samedi 24 octobre 2015

"Roadmaster" de Stephen King

"Roadmaster" de Stephen King
Ed. Albin Michel 2004. pages 444.
Titre Original: "From A Buick 8"

Résumé: Un inconnu s'arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie, au volant d'une Buick "Roadmaster", un magnifique modèle des années 1950... qu'il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus.
Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d'Etat, et rien n'a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour, et qu'elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcow, le fils du policier initialement chargé de l'enquête, mort depuis dans un mystérieux accident. Et si rouvrir les portières de la mystérieuse automobile revenait à ouvrir les portes de l'horreur ?

La 7 de la page 7: "Statler, le véhicule est une Volkswagen Jetta, son numéro est 14-0-7-3-9 Foxtrot, P.A." 

Stephen King est un auteur prolifique. Très prolifique. Et comme toujours avec ce genre d'auteur, il y a des histoires qui semblent "forcées". Malheureusement, "Roadmaster" fait partie de ses romans. L'intrigue est usée et déjà utilisée avant même de commencer. On peut adorer un auteur sans pour autant tomber dans la facilité d'aimer tout ce qu'il écrit sans garder son sens critique. Si il n'y a rien à redire à la plume de King, force est de constater que l'histoire, ici, est dénuée d'intérêt. Je me suis fermement ennuyée tout au long de ce roman. Impossible de s'attacher aux personnages. Impossible de s'intéresser à l'intrigue. Ce n'est certainement pas un des chefs-d’œuvre de King. Passez votre chemin, d'autres de ses romans sont beaucoup plus intéressant que "Roadmaster". 

Extrait: "Au moment où je prenais place à côté de lui sur le banc, l’idée m’est venue de lui entourer les épaules de mon bras, mais je l’ai chassée. Si un geste tel que celui-là doit passer dans la médiation de la pensée, on invariablement l’impression qu’il a quelque chose de factice. Je suis un célibataire endurci, et si on gravait mes connaissances en matière de paternité sur une tête d’épingle, on aurait encore la place d’y inscrire le texte complet du Notre-Père. "  

mardi 20 octobre 2015

"Battle Royale" de Koushun Takami

"Battle Royale" de Koushun Takami
Ed. Le Livre de Poche 2008. Pages 830.

Résumé: Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de "Battle Royale". Chaque année, une classe de 3ème est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant... Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades.

La 7 de la page 7: "Shinji présentait un autre avantage en sus de son physique de sportif." 

Autant le dire tout de suite, j'ai reçu "Battle Royale" comme une gifle. Une petite merveille de 830 pages qui se lit avec une facilité et une rapidité déconcertante. 
Le principe du roman est très simple: une classe tirée au sort se retrouve sur une île. Le but? Qu'il n'en reste qu'un.  
Ce roman est cruel et implacable. Il est aussi formidablement bien détaillé et bien écrit. Takami ne tombe jamais dans le pathos. Il nous jette dans une situation terrible. On s'attache à des personnages tout en sachant qu'ils risquent leur vie à chaque page. Les réactions des élèves sont différentes et sont compréhensibles (même les pires) Takami ne nous laisse jamais respirer. Il enquille les situations sans redondance et sans lasser son lecteur.  Et cela de la première à la dernière page. 

Extrait: " Cette espèce de vulgaire connard m'a bousillé le doigt ! Un doigt de ma main droite, celle qui manipule avec tant d'agilité l'archet du violon ! Non c'est pas vrai, j'y crois pas ! Pourtant dans les films, quand le pistolet saute, il saute tout seul, jamais en emportant un doigt !"

"Coeurs perdus en Atlantide" de Stephen King

"Cœurs perdus en Atlantide" de Stephen King
Ed. Albin Michel 2001. Pages 553.
Titre Original: "Hearts in Atlantis"

Résumé: 1960 : Enfant triste et rêveur, entre un père disparu et une mère en proie à des soucis d'argent, Bobby fait la connaissance d'un étrange voisin, qui se dit traqué par de mystérieuses crapules en manteau jaune.
1966 : A l'université, Pete mène joyeuse vie entre la musique, la contestation et les parties de cartes, sur fond de guerre au Vietnam. 1983 : Willie, vétéran de la guerre, gagne sa vie en jouant les aveugles, une cécité qui est aussi une forme de provocation. Des destins différents qui se croisent autour d'une femme, Carol. Tous l'ont aimée. Bobby la retrouvera. L'Atlantide ? C'est l'Amérique de leur jeunesse, au long de ces sixties devenues légendaires mais qui, nous rappelle l'auteur, ont bel et bien existé...

La 7 de la page 7: "Le nouveau locataire appartenait à la troisième catégorie." 

Ce n'est pas vraiment un secret, j'aime beaucoup Stephen King. Mais au-delà des histoires d'horreur, d'épouvante etc. ce sont surtout ses histoires plus "humaines" que je préfère. Bien sûr, il y a toujours une dose de paranormal ou d'angoisse dans ses romans mais "Cœurs perdus en Atlantide"   est définitivement à mettre dans la catégorie "humaine" de Stephen King. 
Ici, il revient dans les années 60 afin de mettre en place une histoire touchante et intrigante. Les personnages sont mystérieux et cachent de nombreux secrets qu'on se délecte de découvrir. L'écriture de King est toujours aussi efficace, surtout quand il sort des sentiers battus pour nous conter une histoire qui parle à notre inconscient et à nos émotions plutôt qu'à nos peurs. 
Un très bon moment passé avec le maître de l'épouvante. 

Extrait: "On trouve aussi des tas de livres écrits de manière admirable mais dont les histoires ne sont pas très bonnes. Sache lire parfois pour l'histoire, Bobby. Ne sois pas comme ces snobinards qui refusent de le faire. Mais lis aussi parfois pour les mots, pour la langue. Ne sois pas non plus comme ces frileux qui ne s'y risqueraient pas. Et le jour où tu tombes sur un bouquin qui raconte une bonne histoire et qui en plus est bien écrit, chéris-le comme un trésor."

"Monsieur Maléfique et autres nouvelles" de Truman Capote

"Monsieur Maléfique et autres nouvelles" de Truman Capote
Ed. Folio 2008. Pages 101. 
Titre Original: "A Tree of Night and other stories"

Résumé: Jusqu'à dix dollars pour les meilleurs ! C'est ce que M. Revercomb est prêt à vous donner pour que vous lui racontiez vos rêves soigneusement notés et mis en fiches par sa secrétaire... La jeune Sylvia saisit l'opportunité et quitte son métier de sténo. Mais pourquoi surnomme-t-on Revercomb, M. Maléfique ? N'y a-t-il pas un prix à payer lorsque l'on vend ses rêves ?

La 7 de la page 7: "alors j'ai quitté le bureau de bonne heure." 


On entre bien dans l'histoire. On s'attache vite à Sylvia et on comprend bien ses intentions et ses motivations. Le propos ici est que les rêves ne devraient jamais être à vendre car ils font partie intégrante de nous-même. Ils sont le miroir de notre âme. Vendre ses rêve, c'est vendre un peu de nous-même. On donnera une mention spéciale à la subtilité du texte et à sa fluidité. L'écriture est fluide et on prend du plaisir à lire ces nouvelles. De plus, les histoires ont juste le bon nombre de pages. On ne reste pas sur un goût de trop peu et on se rend vite compte, que, plus long, cela aurait été un peu trop tiré sur la corde. 

Extrait: "Preacher, lui aussi, aurait bien cueilli pour elle toutes les roses de la Chine. Il en était aussi fou que Billy Bob, mais Miss Bobbit ne leur accordait aucune attention. Tout ce que nous eûmes d'elle, ce fut un mot adressé à tante El et la remerciant pour les fleurs. Jour après jour, elle venait s'asseoir sur le perron, toujours sur son trente et un, et brodait, peignait ses boucles ou lisait un dictionnaire Webster, cérémonieuse, mais aimable tout de même.

 

jeudi 15 octobre 2015

"Le Mensonge" de Hallie Ephron

"Le Mensonge" de Hallie Ephron
Ed. France Loisirs 2009. Pages 334.
Titre Original: "Never Tell a Lie"

Résumé: Ivy mène une vie paisible avec son mari David. Après deux fausses-couches, elle attend de nouveau un enfant. À l’occasion d’un vide-grenier, le couple retrouve une camarade de classe, Melinda, également enceinte et qui semble bien connaître leur maison. Le lendemain, Melinda a disparu ; ses vêtements ensanglantés sont retrouvés dans une vieille malle devant chez eux, et son sac à main avec un couteau derrière l’entreprise de David. Il est aussitôt arrêté par la police. Ivy, sur le point d’accoucher, décide alors de mener sa propre enquête. Deux autres cadavres, des photos de David chez Melinda, et Melinda qui réapparaît... le mystère s’épaissit !

La 7 de la page 7: "-Non, mais ma mère collectionne les cygnes, ou du moins, elle les collectionnait." 

"Le Mensonge" est un bon petit roman policier. L'histoire, si elle est prévisible, est cependant bien racontée. Sans fioriture, Ephron va à l'essentiel sans tarder sur trop d'énigmes secondaires. 
Les personnages sont plutôt crédibles et on a envie que tout se déroule bien pour eux. Même si on peut regretter un certain manque de profondeur psychologique chez certains d'entre eux. Il y a quelques bons rebondissements. On passe un bon moment. 

Extrait: "Brush Hills. La police du Massachusetts est toujours à la recherche d'une piste, après la disparition de Melinda White, âgée de trente-trois ans, que personne n'a revu depuis samedi. Hier, les autorités ont diffusé un communiqué pour signaler que cette jeune femme enceinte pourrait avoir été victime d'un mauvais coup."  
 

"Mephisto Club" de Tess Gerritsen

"Mephisto Club" de Tess Gerritsen
Ed. France Loisirs 2009. Pages 489.
Titre Original: "The Mephisto club"

Résumé: Ecrite en lettres de sang, une inscription latine - j'ai péché - est découverte sur la scène du crime effroyable d'une jeune femme retrouvée démembrée. Beau présent en cette nuit de Noël pour le médecin légiste Maura Isles et l'inspectrice Jane Rizzoli! Très vite, leur enquête les mène à une imminente psychiatre à la réputation controversée, membre d'une socièté secrète dont le but avoué est l'étude et la chasse du démon. Mais alors que les meurtres macabres se succèdent et que l'horreur s'intensifie, une question se pose: entre des érudits férus de symbolisme religieux et l'auteur de crimes monstrueux, qui représente réellement le mal?

La 7 de la page 7: "Maura Isles s'arrêta sur le parvis de Notre-Dame de la Divine Lumière, hésitant." 

Globalement, "Mephisto Club" est un bon thriller policier. Les personnages sont bien écrits et donnent envie de suivre leurs aventures. L'histoire quant à elle est assez bien tournée. Elle est aussi extrêmement dérangeante. En effet, on vit cette histoire en même temps que les personnages. On découvre les éléments en même temps qu'eux et on se sent parfois mal à l'aise d'être témoins de ces meurtres. Mélange entre vie privée et vie professionnelle, ce roman policier est très bien ficelé et est très agréable à lire. 

Extrait: "- Vous croyez vraiment qu'ils existent, ces monstres, ces démons ?
               - Je ne le crois pas : je le sais.
" 

"L'hippopotame" de Stephen Fry

"L'hippopotame" de Stephen Fry
Ed. Belfond 2000. Pages 358.
Titre Original: "The hippopotamus"

Résumé: En Angleterre, les acteurs écrivent aussi bien qu'ils jouent la comédie... Ce n'est pas Stephen Fry, aussi efficace à l'écran que la plume à la main, qui fera taire la rumeur. Dans L'Hippopotame, son second roman (après Mensonges, mensonges), il dresse un étrange tableau de famille, sur fond de riche société anglaise, et dévoile en trompe-l'oeil les secrets des uns et les obsessions des autres. Au premier plan, avec cet humour juste et raffiné, teinté d'une méchanceté toute britannique, Fry dépose son hippopotame, Ted Wallace.
L'individu aime les femmes, l'argent, le whisky... Snob et acariâtre, ce poète à la plume de fiel compte dans ses relations quatre-vingt-quinze pour cent d'ennemis et cinq pour cent d'amis intéressés. Alors qu'il noie dans l'alcool son échec professionnel au bar d'un club de Soho, il tombe sur Jane, sa filleule, qui lui annonce bientôt qu'elle est atteinte d'une maladie mortelle. Une révélation qui n'aurait guère concerné notre ami Ted si elle n'était suivie d'une proposition : cent mille livres pour enquêter sur un miracle qui aurait eu lieu dans la magnifique propriété de l'oncle de Jane : Michael Logan. Un richissime industriel que Ted connaît bien...

La 7 de la page 7: "Le grand dramaturge avait dix minutes de retard, naturellement, et il traversa la salle au pas de charge sans même me voir." 

 Si l'histoire est originale et que les personnages sont bien curieux, c'est surtout la plume qui m'a plu dans "L'hippopotame". Fry trouve les mots justes et pique là où il faut. Ce roman est hilarant. Une bonne critique de l’establishment anglais, on se prend d'affection pour ces personnages totalement atypiques et complètement barrés. 
Un véritable régal, page après page. On en redemande. 

Extrait: "Les rayons du soleil caressaient l'autel, faisaient luire les calices, les patènes et les bougeoirs, la mitre de l'évêque et nos jeunes têtes néophytes, nimbant l'ensemble d'un halo doré qui semblait calculé pour toucher dans l'auditoire l'athée le plus endurci et le pousser à s'agenouiller pour hurler sa foi inconditionnelle...Un tas de conneries naturellement. La seule chose qui luisait, cet après-midi là, c'était la goutte qui pendait au nez de l'évêque."

"Dôme" de Stephen king


"Dôme" de Stephen King
Ed. Le Livre de Poche 2013. Pages 1584.
Titre Original: "Under the Dome"

Résumé: Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

La 7 de la page 7: "Et Barbie eut vaguement l'impression de la reconnaître, sans pouvoir en être certain; car c'était la folie au Sweetbriars Rose les dimanches matins." 

L'idée est simple et pourtant terriblement efficace. Un jour, sans prévenir, un dôme est apparu au-dessus d'une petite ville. On ne peut pas le franchir. Les habitants sont donc prisonniers. Les personnalités se révèlent et on obtient un laboratoire social plus qu'intéressant et surtout très inquiétant. 
Comme on l'a dit, l'idée est simple et efficace et pourtant je suis restée sur ma faim. Ce n'est certainement pas en raison des personnages qui sont variés et très attachants (et d'autres dont le côté angoissant nous happe complètement). Ce n'est pas non plus l'écriture. C'est du Stephen King pur jus. Et j'aime beaucoup sa plume. Non, là où le bas blesse, c'est dans la fin. Elle est bâclée. On n'y croit pas une seule seconde. "Dôme" est une excellente histoire qui aurait mérité un fin en apothéose. Malheureusement, ce n'est pas le cas et on reste perplexe en lisant le dénouement de cette fantastique histoire. 

Extrait:  "En fin de compte, il n'y avait que deux règles pour vivre avec la peur (il avait fini par admettre que dominer sa peur était un mythe), et il se les répétait pendant qu'il attendait.
Je dois accepter les choses sur lesquelles je n'ai aucun contrôle.Je dois transformer l'adversité en avantage pour moi.
"

"Le Cercle des Poètes Disparus" de N.H. Kleinbaum

"Le Cercle des Poètes Disparus" de N.H. Kleinbaum
Ed. Le Livre de Poche 1990. Pages 191.
Titre Original: "Dead Poets Society"

Résumé: Il fut leur inspiration. Il a transformé leur vie à jamais. A Welton, un austère collège du Vermont, dans les années 60, la vie studieuse des pensionnaires est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau professeur de lettres, M. Keating.Ce pédagogue peu orthodoxe va leur communiquer sa passion de la poésie, de la liberté, de l'anticonformisme, secouant la poussière des autorités parentales, académiques et sociales.Même si le drame - le suicide d'un adolescent déchire finalement cette expérience unique, même si Keating doit quitter le collège, il restera pour tous celui qui leur a fait découvrir le sens de la vie. Le roman du film-événement de Peter Weir, Oscar 1990 du meilleur scénario, qui a bouleversé des centaines de milliers de spectateurs.

La 7 de la page 7: "Sur la plus haute marche du parvis, comme un vicaire contemplant ses ouailles à la sortie du service dominical, le doyen Nolan assistait aux adieux qui échangeaient les familles." 

 "Le Cercle des Poètes Disparus" est une critique du système scolaire américain trop élitiste. Des jeunes gens de bonnes familles qui sont formatés par un système éducatif trop rigide voient leur quotidien changer avec l'arrivée d'un nouveau professeur, Monsieur Keating. 
Le livre se laisse lire facilement. Les personnages sont attachants et bien écrits. On passe quelques heures bien agréables en compagnie de ces jeunes esprits et de leur professeur atypique. 

Extrait: "Messieurs, nous portons tous en nous ce désir d'être accepté; mais tâchez d'encourager ce que vous portez d'unique ou de différent, même si vous devez pour cela vous faire taxer d'excentrique. Je cite Frost: "Deux routes se sont offertes à moi; j'ai choisi la moins fréquentée et ça a fait toute la différence.""

"La Part de l'Autre" de Eric-Emmanuel Schmitt

"La Part de l'Autre" de Eric-Emmanuel Schmitt
Ed. Le Livre de Poche 2003. Pages 503.

Résumé: 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."

La 7 de la page 7: "Quoi? Pas du tout!" 
 
On s'est tous déjà demandé ce qui se serait passé si un élément du passé se trouvait modifié. Ici, Schmitt entrevoit un monde où Hitler aurait été accepté à l’École des Beaux-Arts. On ne peut pas reprocher à l'auteur de manquer d'ambition. Par contre, poser des questions aux lecteurs et leur donner des réponses aussi simplistes que celle proposées par l'auteur est vraiment dommage. 
Le livre se scinde en deux parties. La première traite du cours de l'Histoire inchangée. Et il y a déjà, là, des incohérences chronologiques que peu d'élèves en Histoire commettraient. Quand on s'attaque à une partie historique, quelle qu'elle soit, on est en droit d'espérer une certaine justesse. Or ici, il y a des détails qui titillent un peu et qui pèchent par arrogance. 
La deuxième partie traite du cours de l'Histoire changée. Et là on tombe dans un espèce de pathos dégoulinant de bons sentiments. 
Bon sang que ce livre est réducteur! Si le livre est ambitieux et le sujet terriblement intéressant, le produit fini est plus que décevant. On soupire. On tourne les pages en haussant les épaules et les yeux roulent dans nos orbites.

Extrait:  "Depuis le début du conflit, il comptabilisait ce qui différenciait les hommes des bêtes ; pour l'instant, il avait trouvé le tabac, l'alcool et la guerre. Trois manières de se tuer plus vite. Au fond, l'homme se distinguait de l'animal par une impatience de la mort."

"Le Crime de L'Orient-Express" d'Agatha Christie

"Le Crime de l'Orient-Express" d'Agatha Christie
Ed. Le Livre de Poche 1997. Pages 218.
Titre Original: "Murder on the Orient-Express"

Résumé: Alors qu'il rentre de mission et compte s'arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d'urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l'année, l'Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l'aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n'aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s'étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l'assassin de s'enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l'enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent !

La 7 de la page 7: "Au déjeuner, tous deux se retrouvèrent à la même table et feignirent d'ignorer la présence du troisième voyageur." 

 Chef-d’œuvre policier par excellence, "Le Crime de l'Orient-Express" est un roman magistral. De par l'écriture, les personnages, les rebondissements et le dénouement, Christie offre ici un roman particulièrement bien ficelé où on ne voit pas la fin arriver. Les personnages sont particulièrement bien décrits et l'agencement de l'histoire est très efficace. On retrouve Hercule Poirot au sommet de son art. Et on en redemande.
Avec "Le Crime de l'Orient-Express", Christie approche la perfection du roman policier. A lire et à relire! 

Extrait: "Mary Debenham apparut, la tête rejetée en arrière d'un air de défi. Ses cheveux noirs découvrant son front, la fierté de son masque, tout dans son aspect altier rappelait la figure de proue d'un navire fendant vaillamment les flots d'une mer démontée."

"Le Bûcher des Vanités" de Tom Wolfe

"Le Bûcher des Vanités" de Tom Wolfe
Ed. Le Livre de Poche 2006. Page 914.
Titre Original: "The Bonfire of the Vanities"

Résumé: Sherman McCoy mène une vie luxueuse entre Wall Street, dont il est l'un des jeunes lions, et Park Avenue. Un soir, revenant de l'aéroport avec sa maîtresse, il rate la sortie de l'autoroute, et se perd dans le Bronx. Au moment où il croit enfin échapper à ce quartier de tous les dangers, deux jeunes noirs s'avancent, menaçants, vers sa Mercedes... Le couple parvient à s'enfuir, mais écrase l'un des deux hommes. Pour Sherman McCoy, c'est le début de la chute. Sa vie affective et professionnelle est pulvérisée, et l'univers dont il se croyait le maître flambe sur le bûcher de toutes les vanités.Graduellement, inexorablement, l'étau se resserre, sans que l'on sache, jusqu'aux toutes dernières pages, comment le cauchemar se terminera.

La 7 de la page 7: "Et Queens!" 

Bon, on ne va se mentir, ce livre est un véritable parpaing! Mais qu'il en vaut la peine! De plus, on ira même jusqu'à dire que le nombre de pages est nécessaire. En effet, Wolfe met en place une intrigue complexe avec de nombreux personnages. Donc, il faut bien du temps (et des pages) pour tout bien mettre en place. Et une fois que c'est fait, ce roman est une pure merveille. On tourne les pages sans s'en rendre compte tellement on est pris par l'histoire. L'écriture de Wolfe est fluide mais aussi percutante qu'un uppercut dans la mâchoire. Dans "Le Bûcher des Vanités", Tom Wolfe met en scène une société américaine en déroute. D'un côté la pauvreté et de l'autre des nantis qui se croient tout permis. Et c'est en cela que "Le Bûcher des Vanités" est une réussite colossale, la critique caustique de la société sert l'histoire sans prendre le pas sur le récit. 
Un coup de maître. 

Extrait:  "Et à cet instant, Sherman fit la terrible découverte que les hommes font sur leur père, tôt ou tard. Pour la première fois, il se rendit compte que l'homme en face de lui n'était pas un père vieillissant, mais un garçon, un garçon comme lui-même, un garçon qui avait grandi et avait eu un enfant à lui et qui, de son mieux, par sens du devoir et, peut-être, par amour, avait adopté un rôle appelé Etre un père pour que cet enfant possède quelque chose de mythique et d'infiniment important : un Protecteur, qui garderait un œil sur toutes les possibilités chaotiques et catastrophiques de la vie. Et voilà que ce garçon, ce grand acteur, avait vieilli, était devenu fragile et épuisé, plus las que jamais à la pensée de devoir remettre l'armure du Protecteur sur son dos, maintenant, si près de sa fin."

"Le Meurtre de Roger Ackroyd" d'Agatha Christie

"Le Meurtre de Roger Ackroyd" d'Agatha Christie.
Ed. Le Livre de Poche 2002. Pages 333.
Titre original: "The Murder of Roger Ackroyd"

Résumé: Un soir, dans sa propriété de Fernly Park, l'industriel Roger Ackroyd se confie à son ami le Dr Sheppard. Le veuve qu'il envisageait d'épouser s'est suicidée pour échapper à un chantage. Dans une ultime lettre, elle lui révèle le nom de celui qui détient un terrible secret : un an plus tôt, elle a assassiné son mari.

La 7 de la page 7: "Et très vite, chacun put s'apercevoir que Roger Ackroyd et Mrs Ferrars semblaient s'entendre à merveille." 

Il est très difficile de parler de ce livre et de pourquoi je l'ai aimé sans révéler la fin. Car c'est justement dans cette fin que réside l'originalité du "Meurtre de Roger Ackroyd".  Il vous faudra donc trouver cette originalité par vous-même... Et vous verrez, c'est succulent!
Sinon, c'est, somme toute, une histoire de Hercule Poirot assez semblable aux autres. La plume de Christie est toujours aussi efficace et les personnages sont toujours bien campés.

Extrait: "S'il faut en croire Kipling,la devise de la gent mangouste tiendrait en quatre mots : Va, cherche et trouve.Et selon moi la mangouste conviendrait parfaitement comme emblème à ma soeur Caroline, à supposer qu'elle s'inventât des armoiries.Quant à la devise, le dernier mot suffirait. Caroline n'a jamais besoin d'aller nulle part: elle trouve.Sans bouger de chez elle ni faire le moindre effort.Comment s'y prend elle ? Je l'ignore mais c'est un fait: rien ne lui reste caché.Ou bien peu de choses. J'incline à croire que domestiques et livreurs lui servent d'agents de renseignements." 

"La Ligne Verte" de Stephen King

"La Ligne Verte" de Stephen King.
Ed. 84 1997. Pages 399.
Titre Original: "The Green Mile"

Résumé: Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey - ce grand Noir au regard absent, comdamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes - qui défraya la chronique en 1932.
La ligne verte est le reflet d'un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisé par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore avec sa matraque et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

La 7 de la page 7: "Caffey a secoué lentement sa grosse tête, une fois à gauche, une fois à droite, puis ses yeux se sont posés sur moi et ne m'ont plus quittés."

Si Stephen King ne doit écrire qu'un seul chef-d’œuvre, ce sera probablement "La Ligne Verte". L'auteur maîtrise son sujet de bout en bout et nous livre une œuvre magistrale qui prend le lecteur aux tripes. 
Mais au-delà de cela, "La Ligne Verte" est également un vibrant plaidoyer contre la peine de mort. Son absurdité. Sa barbarie. Le lecteur vibre aux côtés de ces personnages magnifiquement écrits et cette histoire magiquement envoûtante. 
Les pages filent et défilent sans qu'on s'en rende compte et on arrive à la fin avide de nouvelles pages, encore et encore. 
Un vrai régal. 

Extrait: "Mais pour ceux qui devaient vraiment s'asseoir sur cette chaise, l'humour n'était pas au rendez-vous. J'ai présidé à soixante-dix-huit exécutions pendant tout le temps que j'ai servi à Cold Mountain (un chiffre sur lequel ma mémoire n'a jamais hésité ; je m'en souviendrai sur mon lit de mort), et je peux affirmer que la plupart de ces hommes prenaient conscience jusqu'à la moelle de ce qui les attendait, sitôt qu'on leur sanglait les chevilles aux pieds en chêne massif de Miss Cent Mille Volts. Ils réalisaient (ça se voyait dans leurs yeux, une espèce de consternation glacée) que leurs jambes avaient achevé leur carrière. Le sang circulait toujours en eux, les muscles étaient encore solides, mais ils étaient quand même fichus. Ils n'iraient plus se balader dans les bois ni danser avec une fille à un bal champêtre."

"Les Miroirs de l'esprit" de Norman Spinrad


"Les Miroirs de l'esprit" de Norman Spinrad. 
Ed. Folio 2002. Pages 572. 
Titre Original: "Mind Games" 

Résumé:Un ancien écrivain de science-fiction a fondé une secte, le Transformationalisme, devenue en quelques années une puissance financière qui recrute à Hollywood parmi les stars. Le réalisateur Jack Weller, malgré son écoeurement pour les méthodes de recrutement des transformationalistes, décide de s'introduire dans la secte pour récupérer sa femme qui s'est laissé séduire. Commence alors une incroyable partie de cache-cache: qui est sincère? qui joue la comédie? Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est purement fortuite! Une dénonciation aussi astucieuse qu'implacable de l'univers des sectes.

La 7 de la page 7: "La sonnerie du téléphone les arracha à l'envoûtement de la télé."  

Le livre est long et l'histoire est riche. Malheureusement, un indice plus qu'important est donné très tôt. Pour le lecteur inattentif, cela passe comme une lettre à la poste. Or j'ai une tendance à être très attentive aux détails quand je lis un roman. De ce fait, j'ai très vite découvert qui était l'assassin.  Restait à savoir pourquoi. Et le mobile est assez vague. On reste avec un goût de trop peu dans l'esprit. De plus les personnages sont fort peu sympathiques. On a du mal à s'intéresser à leur sort. 

Extrait: "Le dos de sa chemise imbibée de sueur collant au siège de la Triumph, les yeux brûlés par le smog de la San Fernando Valley, abruti de fatigue et d'ennui, Jack Weller quitta l'autoroute de Ventura pour s'engager dans Moorpark."