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mercredi 27 septembre 2017

"One of us is lying" de Karen McManus

"One of us is lying" de Karen McManus
Ed. Penguins Books 2017. Pages 368.

Résumé: Pay close attention and you might solve this.
On Monday afternoon, five students at Bayview High walk into detention.
Bronwyn, the brain, is Yale-bound and never breaks a rule.
Addy, the beauty, is the picture-perfect homecoming princess.
Nate, the criminal, is already on probation for dealing.
Cooper, the athlete, is the all-star baseball pitcher.
And Simon, the outcast, is the creator of Bayview High’s notorious gossip app.
Only, Simon never makes it out of that classroom. Before the end of detention Simon's dead. And according to investigators, his death wasn’t an accident. On Monday, he died. But on Tuesday, he’d planned to post juicy reveals about all four of his high-profile classmates, which makes all four of them suspects in his murder. Or are they the perfect patsies for a killer who’s still on the loose?
Everyone has secrets, right? What really matters is how far you would go to protect them.

La 7 de la page 7: "Mr. Avery points towards the sink at the back of the room, it counter crowded with beakers and petri dishes." 

Premier roman de Karen McManus. On est clairement dans un roman jeunesse qui s'adresse à des adolescents aussi bien dans le style que dans l'intrigue. Si il y a parfois quelques faiblesses dans le texte, on ne peut que constater que cette histoire fonctionne plutôt bien. Une salle de retenue, un mort et quatre suspects qui auraient plus de raisons de tuer la victime que ce qu'il n'y paraît aux premiers abords. Si les secrets de chacun sont quelque peu prévisibles, on passe tout de même un bon moment. Cela nous permet également d'entrer dans la vie de ces jeunes et de leur quotidien dans ce lycée américain. Les personnages sont attachants et si le dénouement est un peu trop prévisible, on reste sur un très bon thriller jeunesse.

Extrait: "A sex tape. A pregnancy scare. Two cheating scandals. And that's just this week's update. If all hyou knew of Bayview High was Simon Kelleher's gossip app, you'd wonder how anyone found the time to go to class."

mercredi 20 septembre 2017

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: La Bibliothèque des âmes" de Ransom Riggs

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: La Bibliothèque des âmes" de Ransom Riggs.
Ed. Bayard Jeunesse 2016. Pages 582.
Titre Original: "Library of Souls"

Résumé: Dans le Londres d'aujourd'hui, Jacob Portman et Emma Bloom se lancent à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. Ils retrouvent leur trace grâce au flair aiguisé d'Addison, l'illustre chien particulier doué de parole. Bientôt, au bord de la Tamise, ils font la connaissance de Sharon, un géant bourru qui, moyennant une pièce d'or, propose de leur faire traverser le fleuve. Ils rejoignent ainsi l'Arpent du Diable, une boucle temporelle à la réputation effroyable où séjournent les particuliers les moins recommandables, où pirates et malfaiteurs commettent leurs forfaits en toute impunité.
Jacob et Emma ne se sont pas trompés : l'ennemi a bien établi son QG dans l'Arpent, derrière les murs d'une forteresse imprenable...

La 7 de la page 7: "Soudain, le creux a pivoté pour me faire face."

Le premier tome m'avait totalement hypnotisée et le deuxième un peu déçue. J'espérais donc un feu d'artifice pour le tome de fin, pour la conclusion. Et j'ai continué dans ma déception. Je me suis demandée pendant tout le roman où Riggs voulait m'emmener. Et je me suis retrouvée exactement là où je n'avais aucune envie d'être. Dans une fin prévisible et bâclée. Et c'est vraiment dommage. J'en attendais beaucoup, peut-être trop, sans doute. Mais je ne me suis pas retrouvée avec la même excitation que celle du premier tome. Les enfants particuliers sont partis, sans moi, à la recherche de leurs amis et de Miss Peregrine. Riggs m'a donné l'impression de ne pas réellement se décider de la manière dont il voulait terminer sa saga. Et du coup, on se retrouve avec une fin mièvre au possible. D'accord c'est un roman jeunesse mais une fin aussi guimauve a été la goutte d'eau. Une très grosse déception. 

Extrait:  "Avant de nous embarquer, Sharon a ôté six rats frétillants de sous sa cape d'un geste théâtral. Apparemment, un voyage sans vermine était un luxe réservé aux particuliers importants, et il nous rangeait dans cette catégorie."

dimanche 20 août 2017

"13 Reasons Why" de Jay Asher

"13 Reasons Why" de Jay Asher
Ed. Albin Michel 2017. Pages 287.

Résumé: 
Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...

La 7 de la page 7: "Hannah Baker s'est suicidée." 

On ne va pas se mentir, oui j'avais regardé la série de Netflix avant de lire le roman. Je sais. C'est mal. Donc oui, je connaissais déjà l'histoire et je savais ce qui avait poussé Hannah à commettre l'irréparable. Et oui, j'avais beaucoup aimé la série même si je regrettais la lenteur accablante de Clay à écouter ces cassettes. Déjà premier point positif du livre: il les écoute en une seule et unique nuit. Comportement bien plus logique que celui du Clay télévisuel. Et c'est la seule réelle comparaison qu'on puisse faire entre le livre et la série. On est en présence de deux oeuvres différentes qui n'ont pas la même destination.  Si les raisons du suicide d'Hannah restent les mêmes, le récit est différemment délivré. Dans ce roman, Hannah peut sembler être beaucoup trop fragile pour ce monde. Et parfois, on se dit qu'elle devrait peut-être un peu se détendre. Et on réagit comme ceux qui n'ont rien fait pour elle en pensant que parfois, elle exagère quand même un peu et que le monde ne tourne pas uniquement autour d'elle. Or autour de quoi d'autre le monde tourne-t-il quand on a 17 ans? Qui est le vrai "héro" de ce roman? Hannah ou Clay? Si on assiste à la descente aux enfers de Hannah, on est également témoin de la détresse de Clay, impuissant devant la tragédie qui s'est déjà produite. Témoin involontaire des "détails" qui mèneront Hannah au suicide, nous aussi, nous sommes spectateurs d'un désastre qui s'est déjà produit. On en vient à s'impliquer dans l'histoire d'Hannah, à lui en vouloir parfois de ne pas avoir eu assez confiance en certains et trop en d'autres. Mais peut-on pourtant crier au génie de l'auteur? Peut-on réellement dire que ce roman est particulièrement réussi. Oui et non. D'abord non. Parce qu'il faut bien avouer que l'auteur n'a pas inventé grand chose. Le style est plutôt basique et la lecture parfois monotone. Et pourtant oui. Oui parce qu'il aborde un sujet particulièrement délicat et que ce sujet là mérite bien un roman coup de poing: Elle est morte. Vous ne pourrez rien y changer. Maintenant, lisez son histoire. Alors ce n'est pas le roman du siècle mais si il peut donner une impulsion par rapport à un sujet de société bien réel, je ne vois pas 13 raisons pourquoi ne pas le faire... 

Extrait: "Salut tout le monde. Ici Hannah Baker. En live stéréo. Je n'en crois pas mes oreilles. Il n'y aura pas d'autres dates. Pas de rappel. Et cette fois, aucune intervention du public. Non c'est impossible. Hannah Baker s'est suicidée. J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter les cassettes, c'est que vous êtes l'une des raisons." 

vendredi 7 juillet 2017

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2011. Pages 362.
Titre Original: "The Spook's curse"

Résumé:
Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie." L'Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. L'inquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce?

La 7 de la page 7:" Il ignorait qu'elle avait envoyé chercher l'épouvanteur." 

"la malédiction de l'épouvanteur" est le deuxième tome de la saga de Joseph Delaney. Et on peut dire que les choses commencent sur les chapeaux de roues. Tom entrave son premier gobelin et dès les premières pages, prend de l'envergure. De plus, on en apprend un peu plus sur l'épouvanteur. 
Tout de suite, dans ce tome, Tom et son maître se retrouvent en mauvaise posture. L'épouvanteur est présenté sous un jour nouveau, beaucoup plus sombre. 
Si le premier tome nous avait déjà emmené assez loin, ce deuxième volet nous transporte au-delà. Encore plus de rythme. Encore plus d'action. Sans oublier l'ombre d'Alice qui plane. 
Les personnages prennent en consistance et la narration est toujours aussi percutante. Delaney est très bon pour faire monter la pression. Tom est de plus en plus puissant et Alice de plus en plus énigmatique. Le seul reproche que l'on peut faire au personnage de Delaney est qu'il n'est quand même pas très vif d'esprit. On lui pardonne tout de fois en raison de son jeune âge. 
ce deuxième tome se termine en apothéose et nous laisse entrevoir une suite excellente. 

Extrait: "J'inspirai profondément et me rassurai en pensant que, puisqu'il ne s'était pas rué par l'ouverture de la grille lorsque Andrew l'avait ouverte, c'est qu'il n'avait pas encore perçu ma présence. Et, si les catacombes étaient aussi immenses qu'on le prétendait, le Fléau se trouvait peut-être à des milles de là! Quoi qu'il en soit, que faire, sinon avancer? La vie de l'Epouvanteur et celle d'Alice dépendaient de ma réussite.

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2005. Pages 276.
Titre original: "The Spook's Apprentice"

Résumé: Septième fils d'un septième fils, Tom perçoit les ombres de ceux qui ont peuplé la terre et ressent la présence des êtres maléfiques. A treize ans, il doit quitter la ferme pour devenir l'apprenti de l'épouvanteur, chasseur de démons et sorcières. Commence alors pour lui une nouvelle vie, difficile. N'écoutant que son bon coeur, il va permettre la libération d'une sorcière particulièrement cruelle que son maître a enfermée dans un puits. Il aura alors à l'affronter à plusieurs reprises avant de la voir disparaître à tout jamais.

La 7 de la page 7: "Avec un boulot pareil, ta fortune est assurée." 

Si vous cherchez un roman pour introduire le monde du fantasy à un public jeune, arrêtez de chercher, on vous présente "L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney. 
Premier tome qui en compte, actuellement treize. Si les codes du fantasy sont bien présents, la plume et l'intrigue s'adaptent bien à un public plus jeune sans pour autant décevoir les plus âgés. 
On se prend immédiatement d'affection pour Tom, le héro principal. Le jeune garçon voit son destin basculer lorsqu'il entre au service d'un épouvanteur. On entre, en compagnie de Tom, dans le monde des gobelins et autres créatures, avec un plaisir non dissimulé. Tom est un peu (beaucoup) naïf mais il faut bien garder en mémoire que ce roman est destiné à un public jeune. Et ce roman en question est assez bon. Très bon même. On attend la suite avec impatience. Un très bon roman d'introduction à une suite qu'on espère tout aussi bonne. 

Extrait: "Juste après la demie de onze heures, la créature en bas, recommença à creuser. Puis des pas lourds montèrent de nouveau les marches de pierre. De nouveau la porte de la cuisine s'ouvrit, et les bottes sonnèrent sur le carrelage de la salle. J'étais pétrifié. Seul mon cœur bougeait encore, cognant contre mes côtes à les briser. Et cette fois, les pas ne se dirigeaient pas vers la fenêtre. Ils vinrent droit sur moi, poum, poum, poum... Une main invisible me saisit par le col et me souleva, à la manière d'une chatte transportant son chaton.

mercredi 14 juin 2017

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs
Ed. Bayard 2014. Pages 502. 
Titre Original: "Hollow City" 
Résumé:  Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

La 7 de la page 7: "C'est le moment de lui dire adieu." 

Autant le premier tome des aventures de Jacob m'avait totalement envoûtée, ici, avec cette suite, je n'ai vraiment pas décollé. Pourtant on reste dans la même structure que le premier tome mais ce deuxième tome est, j'espère, juste le tome de transition entre le premier et le troisième. Si cela ne devait pas être le cas, je serait malheureusement déçue par une saga qui partait pourtant si bien. 
J'ai eu l'impression de piétiner du début à la fin. Riggs passe rarement la troisième et on reste bloqué en deuxième sans jamais vraiment s'emballer. 
Le parallèle entre les gitans et les particuliers est trop facile alors que la manière d'aborder la seconde guerre mondiale est, elle, réussie. C'est quand Riggs joue avec l'Histoire qu'il devient brillant. 
J'attends donc le troisième tome pour me faire une idée définitive sur cette saga.

Extrait: "Dans notre dos se dressait le vieux phare qui avait servi de théâtre au soir. C'était là que, sous une pluie de bombes, nous avions failli nous noyer et périr déchiquetés par des balles. Là aussi que j'avais saisi un revolver, appuyé sur la détente et tué un homme -un acte que j'avais encore du mal à comprendre. C'était là, enfin, que nous avions perdu Miss Peregrine, avant de la retrouver et de la soustraire aux mâchoires d'acier d'un sous-marin.

mercredi 30 novembre 2016

"Projet Faille: Bienvenue à l'institut" de Benoît Barker

"Projet Faille: Bienvenue à l'institut" de Benoît Barker. 
Autoédité 2016. Epub. 

Résumé: Que feriez-vous si, du jour au lendemain, vous vous retrouviez dans une école ressemblant plus à une prison qu'à un établissement scolaire ? Une école où l’échec signifie au mieux, la mort, au pire... non, mieux vaut ne pas parler du pire. Florian va le découvrir. Entre les faux semblants et la surveillance constante, parviendra-t-il à fuir cet endroit mystérieux avant qu'il ne soit trop tard ? Et surtout, supportera-t-il la terrible vérité cachée derrière les murs de l'Institut ?

La 7 de la page 7: "L'infime mouvement de sa bouche craquela ses lèvres desséchées."

Avec son premier roman "Projet Faille: Bienvenue à l'institut", Benoît Barker nous offre un roman jeunesse original et assez bien ficelé. On se prend d'affection pour ces personnages qui ne savent pas très bien ce qui leur arrive. On se pose les mêmes questions que ces jeunes enfermés dans cet institut aux pratiques plus que douteuses. Où est on?
Si l'écriture  est parfois un peu forcée pour le lecteur et les tournures de phrases parfois un peu trop faciles, on pardonnera ces quelques défauts pour se concentrer sur une idée assez intéressante. Où se trouvent ces personnages? Et surtout pourquoi? On anticipe et on s'étonne d'une fin qu'on ne voyait pas arriver. Le lecteur se laisse embarquer dans sa lecture et se laisse porter par une histoire bien organisée et originale. 
Un bon roman jeunesse qui tape juste et bien. Un auteur, auto-édité, à qui on souhaite une bonne continuation et qu'on aura plaisir à retrouver. 

Extrait: "Une main agrippée à l'armature de son lit, Florian entreprit de se relever. Ses articulations craquèrent sous l'effort, comme s'il n'était qu'une vieille machine rouillée à cours de graisse. L'impression de pouvoir sentir chacun de ses muscles frotter contre ses os lui donna envie de vomir, mais rien ne sortit, ce qui s'avéra être encore plus désagréable que de vomir tout court." 

mercredi 26 octobre 2016

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" de Ransom Riggs

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" de Ransom Riggs. 
Ed. Bayard 2011. Pages 439. 
Titre Original: "Miss Peregrine's Home for Peculiar Children: Book 1" 

Résumé: Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...

La 7 de la page 7: "Bien sûr, on l'avait maquillé pour un spectacle de cirque." 

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" est une petite bombe de la littérature jeunesse. Non seulement l'histoire est particulièrement réussie mais les personnages sont spectaculaires. On y trouve du mystère, de l'angoisse mais toujours très bien dosés. Un adolescent sceptique en deuil tente de surpasser sa peine en essayant de comprendre les histoires de son grand père décédé. Ce qu'il découvre dépasse l'entendement. Affrontant des dangers qu'il ne pouvait entrevoir. Un petit fils aimant à la recherche de son grand père décédé qui, au final, se trouve lui même. Parsemée de créatures et d'enfants aux pouvoirs déroutants, l'histoire de Riggs, illustrée par des photos percutantes est une réussite du début à la fin. Rien n'est à jeter dans ce roman jeunesse qui devrait réjouir les jeunes mais aussi leurs parents. On attend la suite avec impatience. 

Extrait: "Chaque fois qu'il décrivait les monstres, il ajoutait de nouveaux détails épouvantables: ils empestaient comme de vieilles poubelles; ils étaient invisibles, mais on pouvait voir leurs ombres. Ils avaient dans la bouche des dizaines de tentacules grouillants qui jaillissaient soudain pour vous capturer et vous attirer dans leurs puissantes mâchoires. J'ai assez vite eu du mal à m'endormir le soir. Mon imagination fertile transformait le crissement des pneus sur la chaussée mouillée en halètements sous ma fenêtre; les ombres qui filtraient sous ma porte ressemblaient à s'y méprendre à des tentacules gris noir. J'avais peur des monstres mais j'étais tout excité à l'idée que mon grand père les avait combattus et qu'il était encore là pour le raconter." 

jeudi 20 octobre 2016

"Divergent" de Veronica Roth

"Divergent" de Veronica Roth.
Ed. Nathan 2012. Pages 436.
Titre Original: "Divergent"

Résumé: Dans le Chicago dystopique de Béatrice, la société est divisée en cinq factions, chacune dédiée à la culture d'une vertu : les Sincères, les Altruistes, les Audacieux, les Fraternels, et les Erudits. Sur un jour désigné de chaque année, tous les adolescents âgés de seize ans doivent choisir la faction à laquelle ils consacreront le reste de leur vie. Pour Béatrice, la décision est entre rester avec sa famille et être qui elle est, les deux sont incompatibles. Alors, elle fait un choix qui surprend tout le monde, y compris elle-même.
Mais Tris a aussi un secret, celui qu'elle a caché à tout le monde parce qu'elle a été averti qu'il peut signifier la mort. Et comme elle découvre un conflit croissant qui menace de percer cette société en apparence parfaite, elle apprend aussi que son secret pourrait l'aider à sauver ceux qu'elle aime. . . ou pourrait la détruire.

La 7 de la page 7: "Mais il ne comprend pas" 

J'ai lu ce premier tome de cette saga assez populaire avec un peu d'appréhension. Mais maintenant le premier tome terminé, je dois avouer que je comprend l'engouement suscité par ce roman même si je ne le partage pas complètement. On reste dans la même optique que dans les "Hunger Games" et, en ce qui me concerne, ce n'est pas forcément un compliment. En effet, j'avais trouvé que les "Hunger Games" n'étaient qu'une pâle copie du "Battle Royale" japonais et j'avais peur que "Divergent" soit créé dans le même moule. Même si on peut argumenter que "Divergent" reste dans la même optique que les "Hunger Games", force est de constater que l'intrigue de Roth est tout de même plus travaillée. J'attends de lire le deuxième tome afin de me faire une idée plus concrète de cette saga, mais pour l'instant, je reste sur un bon livre jeunesse qui, certes, ne transcende pas le genre mais se laisse lire avec plaisir. 

Extrait:" Chez moi, il n'y a pas de miroir. Il se trouve à l'étage sur le palier, derrière un panneau coulissant. Les règles de notre faction m'autorisent à m'y regarder le deuxième jour de chaque trimestre, quand ma mère me coupe les cheveux. Je m'assois sur le tabouret et elle se tient derrière moi avec les ciseaux. Mes mèches tombent par terre en formant de lourds anneaux. Quand elle a terminé, ma mère et en fait une torsade qu'elle noue en chignon. Son calme et sa concentration m'impressionnent. Elle a une longue pratique dans l'art de s'oublier. Je ne peux pas en dire autant. Je jette un coup d'oeil furtif sur mon reflet pendant qu'elle ne fait pas attention; non par vanité mais par curiosité. On peut changer beaucoup physiquement en trois mois. Dans le miroir, je vois un visage étroit, de grands yeux ronds et un long nez aquilin. J'ai toujours l'air d'une petite fille, pourtant je viens d'avoir seize ans. Les autres factions fêtent les anniversaires, mais pas nous. Ce serait du narcissisme."

mercredi 5 octobre 2016

"Le Prince de la Brume" de Carlos Ruiz Zafon

"Le Prince de la Brume" de Carlos Ruiz Zafon.
Ed. Robert Laffont 2011. Pages 210.
Titre original: "El Principe de la Niebla"

Résumé: 1943, Angleterre.
Pour fuir la guerre, la famille Carver s'installe dans un village perdu sur la côte. Mais, à peine franchie la porte de la maison, des événements étranges se produisent...
Avec leur nouvel ami Roland, Alicia et Max Carver vont peu à peu percer les secrets de la vieille demeure et apprendre l'existence d'un certain Caïn, surnommé le Prince de la Brume. Un personnage diabolique revenu s'acquitter d'une dette très ancienne...
Voilà les trois enfants lancés à la découverte d'épaves mystérieuses, de statuettes enchantées, de gamins ensorcelés... Une aventure extraordinaire qui changera leur vie à jamais.

La 7 de la page 7: "Sa mère sourit faiblement, comme elle le faisait toujours devant les démonstrations d'optimisme rayonnant de Maximilian Carver, cependant Max vit passer dans ses yeux une ombre de tristesse et cette extraordinaire lueur qui, depuis son plus jeune âge, le portait à croire qu'elle lisait dans l'avenir des choses que les autres ne pouvaient deviner." 

Si l'intrigue du "Prince de la Brume" n'est pas, en soi, révolutionnaire, on ne peut que constater que l'atmosphère du roman est particulièrement efficace et bien établie. Le lecteur est envahi par une ambiance feutrée et solitaire. On évolue dans un univers sépia, chaque page, plus cotonneuse que la précédente. On semble flotter dans ce roman en compagnie de personnages qui, à chaque fois qu'on tente de les appréhender s'évanouissent comme un nuage de brume. Il y a, ensuite, l'écriture. Diablement efficace. Chaque mot semble pesé et apposé à côté des autres avec minutie. Un très beau roman. 

Extrait: "Quand la pluie tombait ainsi, Max sentait que le temps s'arrêtait. C'était comme une trêve durant laquelle on pouvait laisser de côté son occupation du moment et, simplement, contempler de sa fenêtre durant des heures le spectacle de cette chute sans fin de larmes célestes. Il reposa le livre sur la table de nuit et éteignit la lumière. Lentement, baignant dans le son hypnotique de la pluie, il se laissa vaincre par le sommeil."

mardi 6 septembre 2016

"Sa majesté des mouches" de William Golding

"Sa majesté des mouches" de William Golding
Ed. Folio 2013. Pages 320. 
Titre original: "Lord of the flies" 

Résumé: Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef... Un grand roman d'aventures, mais surtout un magnifique roman d'apprentissage de la vie en société avec ces règles et ses cruautés.

La 7 de la page 7: "Il traversa la plage au petit trot, supporta la morsure cruelle du soleil, traversa le plateau et reprit ses vêtements éparpillés." 

Dans la catégorie "littérature jeunesse qui prend encore plus de sens une fois adulte", "Sa majesté des mouches" est clairement dans mon top trois. Critique viscérale de la société et de la politique supposée libérale et démocratique, "Sa majesté des mouches" met en place une dynamique efficace et cohérente. Entre les meneurs qui se livrent des guerres intestines et les suiveurs qui, au fil de leurs intérêts (ou de leur simple peur) changent de camp. Entre combats psychologiques et trahisons, "Sa majesté des mouches" est incisif. Une véritable réussite, un livre à mettre entre toutes les mains.

Extrait: "Ce jeu du vote était presque aussi amusant que celui de la conque. Les protestations de Jack furent étouffés par une clameur qui se précisa dans le choix de Ralph comme chef. Nul n'aurait su donner les raisons de son choix. C'était Piggy qui avait fait preuve d'intelligence et Jack d'autorité. Mais une sorte d'immobilité faisait ressortir la personnalité de Ralph; à cela s'ajoutait sa taille et son air sympathique; enfin, de façon plus obscure mais très puissante, agissait la conque. L'être qui avait soufflé dans cette conque et qui les avait attendu sur le plateau, assis sur un tronc, le fragile objet posé sur les genoux, cet être-là était différent des autres."

mercredi 15 juin 2016

"Les yeux du dragon" de Stephen King.


“Les yeux du dragon” de Stephen King.
Ed. Flammarion 2016. Pages 466.
Titre Original: “The Eyes of the Dragon”

Résumé: L'ombre de Flagg plane depuis quatre siècles sur le royaume de Delain... Le jour où la silhouette du sinistre magicien se glisse derrière le trône du roi Roland, c'est en vue d'accomplir son noir dessein : assurer le triomphe du mal. La machination se met en marche, vénéneuse comme le poison. Mais c'est compter sans une antique maison de poupée, quelques milliers de serviettes de table, les yeux d'un vieux dragon empaillé et, bien sûr, le courage de ceux qui refusent la tyrannie. On sait que les contes de fées sont les premiers récits de terreur. En écrire un à l'intention de sa fille Naomi était donc pour Stephen King une sorte de retour aux sources.

La 7 de la page 7: “La chasse, c’est ce que Roland avait toujours préféré, l’odeur de la forêt, la morsure de l’air frais, le son du cor, la tension de l’arc quand la flèche suit sa course cinglante!.”

Avec “Les yeux du dragon”, Stephen King nous offre un roman de fantasy particulièrement réussi. Comment ne pas aimer un livre qui commence par “Il était une fois”? Difficile. Le récit est fluide et nous permet de nous investir dans un univers nouveau. Les personnages sont bien construits et on s’attache très vite à eux. Et on se demande, tout au long de notre lecture qui est donc ce Flagg? Quel est son moteur? On souffre aux côtés des uns et on se complait dans la cruauté des autres. Sorte d’allégorie du fils prodigue, “Les yeux du dragon” pose plus de question qu’il n’en donne. Et c’est justement le seul reproche qu’on peut lui faire. Une fin peut-être un peu trop facile et anticipée sans pour autant que l’auteur ne nous donne les clefs.
Une fin qui ouvre les possibilités d’une suite. Ce livre ayant été écrit en 1987, il est probable qu’on attende en vain mais cela ne nous empêchera pas de continuer à nous imaginer une autre fin, voir même de nous imaginer nous même une suite. Un très bon moment de lecture.

Extrait: “Et espionner, c’est bien triste à dire, présente ses propres attraits. Quand vous voyez des gens qui ne savent pas qu’on les voit, les actions les plus triviales semblent de la plus haute importance. Au bout d’un moment, Thomas se sentit un peu honteux, mais n’avait rien de surprenant. Espionner après tout, c’est une sorte de vol, c’est voler une image de ce que font les gens quand ils se croient seuls.”

samedi 12 décembre 2015

"Le Magicien d'Oz" de Frank Lyman Baum


“Le Magicien d’Oz” de Frank Lyman Baum
Ed. Pocket 2014 .Pages 179.
Titre original: “The Wonderful Wizard of Oz”

Résumé: Dorothée, la petite orpheline au rire cristallin, vit avec son chien Toto dans une ferme retirée du Kansas, auprès de son oncle Henri et de sa tante Em. Rien ne semble devoir perturber son existence paisible et joyeuse...jusqu'au jour où un formidable cyclone vient tout bouleverser. Encore assommés par le choc, Dorothée et son compagnon se réveillent, le lendemain matin, dans une bien curieuse contrée...Ici ,les sorcières ressemblent à des fées, les arbres sont doués de parole et les rêves les plus fous se réalisent. A condition, bien sûr, de les formuler devant le Grand Magicien d'Oz. Se lançant à la recherche du mystérieux personnage, la fillette croise en chemin, l’Épouvantail sans cervelle, le Bûcheron en Fer Blanc et le Lion Poltron, qui ont, eux aussi une demande de la plus haute importance à présenter au Magicien.

La 7 de la page 7: “L’étoffe était couverte de petites étoiles qui scintillaient au soleil comme des diamants.”

Baum le dit lui même “Le Magicien d’Oz a été écrit (...) avec pour unique ambition de donner de la joie aux enfants d’aujourd’hui. Il ne vise à être qu’un conte de fées modernisé: il élimine les peines de cœur et les cauchemars pour ne conserver que l’enchantement et le plaisir.”
Et pourtant, son livre va susciter deux grosses polémiques. La première étant que ce roman est en fait une apologie de la sorcellerie. Les puritains américains voient dans “Le Magicien d’Oz” un roman subversif qui veut “corrompre la jeunesse”. Ici, rien de bien nouveau, dès qu’il y a un peu de magie, les puritains américains ressortent leurs vieilles pancartes “Pas contents! Pas contents!” Rien d’original dans cette polémique.
La deuxième polémique, qui a la dent plus dure, est que Baum, par son “Magicien d’Oz” présente une critique virulente de la politique américaine de son époque. Le magicien d’Oz est un  “dirigeant” et c’est un charlatan. La fin du  XIXème siècle, les États-Unis sont dans une période de crise économique et les personnages de Baum sont en fait des analogies aux politiques de l’époque. Le fait que Baum précise bien que “Le Magicien d’Oz” ne soit qu’un conte pour enfants et rien d’autre a tendance à alimenter les arguments qui prônent un double sens au livre. En lisant le livre, vous vous ferez votre propre opinion, la mienne étant que c’est probable mais que je me contenterai de commenter le texte en tant que conte pour enfant.
Donc, “Le Magicien d’Oz” est un conte pour enfants plutôt réussi. Ne me demandez pas si le film est fidèle au livre, je n’ai pas vu le film (je sais...)
En tout cas, c’est une belle histoire. Dorothy vit au Kansas. Après une tempête, elle se retrouve, seule dans un pays merveilleux. Elle y trouve un épouvantail sans cervelle, un bûcheron en fer sans coeur et un lion sans courage. Ensemble, ils vont tenter de trouver le magicien d’Oz qui pourrait bien être la solution à leurs problèmes. L’épouvantail voudrait de la cervelle, le bûcheron de fer, un coeur et le lion, plus de courage. Malheureusement pour eux, le magicien d’Oz est un charlatan. Il ne peut donc pas vraiment les aider.  Ce que les personnages ne réalisent pas, c’est que pendant leurs aventures, ils ont tous montré qu’ils possédaient ce qu’ils pensaient ne pas avoir. Le faux magicien prétend alors donner à chacun ce qu’il désire. Ce n’est pas difficile, puisque chacun l’a déjà en lui, sans le savoir. Reste le problème de Dorothy. Comment rentrer au Kansas. Pas d’angoisse, elle trouve un moyen. Tout est bien qui finit bien.
“Le Magicien d’Oz” a donc tout les codes du conte pour enfants: magie, émerveillement, amitié etc. Baum permet aussi à ses lecteurs plus âgés de s’évader une heure ou deux. Et c’est rudement agréable de marcher avec ces personnages très sympathiques. “Le Magicien d’Oz” parle aux petits comme aux grands et c’est un plaisir de se plonger dedans. La mission est remplie et le message est passé: il faut toujours croire en soi. Et si jamais on y arrive pas tout de suite, on a des amis sur qui on peut compter.
Le contrat est rempli.

Extrait: “En fin de journée, alors que Dorothy commençait à ressentir la fatigue de cette longue marche et à se demander où elle allait passer la nuit, elle arriva près d’une maison un peu plus vaste que les autres. Des hommes et des femmes dansaient sur la pelouse verdoyante qui s’étendait devant. Cinq petits violonistes jouaient le plus fort possible, pendant que les gens riaient et chantaient non loin d’une grande table surchargée de fruits délicieux, de noix, de tartes, de gâteaux et de beaucoup d’autres bonnes choses

jeudi 26 novembre 2015

"Boys don't cry" de Malorie Blackman

"Boys don't cry" de Malorie Blackman
Ed. Milan 2011. Pages 287.

Résumé: Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l'université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé. Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n'est pas le facteur, c'est Mélanie. Son ex-copine, dont il n'a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien. Le leur. Être père à 17 ans ? Il y a de quoi pleurer. Mais les garçons ne pleurent jamais...

La 7 de la page 7: "Et toi?" 

"Boys don't cry" est un roman jeunesse particulièrement réussi. Globalement, le sujet est simple. Un jeune garçon de 17 ans se retrouve, du jour au lendemain, être père. Blackman nous met bien en présence de l'ensemble de problèmes que cela peut poser: émotionnels, scolaires, financiers etc. La difficulté d'assumer sa paternité est très bien décrite dans ce roman. La plume est efficace sans pour autant être moralisatrice. Il est difficile d'écrire sur ce genre de sujet sans tomber dans la facilité et le pathos. Ici, c'est tout le contraire. C'est intelligemment écrit et abordé. De plus, le texte s'adapte bien à un public adolescent dans ses codes et ses inquiétudes. Un très bon ouvrage. 

Extrait: "Je me suis assis dans le fauteuil face à la poussette et j'ai observé le visage tout plissé du bébé. Des larmes roulaient sur ses joues. Tout en pleurant, il me regardait le regarder. Je me suis dit à cet instant que lui et moi, on ressentait peut-être exactement la même chose. Et il pleurait et pleurait et pleurait de plus en plus fort. Il avait de la chance. J'aurais vraiment voulu en faire autant. Mais les garçons ne pleurent pas. C'est ce que Papa nous a toujours dit et répété à Adam et moi. Et puis ça n'aurait servi à rien. "  

mercredi 28 octobre 2015

"Le faire ou mourir" de Claire-Lise Marguier


"Le faire ou mourir" de Claire-Lise Marguier
Ed. Rouergue 2011. Pages 103.

Résumé: Vus de l'extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings... Mais le jour où les skateurs s'en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c'est Samy qui s'est interposé et lui a sauvé la mise. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés, et que l'histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire.
C'était la première fois que quelqu'un le touchait avec autant de douceur...

La 7 de la page 7: "J'ai eu l'impression d'exister." 

Très belle histoire qui ne tombe absolument pas dans le pathos. Toutefois, un bémol, la fin aurait mérité un choix clair et tranché. La double fin m'a un peu laissée perplexe, comme si l'auteur n'avait pas voulu faire de mal à son personnage sans pour autant en écarter la possibilité.
De plus, force est de constater que l'auteur se perd un peu dans divers sujets et mélange certaines parties de son histoire. Ce qui rend le texte un peu confus, comme si certains choix avaient été trop durs à prendre pour l'auteure. 
Toutefois, "Le faire ou mourir" reste une bonne histoire à mettre entre toutes les mains. 

Extrait: " Ce qu'on a fait le jour de mon anniversaire, ça peut pas se raconter. Les mots il faudrait les inventer parce qu'il en existe pas pour décrire des sensations aussi compliquées, avec des sentiments qui se mélangent tellement que tu sais plus si c'est bon ou si ça fait peur, si tu as honte ou envie, s'il faut s'arrêter ou continuer pour survivre. Parce que c'était ça l'enjeu, on aurait dit, plus que tout, c'était une question de survie. C'était le faire ou mourir."

dimanche 25 octobre 2015

"Max" de Sarah Cohen-Scali

"Max" de Sarah Cohen-Scali
Ed. Gallimard (Scripto) 2012. Pages 473. 

Résumé: "19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !"Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich.

La 7 de la page 7: "Ce serait terrible!..." 


Le roman débute sur un style brutal et parlé qui pourrait rebuter certains mais qui ne m'a pas dérangée. 
Le personnage de Max est paradoxal. On adorerait le haïr mais il n'est qu'un enfant. Ses propos sont infâmes même si ils ont été souvent prononcés dans une période sombre de notre histoire. On voudrait pouvoir juger Max mais le fait qu'il soit un pur produit nazi nous en empêche. Et c'est justement là que réside toute l'intelligence du livre. Il met en scène un petit être effroyable mais conditionné. De ce fait, il nous est difficile de le juger catégoriquement.  Car son conditionnement ne lui permet pas de prendre du recul par rapport aux propos qu'il tient. Il est une page vierge sur laquelle les nazis ont imprimé leur doctrine avant même qu'il ne naisse. Et là réside toute l'efficacité du livre. On sait qu'il pense réellement ce qu'il dit mais il ne comprend pas l'implication de ses paroles. Est-il responsable? Ce n'est qu'un enfant... Même si on voudrait qu'il comprenne les atrocités qu'il dit ou même commet, on ne peut pas vraiment le blâmer car il n'a pas la moindre idée qu'on l'utilise. C'est une arme de propagande et un outil de guerre.
L'arrivée de Lukas fait avancer l'histoire dans des sphères qu'on avait pas venu venir. L'histoire prend un nouveau tournant, plus émotionnel et moins clinique. Lukas est l'élément subversif. Non seulement il incarne tout ce que Max est sensé haïr mais Max s'attache à lui. 
Max cogite. Lukas met à mal toutes les théories qui ont donné la vie à Max. Lukas est l'antithèse de Max. Il change tout. De nouvelles perspectives se profilent. La relation entre les deux personnages est essentielle et pure. 
"Max" est un livre à lire. Tout le monde devrait l'avoir dans sa bibliothèque. Peu orthodoxe, peu politiquement correct, complètement décalé mais symboliquement superbe. 


Extrait: "Exercice de maniement du couteau. La cible sur laquelle nous nous exerçons n'est pas un disque où sont tracés une succession de cercles concentriques. L'instructeur en a fait fabriquer une spécialement pour notre groupe, afin de nous motiver tout en nous amusant. C'est une silhouette d'homme, grandeur nature. Elle représente un Juif. Un vieux Juif au nez plongeant sur la bouche, vêtu de hardes noires et crasseuses, aux doigts crochus en forme de pinces. Il a un abdomen difforme et, à la place du cœur, une grosse pièce d'or. C'est bien évidemment cette pièce que nous devons viser si nous voulons réussir notre tir."

 

"Hunger Games" de Suzanne Collins

"Hunger Games" de Suzanne Collins
Ed. Pocket Jeunesse 2009. Pages 399.
Titre Original: "The Hunger Games"

Résumé: Les Jeux de la Faim ; 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras ?
Dans chaque district de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l'épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an.
Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé...
Les alliances se font et se défont et Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l'antenne. Calcul? Tout est possible, et surtout tout est faussé au sein du Jeu de la Faim...

La 7 de la page 7: "Tout serait parfait s'il s'agissait vraiment d'un jour férié, si nous avions la journée devant nous pour courir la montagne et chasser le dîner de ce soir." 

Le monde est divisé en districts. Les richesses aussi. Dans le district de Katniss, la pauvreté est légion. Afin de soumettre le peuple, le Capitole organise des jeux chaque année. Dans ceux-ci, deux jeunes de chaque district sont tirés au sort pour participer aux jeux. Ces jeux consistent, en fait, en une tuerie générale où le dernier survivant gagne une année d'abondance pour son district. Bref, une version édulcorée de "Battle Royale" à l'américaine. Mis à part qu'ici, l'intrigue met énormément de temps à avancer et à se construire. Et en plus, les personnages sont fort peu sympathiques (Katniss, ado rebelle agaçante et Peeta, lisse au possible) 
Collins se défend de "plagiat". Et elle a tout à fait raison! Ce n'est clairement pas "Battle Royale". Non vraiment pas! En plus, la défense de la "critique sociologique" de "Hunger Games" est rebutante au-delà de toute compréhension. Non, "Hunger Games" n'est pas une critique de la société et de son mode de fonctionnement. Non, c'est juste prendre une histoire déjà existante mais en la modifiant assez pour qu'on ne puisse pas crier au plagiat. 
En plus, il y a un côté "culcul la praline" particulièrement récurrent dans "Hunger Games" qu'il n'y a pas dans "Battle Royale". Les personnages sont hautement agaçant et c'est presque avec dépit qu'on se rend compte que, puisqu'il y a trois tomes, Katniss est plutôt en sécurité dans le premier volet. (Et c'est bien dommage, moi j'avais déjà envie de la voir partir à la page 13...) 
Ce livre m'a juste donné envie de retourner lire "Battle Royale". Ne vous attendez pas à trouver une chronique sur les tomes suivants sur ce blog. La torture a ses limites. 

Extrait: "Il arrive alors une chose inattendue. Pour moi, en tout cas, parce que je ne pensais pas compter dans le district Douze. Mais il s'est produit un changement quand je me suis avancée pour prendre la place de Prim, et on dirait désormais que je suis devenue quelqu'un de précieux. Une personne, puis deux, puis quasiment toute la foule porte les trois doigts du milieu de la main gauche à ses lèvres avant de les tendre vers moi. C'est un vieux geste de notre district, rarement utilisé, qu'on voit parfois lors des funérailles. Un geste de remerciement, d'admiration, d'adieu à ceux que l'on aime."

lundi 12 octobre 2015

"Bilbo le Hobbit" de J.R.R. Tolkien

"Bilbo le Hobbit" de J.R.R. Tolkien
Ed. Le Livre de Poche jeunesse 2014. Pages 444.
Titre Original: "The Hobbit"

Résumé: Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n'aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d'un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n'ont qu'une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

La 7 de la page 7: "A combien de choses vous sert ce mot de "bonjour"! fit remarquer Gandalf." 

Première introduction à Tolkien et à son monde de gobelins, de nains et de hobbits. Je dois avouer que le style "fantasy" n'est pas vraiment ma tasse de thé. Pourtant j'ai adoré ce roman. 
Livre destiné à la jeunesse, ce roman est à mettre entre toutes les mains. J'ai aimé vagabonder dans la forêt en compagnie de ces personnages uniques et de combattre à leur côté. 
L'écriture est soutenue sans pour autant être rébarbative. Une véritable découverte qui sera suivie du reste de l’œuvre de Tolkien. 

Extrait: "Là, dans les profondeurs près de l'eau sombre, vivait le vieux Gollum, une petite créature visqueuse. Je ne sais pas d'où il venait, ni qui il était, ou ce qu'il pouvait être. C'était Gollum : noir comme les ténèbres, hormis deux grands yeux ronds qui luisaient dans son visage émacié. Il avait une petite barque, qu'il promenait sur le lac sans aucun bruit - car c'était bien un lac : vaste, profond, et horriblement froid. Il la manœuvrait de ses larges pieds qui pendaient de chaque côté, mais sans jamais faire la moindre ride sur l'eau. Lui, non, jamais. De ses yeux allumés comme des lampes, il guettait les poissons aveugles, qu'il saisissait entre ses longs doigts à la vitesse de l'éclair. Il aimait aussi la viande. Celle des gobelins lui plaisait, quand il en trouvait ; mais il s'assurait de ne jamais être découvert. Il se contentait de les étrangler par derrière, lorsqu'ils s'aventuraient seuls au bord de l'eau pendant qu'il rôdait alentour."

 

mercredi 7 octobre 2015

"Hate List" de Jennifer Brown

"Hate List" de Jennifer Brown.
Ed. Albin Michel 2012. Pages 389.

Résumé: "C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?"
C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

La 7 de la page 7: "Un geste montrant que si le lycée était prêt à poursuivre, alors moi aussi, peut-être." 

"Hate List" traite malheureusement d'un sujet toujours d'actualités aux États-Unis. Une école. Un élève. Une tuerie. Si d'autres en on parlé magistralement, "Hate List" est plus à mettre dans la catégorie jeunesse. On y parle de remords, de regrets. On est confronté aux regards des autres. On entre pas vraiment dans la psyché de l'événement. On se trouve plus dans les conséquences. Et comme c'est un roman jeunesse, on ne sera donc pas trop dur. Le sujet est déjà assez difficile à traiter de manière juste. Et Brown y arrive parfaitement. De plus, le livre se lit aisément et aborde cette dure thématique avec justesse. 

Extrait: "Sauf que ce matin, le lycée avait un parfum radicalement différent. Jamais il ne retrouverait ce goût à la fois excitant et intimidant qu'il avait le jour de ma première rentrée. Jamais plus je ne l'associerais aux plus belles histoires d'amour du monde, à l'idée d'euphorie, de rire, de travail bien fait - tous les fantasmes des ados quand ils imaginent leur futur lycée. Voilà une nouvelle illusion que Nick nous avait volée ce jour-là. Non seulement il nous avait volé notre innocence et notre sentiment de bien-être, mais il avait aussi réussi à nous dérober nos souvenirs."   

"Made in Vietnam" de Carolin Philipps

"Made in Vietnam" de Carolin Philipps
Ed. Bayard jeunesse 2012. Pages 237.

Résumé: Lan, 14 ans, est ouvrière dans une usine de baskets, au sud du Vietnam. Sa famille a besoin de son salaire pour survivre. Malgré les conditions de travail déplorables, la jeune fille doit apprendre à se taire et à obéir. Ses éclats de rire et son indignation, elle les réserve à Hoa, sa meilleure amie. Cependant, tout au fond d'elle, couve le feu de la révolte...

La 7 de la page 7: "Son salaire sert à financer les livres et les frais de scolarité." 

Ce roman jeunesse se lit vite et se lit bien. L'histoire est bien construite et les personnages sont attachants. Le sujet y est bien abordé pour un public jeune. Ne vous attendez pas à un plaidoyer rugueux sur le travail des enfants en Asie. Ici, on entre plus dans le quotidien d'une enfant prête à exploser contre un système économique bancal. 
"Made in Vietnam" reste ce qu'il doit être: un roman jeunesse qui ne s'implique que superficiellement dans la problématique qu'il aborde. Un bon ouvrage pour faire ouvrir les jeunes à une problématique réelle. 

Extrait: "Les traditions sont à l'homme ce que les racines sont à l'arbre. Seul celui qui plonge ses racines profondément dans le sol résiste à la tempête."