pourtant Masterton en fait des caisses. Il se répète. Cela aurait pu ne pas être trop dérageant mais si on y ajoute une fin plutôt faiblarde... Et, en effet, j’ai trouvé la fin trop “facile”. L’intrigue aurait mérité un dénouement en fanfare et là, c’est tout le contraire. Un stratagème plus que invraisemblable pour “attraper le tueur” et un mobile qui, s’il est bien trouvé, aurait mérité d’être un peu plus étoffé.
Toutefois, l’écriture reste agréable et les personnages sont plutôt bien campés et assez attachants. J’ai quand même passé un bon moment même si, il faut l’avouer, je ne garderai pas de ce roman un souvenir mpérissable.

Extrait: “Decker était dans la partie depuis suffisamment de temps pour savoir qu’un meurtre commis au hasard, cela n’existait pas. “Un meurtre commis au hazard” était une phrase que les policiers d’un certain âge utilisaient lorsqu’ils pensaient en réalité :  Nous avons déjà un suspect très probable en détention préventive et je n’ai pas envie de consacrer plus d’heures supplémentaires à rechercher quelqu’un d’autre.”

vendredi 27 novembre 2015

"Cujo" de Stephen King

"Cujo" de Stephen King
Ed. J'ai Lu 1996. Pages 380.

Résumé: A la suite d'une panne et de coïncidences exceptionnelles, Donna Trenton et son fils Tad se retrouve enfermée dans leur voiture à cause de la présence d'un chien enragé (Cujo) qui les empêche de sortir de l'automobile afin d'appeler de l'aide. En effet, son mari - Vic Trenton - est en voyage d'affaires et ne peut par conséquent pas savoir la situation de son épouse. Quant à la famille propriétaire du chien, la mère et son enfant (Charity et Brett Camber) sont en vacances chez sa soeur alors que le père (Joe Camber) n'a pu échapper à la violence aveugle que son chien entraîne derrière lui.

La 7 de la page 7: "Et cette impression paraissait ce qu'il y avait de plus insupportable." 

"Cujo" est, peut-être, le livre de Stephen King le plus oppressant. On est enfermé en même temps que les personnages dans cette voiture face à ce chien transformé en tueur implacable. Et pourtant, peu d'action dans ce livre. Mais après tout, on est coincé dans une voiture dont on ne peut sortir car elle est gardée par un chien enragé... Ça ne laisse pas beaucoup de place aux grandes actions...  Mais c'est justement le propos. On est totalement coincés! King nous enferme dans cette voiture avec ses personnages. On attend l'action, et donc on sursaute au moindre bruit. On se retrouve à regarder son propre chien de travers... 
"Cujo" est diablement efficace et, pour une fois, ce n'est pas en raison d'un quelconque procédé surnaturel ou épouvantable... Non, juste un chien... Mais quel chien!! 

Extrait: "Donna émit un cri rauque et bestial, elle tenta de repousser l'assaillant à deux mains, le sang coulait sur la ceinture de son pantalon. Tenant le chien d'une main, elle chercha la poignée de la portière de l'autre. Dès qu'elle l'eut trouvée, elle referma violemment la porte sur l'animal. Plusieurs fois. Chaque coup porté dans les côtes de Cujo produisait un bruit sourd, comme un gros battoir frappant un tapis suspendu à une corde à linge. A chaque coup, Cujo poussait un grognement, soufflant sur la jeune femme son haleine chaude et fétide."

mardi 24 novembre 2015

"Désolation" de Stephen King

"Désolation" de Stephen King
Ed. Albin Michel 1996. Pages 571.
Titre original: "Desperation"

Résumé: La route 50 coupe droit à travers le désert du Nevada, sous un soleil écrasant. On n'y entend que le jappement lointain des coyotes. C'est là qu'un flic étrange, un colosse aux méthodes très particulières, arrête des voyageurs sous des prétextes vagues, puis les contraint de le suivre à la ville voisine Désolation. Et le cauchemar commence...

La 7 de la page 7: "Mary lâcha l'épaule de Peter et se recroquevilla contre sa portière, aussi loin qu'elle put du gérant qui approchait." 

Mon tout premier Stephen King! De ce fait, j'en garde un souvenir assez particulier. Découverte d'un nouvel auteur qui va m'accompagner pendant des années (et qui m'accompagne toujours d'ailleurs) 
L'histoire est originale et rondement bien menée par le maître de l'épouvante. Je me suis vite attachée aux personnages et j'ai vécu l'histoire à fond avec eux, du début à la fin! 
Dans "Désolation", King nous offre une histoire de confrontation frontale entre le bien et le mal. L'angoisse est au rendez-vous et l'intrigue est redoutable. 
Un très bon King. 

Extrait: "J'ai couru par instinct de survie, se dit-elle, et c'est une chose que je ne pourrai jamais expliquer - par des mots, ni en parlant ni même dans un poème - ce que c'est de courir non pas pour manger, ni pour une médaille, ni pour un prix, ni pour attraper un train, mais pour sauver sa putain de vie. "