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jeudi 15 février 2018

"Débâcle" de Lize Spit

"Débâcle" de Lize Spit
Ed. Actes Sud 2018. Pages 448.
Titre Original: "Het Smelt"

Résumé: À Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les “trois mous­quetaires” sont inséparables, mais à l’adolescence leurs rap­ports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir l’énigme et ser­vir d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet “été meurtrier” la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c’est elle qui a un plan…
Véritable coup de tonnerre dans le paysage littéraire aux Pays-Bas et en Belgique, immense succès de librairie qui a valu à son auteur les plus grands éloges, Débâcle est un roman choc, servi par une écriture hyperréaliste et intransigeante. Une expérience de lecture inoubliable.

La 7 de la page 7:  Il faut que le nœud soit à la bonne hauteur."

Cela fait maintenant deux ans que je vend ce roman à ma clientèle néerlandophone. Un véritable carton plein pour ce thriller de Lize Spit. C'est donc avec impatience que j'attendais la traduction française. Lorsqu'elle est enfin parue, je me suis jetée sur le roman et l'ai lu à une rapidité déconcertante. 
Et on pourrait croire que c'est un compliment, et en fait, oui et non. Je m'explique, ce roman m'a poussée dans mes retranchements. Un sentiment de malaise s'est vite installé sans jamais vraiment me quitter. Cette impression de catastrophe imminente ne quitte jamais le lecteur qui reste en apnée afin d'avoir le fin mot de l'histoire. Que s'est-il passé entre Eva, Pim et Laurens? Qu'est ce qui a amené ce trio à exploser de manière magistrale. Ce serait facile de croire que, parfois juste l'âge sépare les inséparables. Mais ce n'est pas le cas ici, on ne peut nier l'évidence: quelque chose s'est produit. Et on prédit quelque chose de grave. 
Ce roman m'a fait penser au climat belge après la découverte du drame Julie et Mélissa. Quand enfants, nos illusions et nos libertés se sont évanouies en même temps que nos parents se sont rendu compte que les monstres existaient réellement et vivaient non loin de chez eux. Un climat qui parlera à tous les trentenaires belges. 
Et c'est exactement ce qui va se passer dans ce roman de Spit. Est-ce un thriller? Pas vraiment. Une enquête policière? Ça aurait pu. Mais en fait, c'est un roman sur la perte de l'enfance, l'abandon de cette innocence qui nous rend adulte ou nous détruit telle une pièce d'un puzzle qui restera toujours inachevé. 
Est-ce que j'ai aimé "Débâcle"? Bon sang, non. Je ne l'ai pas du tout aimé. Ce sentiment de malaise de cette enfance gâchée m'a emportée dans des endroits sombres qu'on préfèrerait toutes et tous oublier. Et pourtant, je ne pense pas que le but de ce roman est de se faire aimer. Non. Et c'est sans doute pourquoi ce livre est percutant, brutal et brillamment réussi. Il laisse son lecteur aux abois, ne voulant pas de cette fin qui était pourtant prévisible mais qu'il a refusé d'accepter, ayant trop peur de devoir assister, impuissant, à la débâcle de cette enfance. C'est affreusement brillant. 

Extrait: "Du fait de sa compagnie, j'étais rarement seule. Je me sentais pourtant plus isolée que jamais, faute de pouvoir parler de ce grand secret à Pim et à Laurens, pas seulement parce que j'avais peur qu'il se moquent de moi, mais aussi au cas où ils demanderaient à Mlle Emma de veiller sur eux en plus."

dimanche 21 janvier 2018

"Millenium 5: La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz

"Millenium 5: La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz.
Actes Sud 2017. Pages 399.
Titre Original: "Mannen Som Sökte sin skugga".

Réumé: Suite aux infractions qu'elle a commises en sauvant le petit garçon autiste dans "Ce qui ne me tue pas", Lisbeth Salander est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour négligence constituant un danger public. Lorsqu'elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d'une enfance qui continuent à la hanter ressurgissent. Avec l'aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste de crimes d'honneur et d'abus d'Etat, exhumant de sombres secrets liés à la recherche génétique.

La 7 de la page 7: "Ou bien c'est moi qui me mélange les pinceaux." 

"La fille qui rendait coup pour coup" est le cinquième tome de la saga Millenium, dont le deuxième écrit pat David Lagercrantz. Autant le dire tout de suite, j'avais totalement détesté le dernier tome. Il était trop prévisible et tombait trop dans certains clichés du genre. C'est donc avec crainte que j'ai ouvert le cinquième tome. Et, autant le dire tout de suite, j'ai retrouvé un peu des premiers romans dans ce dernier. On est encore loin de l'écriture et de l'intelligence de Larson, mais "La fille qui rendait coup pour coup" est d'une meilleure qualité que son prédécesseur. 
Les personnages sont déjà plus proches de ceux de Larson. Ils retrouvent de la texture et de la profondeur. Ce dont ils manquaient furieusement dans le tome précédent. 
L'intrigue n'est pas mauvaise même si elle n'atteint jamais la qualité de l'auteur original. 
Oui, il y a quelques passages longs et même parfois ennuyeux. Oui, on est parfois dans une intrigue un peu prévisible. Oui, on est encore loin du travail de Larson. Mais si on veut rester totalement objectif, Lagercrantz surpasse le quatrième tome. On sent un travail plus fourni et on passe, malgré tout, un bon moment lecture. 

Extrait: "Mikael était installé avec son laptop dans le train pour Örebro et parcourait le numéro d'été de Millénium, qui devait partir chez l'imprimeur le lundi suivant. Dehors, il pleuvait des cordes. Selon certaines prévisions, il se préparait un des étés les plus chauds depuis longtemps pour l'instant en tout cas, c'était le déluge.


dimanche 20 août 2017

"Les corps de verre" de Erik Axl Sund

"Les corps de verre" de Erik Axl Sund
Ed. Actes Sud 2015.Pages 422.
Titre Original: "Glaskroppar"

Résumé: Un peu partout en Suède, des jeunes mettent fin à leur vie. Une vague de suicides décidément étrange : chaque fois, les procédés choisis sont déroutants, les mises en scène horriblement méticuleuses… On charge l’inspecteur Jens Hurtig d’enquêter.
Bientôt la police découvre qu’au moment de passer à l’acte les victimes écoutaient une cassette, une mixtape unique créée pour l’occasion par un obscur musicien underground.

La 7 de la page 7: "Hurtig rit." 

Ma dernière rencontre avec les auteurs des "Corps de Verre" s'était assez mal terminée. J'avais terminé le deuxième tome de la saga Victoria Bergman avec la ferme intention de ne pas lire le troisième. Mais ici, il faut bien avouer que le quatrième de couverture m'a assez intriguée pour que je retourne vers eux. Et je ne le regrette absolument pas. "Les corps de verre" est un livre difficilement classable. On le mettrait avec aisance dans la catégorie thriller et pourtant, ce n'en est pas vraiment un. Certes, les codes sont bien ceux du thriller mais l'ambiance, en elle-même, est totalement maîtrisée. Et quelle ambiance... La noirceur de ce roman est exceptionnellement réussie. On entre dans une mélancolie noire. Si il y a beaucoup de personnages, on s'habitue vite à eux et on parvient à comprendre les tenants et les aboutissants sans aucun problème. Tout prend sens au moment voulu. Au fur et à mesure des pages, on se laisse envahir par la noirceur de ce texte quasi envoûtant. Les pages défilent à une vitesse déconcertante avec fluidité. Par contre, la fin est bâclée. Elle est bien trop alambiquée pour qu'on puisse vraiment y croire. Et cela est bien dommage. Mais au-delà de cette fin, l'ambiance en elle-même vaut bien la peine de s'attarder pour un temps dans ce roman dont la noirceur est presque le thème principal. 

Extrait: "Avec l'héroïne, ça a été le coup de foudre immédiat. Elle l'a séduit et est devenue sa camarade de jeu. Désormais, c'est un monstre qui le dévore de l'intérieur. Il va aux toilettes chercher une bande de gaze qu'il serre fort autour de son bras avant d'aller s'asseoir dans le canapé du séjour. La plénitude l'envahit. mais il sait que la sensation est fugace. Putain de bordel de merde. Quand toutes les portes sont closes et qu'on a aucune clé, alors on a le droit d'abandonner. A quoi bon proposer à l'adversaire de jouer la revanche, si la disposition de l'échiquier indique clairement que la partie est perdue d'avance?" 

lundi 14 septembre 2015

"Millénium Tome 4: Ce qui ne me tue pas" de David Lagercrantz

"Millénium Tome 4: Ce qui ne me tue pas" de David Lagercrantz.
Ed. Actes Sud 2015. Pages 512.
Titre Original: Millenium, book 4: Det som inte dödar oss.

Résumé: Quand Mikael Blomkvist reçoit un appel d’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle qui affirme détenir des informations sensibles sur les services de renseignement américains, il se dit qu’il tient le scoop qu’il attendait pour relancer la revue Millénium et sa carrière. Au même moment, une hackeuse de génie tente de pénétrer les serveurs de la NSA...
Dix ans après la publication en Suède du premier volume, la saga Millénium continue.

La 7 de la page 7: "Et ressentit une indéfinissable vague d'émotion dont il s'étonna." 

Si un livre était bien attendu, c'était bien "Millénium Tome 4: Ce qui ne me tue pas" de Lagercrantz.   Reprendre cette saga comportait certains risques. Les lecteurs s'attendaient à retrouver Lisbeth et Mikael. Ceux de Larsson... Et, en ce qui concerne cette prise de risque, Lagercrantz relève le défi haut la main. Il reste fidèle aux personnages d'origine et on retrouve bien notre hackeuse et notre journaliste. Lagercrantz a bien fait ses devoirs en ce qui concerne cet aspect du livre. Mais malheureusement, la comparaison s'arrête là. 
Et pourtant, j'y ai cru! L'histoire était plutôt bien menée, dans ce style un peu lent mais à l'efficacité redoutable. Mais la fin est totalement baclée. Lagercrantz s'enferme et s'enlise dans une histoire qui lui échappe. Il essaie de s'en sortir par une pirouette (qui ouvre la porte à Millénium 5) mais ce n'est pas crédible. Et c'est bien dommage. Peut-être s'est-il trop concentré sur la prise en main des personnages... Et pas assez sur l'aboutissement de son histoire. 
Toutefois, tout n'est pas négatif dans le roman. Si Lagercrantz devait faire un "Millénium 5", il est probable que je le lise même si "Ce qui ne me tue pas" m'a fortement déçue. On est en droit d'espérer que, maintenant qu'il tient bien les personnages, il puisse, enfin (et avec moins de pression) mettre en place une histoire qui, elle, sera digne du "Millénium" de Larsson. 

Extrait: "Mikael ne savait pas vraiment à quoi il s'attendait, sans doute à un jeune des beaux-quartiers de Stureplan, un fils à papa. Mais ce fut un type miteux qui se présenta à lui. Un petit gars avec un jean troué, des longs cheveux foncés crasseux et un regard las, fuyant. Il avait dans les vingt-cinq ans, peut-être un peu moins. Une mèche lui barrait les yeux, il avait une vilaine peau et une sale plaie à la lèvre. Linus Brandell n'avait rien d'un homme assis sur le scoop du siècle."

"Millénium Tome 3: La reine dans le palais des courants d'air" de Stieg Larsson

"Millénium Tome 3: La reine dans le palais des courants d'air" de Stieg Larsson. 
Ed Actes Sud 2007. Pages 710. 
Titre Original: Millenium, book 3: Luftslottet som sprängdes. 

Résumé: Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s'ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d'une série rapidement devenue culte. Le lecteur du deuxième tome l'espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n'est pas morte.
Ce n'est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l'hôpital, dans l'incapacité physique de bouger et d'agir. Coincée, elle l'est d'autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu'elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu'elle... Il n'existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l'ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent. Côté forces du bien. on peut compter sur Mikael blomkvist, qui, d'une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d'autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d'Etat qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l'aide d'Armanskij, reste à savoir s'il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d'une publication concurrente.

La 7 de la page 7: "L'intervention d'un neurochirurgien allait probablement s'imposer." 

Après un deuxième tome un peu plus faible que le premier, Larsson nous offre "La reine dans le palais des courants d'air", troisième volet de la trilogie "Millénium". 
Une fin en apothéose. Un véritable feu d'artifice. Tout ce qui fait un bon policier est dans ce livre. 
On quitte les personnages avec tristesse et déception de ne plus les revoir. 
Une trilogie maîtrisée de bout en bout par Larsson qui, décidément, nous a quitté trop tôt...
Une trilogie qui marquera certainement les esprits. 
A lire de toute urgence. 

Extrait: "Mikael Blomkvist ne voyait pas la voiture avec l'immatriculation K A B et n'avait pas le sentiment d'être surveillé, mais il préféra ne rien laisser au hasard le lundi lorsqu'il se rendit de la librairie universitaire à l'entrée secondaire du grand magasin NK pour ressortir aussitôt par l'entrée principale." 

"Millénium Tome 2: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" de Stieg Larsson

"Millénium Tome 2: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" de Stieg Larsson. 
Ed. Actes Sud 2006. Pages 652. 
Titre original: Millenium, book 2: Flickan som lekte med elden. 

Résumé: Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium.
Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?

La 7 de la page 7: "Elle avait des cheveux châtains mi-longs, un visage ovale et un corps mûr qui aurait pu sortir tout droit d'un catalogue de vente par correspondance, aux pages sous-vêtements." 

Deuxième tome de la saga "Millénium", "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" continue de nous emmené dans l'univers noir de Lisbeth. En effet, si Larsson nous envoie d'abord sur des pistes différentes, celles-ci ne mènent qu'à un seul endroit: Miss Salander. 
Ce tome est surtout centré sur la hackeuse de génie. On en apprend plus sur elle et sur son passé. On comprend de mieux en lieux pourquoi Lisbeth est devenue ce qu'elle est! 
Les personnages sont toujours aussi efficaces et l'histoire tient toujours la route. 
Il y a cependant un petit bémol à mentionner: ce tome deux semble être, surtout, une transition vers le troisième volet. On sent que l'intrigue du roman n'est qu'un prétexte, une sorte d'introduction à ce qui va suivre. 
Un conseil? Continuez immédiatement le troisième volet pour continuer cette histoire qui continue de nous scotcher page après page. 

Extrait: "Quand Mikael Blomkvist revint à la rédaction après son déjeuner tardif, il alla directement s'enfermer dans son bureau, signalant ainsi qu'il ne voulait pas être dérangé. Il n'avait pas encore le temps de s'occuper de toute l'information secondaire dans les mails et les notes de Dag Svensson. pour l'heure, il fallait qu'il réexamine le livre aussi bien que les articles d'un œil nouveau, sachant désormais que l'auteur était mort et ne pouvait plus répondre aux questions pointues." 
 

"Millénium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson

"Millénium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson. 
Eds. Actes Sud 2006. Pages 574. 
Titre Original: Millenium, book 1: Män som hatar kvinnor. 

Résumé: Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire. 

La 7 de la page 7: "Du mauvais côté du micro"

Premier tome de la saga "Millénium", "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" est plutôt une réussite. Une belle réussite. Dans le style procédural, cher à la littérature policière suédoise, ce premier volet de la série nous fait trépigner d'impatience pour le second tome. 
L'histoire est efficace et les personnages diablement intéressants et attachants. On passe de Blomkvist à Salander avec un plaisir jouissif. On reste en apnée en suivant leurs aventures. 
Là où Larsson fait carton plein, c'est dans le choix paradoxal de ses protagonistes qui tiennent plus de l'anti-héro qu'autre chose. Ils portent leurs cicatrices avec fierté et sont le résultat de leurs choix et de leurs inactions. 
Un pur régal. 
Vite... La suite! 

Extrait: "En CM2, Lisbeth Salander avait eu des démêlés avec un garçon beaucoup plus grand et fort qu'elle. D'un point de vue purement physique, elle n'avait pas représenté un grand obstacle pour lui. Pour commencer, il s'était amusé à la faire tombé plusieurs fois, puis il l'avait giflée quand elle essayait de contre-attaquer. Rien à faire, malgré sa supériorité, cette idiote continuait à le chercher, et au bout d'un moment même les autres élèves avaient commencé à trouver que ça allait trop loin. Elle était si manifestement sans défense que ça en devenait pénible. Finalement, le garçon lui avait balancé un coup de poing magistral qui lui avait fendu la lèvre et lui avait fait voir trente-six chandelles. Ils l'avaient abandonnée par terre derrière le gymnase. Elle était restée à la maison deux jours. Au matin du troisième jour, elle attendait son tortionnaire avec une batte de base-ball et la lui abattit sur l'oreille. Ceci lui valut une convocation chez le principal qui décida de porter plainte contre elle pour coups et blessures, ce qui eut pour résultat une enquête sociale."

lundi 6 juillet 2015

"Notre Besoin de Consolation est Impossible à Rassasier" de Stig Dagerman

"Notre Besoin de Consolation est Impossible à Rassasier" de Stig Dagerman. 
Ed. Actes Sud 1993. Pages 20. 
Titre Original: "Värt Behov av Tröst" 

Résumé: Depuis la découverte, en 1981, de ce texte où Stieg Dagerman, avant de sombrer dans le silence et de se donner la mort, fait une ultime démonstration des pouvoirs secrètement accordés à son écriture, le succès ne s'est jamais démenti. On peut donc, aujourd'hui, à l'occasion d'une nouvelle édition de ce " testament ", parler d'un véritable classique, un de ces écrits brefs dont le temps a cristallisé la transparence et l'inoubliable éclat.

La 7 de la page 7: "Mais, venant d'une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s'approche le miracle de la libération." 

Dans "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier", Dagerman nous livre son testament. En effet, l'auteur met fin à ses jours en 1954, soit deux ans après l'écriture de cet essai. 
Sans remettre en cause le propos de Dagerman et l'impact colossal de ce texte, on reste sur un goût de "trop" dans ce texte. Si on y sent la souffrance d'un homme qui ne veut plus, ne peut plus, on y trouve également un ton brutal mais surtout déplaisant. Plaintif. Geignard. On ne peut que constater l'abandon total et en même temps on y trouve une apologie de la vie. On tente de comprendre le désarroi mais on se rend vite compte qu'on ne peut luter avec l'auteur. Il pose ses questions et ne laisse aucune porte ouverte à d'autres réponses que les siennes. On est exclut et on se retrouve enfermé dans un désespoir qui n'est pas le nôtre et qui nous empêche l'empathie nécessaire à la bonne réception des propos de l'auteur.

"Le Convoi de l'Eau" de Akira Yoshimura

"Le Convoi de l'Eau" de Akira Yoshimura. 
Ed. Actes Sud 2009. Pages 173. 
Titre original: Mizu No Sôretsu. 

Résumé: Un homme étrange s'engage au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue, se révèlent les contours d'un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l'exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau. Des images de toute beauté, inoubliables.

La 7 de la page 7: "Le matériel, la nourriture et les tentes sur le dos, nous avions traversé des fonds denses, remonté des cours d'eau, franchi des escarpements à l'aide d'échelles de cordes et de câbles, marchant sans discontinuer vers le Nord grâce aux cartes et aux boussoles." 

Sans mentir, l'histoire en elle-même n'est pas très passionnante. J'ai eu du mal à entrer dans ce monde très (trop?) fermé de ces hommes qui marchent et de ces villageois isolés et tenaces. 
Toutefois, force est de constater que, là où l'histoire blesse, la plume est particulièrement belle et juste. On s'intéresse plus à la beauté des mots qu'à la beauté de l'histoire. 
"Le Convoi de l'Eau" fait partie de ces livres qui ne nous laissent pas un souvenir impérissable mais dont la plume nous touche et nous donne envie d'aller plus loin dans l’œuvre de l'auteur. 

Extrait: "De l'avant de la file nous parvint un joyeux tumulte. Les voix qui s'élevaient dans la pénombre de la forêt déclenchèrent les cris aigus et les battements d'ailes d'oiseaux sauvages."