dimanche 20 août 2017

"L'Ours est un écrivain comme les autres" de William Kotzwinkle

"L'ours est un écrivain comme les autres" de William Kotzwinkle
Ed. 10/18 2016. Pages 286.
Titre Original: "The Bear went over the Mountain"

Résumé: Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain. Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…
William Kotzwinkle est l’un des écrivains américains les plus comiques : il s’en donne à cœur joie dans cette parabole animalière hilarante, irrésistible satire des milieux littéraires et médiatiques.

La 7 de la page 7: "Il tâcha de ne pas se départir de son savoir-vivre alors qu'il bouillonnait secrètement de joie."  

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en ouvrant "L'ours est un écrivain comme les autres", on ouvre une petite pépite de littérature. Ce roman est un ovni dans lequel on entre directement dans le vif du sujet. Un ours vole un manuscrit. En voilà une idée saugrenue. Et pourtant diablement efficace. Il y a tellement de degrés de lecture dans ce roman qu'il est difficile de les compter. L'ours est l'homme brut, l'homme de base jugé par les  élites intellectuelles. Celui qui ne comprend rien. Et pourtant tout le monde n'a qu'un souhait: lui plaire. Paradoxe de notre société où tout n'est qu'apparences et prétentions, l'ours se joue de tous et de toutes, tout en restant toujours un ours. Ce roman est drôlissime et pourtant tellement virulent. "L'ours est un écrivain comme les autres" est une critique viscérale de notre société et du monde de l'édition, voir le monde culturel dans sa grande généralité. Chacun en prend magistralement pour son grade. Tout le monde l'adore, personne ne le connaît. On crie au génie alors qu'il n'a strictement rien fait, mis à part, peut-être, être un ours. On recherche du sens dans tout et n'importe quoi. L'art est l'excuse la plus utilisée afin de faire n'importe quoi. Et on en redemande. Toujours plus. L'ours, c'est l'anticonformisme qui s'ignore. 
A force de vouloir paraître intelligents et spirituels, les personnages tombent dans le piège de Kotzwinkle, ils touchent le ridicule et s'y prélassent avec joie. 
L'auteur et son ours nous offrent un roman intelligent, acide, drôle et diablement réussi. Un pur bijou. 

Extrait: "Retournant d'un pas traînant dans le salon, il se rassit devant le dessin animé. Le Coyote, à présent, se faisait écraser par un rouleau compresseur, son cou s'allongeant tandis qu'il cherchait à s'échapper. L'ours applaudit des deux pattes. Cette fois, il ne s'en tirera pas. Mais le coyote s'en sortit, et l'ours lui adressa un grognement appréciateur. Les coyotes étaient fourbes. Ils lui avaient plusieurs fois chapardé de la nourriture. Pas d'autre choix que de les frapper violemment contre un arbre, pour les mettre K.O. Là, ils se tenaient à carreau." 
 

"Les Voies d'Anubis" de Tim Powers

"Les Voies d'Anubis" de Tim Powers
Ed. Bragelonne 2013. Pages 476.
Titre original: "The Anubis Gates"

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d'or? Comment deviner que l'attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt: à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou ... Et, nul doute, quelqu'un cherche à l'enlever sinon à le tuer !
Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu'en 1685 puis sera projeté dans l'Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis. Traqué, maintes fois capturé et toujours s'échappant, il cherche à corps perdu la "brèche" du retour.

La 7 de la page 7: "Un paysage septentrional, se dit-il, animé par un vent dont l'âpreté limpide et la senteur des baies évoquaient irrésistiblement des flots de gin." 

Avec "Les Voies d'Anubis", on ouvre un roman plein de promesses où une écriture exigeante -et agréable- nous attend à chaque page. L'idée première du récit n'est pas, en elle-même, révolutionnaire mais elle nous promet une lecture où on pourra se plonger allègrement. 
Et cela fonctionne. Mais juste l'espace d'un instant malheureusement. L'homme de notre temps perdu dans cette Angleterre sombre et fascinante ne nous mène, au final, pas bien loin.
Si les descriptions sont exceptionnellement efficaces et que le lecteur est totalement enseveli dans ce monde du début du XXème siècle, qu'il est totalement emballé par le côté "steampunk" de cette histoire, cela ne dure pas. On commence à s'ennuyer. On se perd dans le cercle que forme ce roman. On a l'impression de tourner en rond dans une histoire dont l'auteur ne se décide pas à choisir une fin. Et c'est bien dommage car plus l'attente est importante, plus la déception est cruelle. Et la déception est malheureusement bien présente. Un potentiel coup de cœur monumental qui se transforme en coup d'épée dans l'eau.  

Extrait: "Quoique le marché au poisson de Billingsgate proprement dit n'eût lieu que dans la grande halle située en bordure du fleuve sur Lower Street, les carrioles des marchands de choux, de carottes et d'oignons se tassaient, moyeu contre moyeu, sur toute la longueur de Thames street depuis les Tower Stairs à l'Est, au pied du blanc château médiéval avec ses étendards qui flottaient au sommet des quatres tours, remontant vers l'ouest devant la façade gréco-romaine de la Customs House, puis au-delà des huit appontements bondés qui déservaient Billingsgate Market, et au-delà encore pour ne cesser que juste après London Bridge."

"The Heart of The Matter" de Graham Greene

"The Heart of the Matter" de Graham Greene.
Ed. Vintage Classics 2001. Pages 255.

Résumé: Scobie, a senior police officer serving in a war-time West African state, is distrusted, being scrupulously honest and immune to bribery. But then he falls in love, and is doing so he is forced to betray everything he believes in and stands for, with drastic and tragic consequences both for himself and for those around him.

La 7 de la page 7: "They are sending a man called Baker from Gambia." 

Avec "The Heart of the Matter" on entre dans un autre monde. Un monde révolu qui pourtant nous parle avec agilité et intelligence. Ce n'est pas une histoire de guerre même si le contexte s'y prête. Ce n'est pas une histoire d'espionnage même si le contexte s'y prête aussi. Non "The Heart of the Matter" est une histoire d'amour complexe et viscérale comme il en a rarement été écrite. Et si on y ajoute la plume acérée de Greene, on entre dans un roman sans concession qui nous percute de plein fouet. L'écriture de l'auteur oscille entre légèreté et lourdeur en créant ces personnages dont on ne sait trop quoi penser tant ils sont humains. Il est difficile de les aimer tout comme il est difficile de les haïr. Ils ont leurs défauts et leurs qualités. Ils font parfois -souvent- les mauvais choix. Ils semblent tous déambuler dans leurs bulles de réalité en ne se souciant pas du monde extérieur et de l'impact de leurs actes sur celui-ci. Et soudain, tout explose. Ils sont, comme le lecteur, envahi par le monde extérieur qui les rappelle à l'ordre. Greene y ajoute une bonne dose de puritanisme religieux qui semble naïf par rapport à la dureté impassible de la réalité. La foi semble les tenir en respect. Les péchés commis semblent les freiner. Et en fait, non. Bien sûr que non puisque que c'est d'amour que parle ici Greene. Pas un amour de princesse qui attend son prince charmant. Non, un amour violent et qui nous prend aux tripes. Celui contre lequel on ne peut rien. 
Un roman complexe qui se dévore avec avidité. 

Extrait; "At a quarter-past six next morning Ali called them. Scobie woke at once, but Louise remained sleeping -she had had a long day. Scobie watched her -this was the face he had loved: this was the face he loved. She was terrified of death by sea and yet she had come back,to make him comfortable." 

"La Lucarne" de José Saramago

"La Lucarne" de José Saramago
Ed. Points 2014. Pages 373.
Titre Original: "Claraboia"

Résumé: De la fenêtre de sa chambre, Abel, jeune homme sans attaches, observe la vie ordinaire de ses voisins, petites gens du Portugal des années 1950. Sous la dictature de Salazar, chacun garde sous clef ses secrets: amours clandestines ou incestueuses, haines et espoirs... Quels peuvent être ceux de Lidia, qui occupe l'appartement du dessus, et dont le charme ravit Abel ?

La 7 de la page 7: "Ces femmes étaient bien loquaces." 

"La Lucarne" est une lecture exigeante sans pour autant trop prendre la tête au lecteur. Si tous les personnages sont particulièrement bien construits, on ne peut que remarquer à quel point Saramago décrit bien les femmes. Elles sont justes, elles nous procurent de l'émotion. Les femmes de Saramago sont vraies et touchantes malgré la dureté qui les entoure. Là où "La Lucarne" est particulièrement réussi, c'est dans la difficulté de dégager un thème prépondérant. Bien sûr, on pourrait se lancer dans une analyse complète du roman qui détaillerait les thèmes sous-jacents, mais ici, on se laisse seulement porter par le roman en lui-même, le temps d'une lecture. On parle d'amour, d'argent, du bien, du mal... Tout cela dans un Portugal sous dictature. Au fil des conversations qui peuvent parfois sembler anodines, Saramago nous assène des vérités brutes et percutantes. Il transcende la banalité de l'être et la rend extraordinairement universelle et pourtant si personnelle. 
Les classes sociales se mélangent et interagissent avec intelligence et clairvoyance. Saramago nous dissèque une société portugaise divisée, et pourtant, étrangement semblable. Des générations se croisent et s'expliquent. Aucune n'a tort. Aucune n'a raison. La complexité se cache dans ce récit de vies. Et sans qu'on s'en rende compte, on se laisse happer par ces destins banals et pourtant tellement tragiques. Un grand livre. Un gros coup de coeur. 

Extrait: "Son visage luisait de crème de nuit et ses sourcils avaient besoin d'être épilés aux extrémités. Lidia n'était effectivement pas belle, et à cela il fallait ajouter que le calendrier avait déjà marqué le jour où elle avait eu trente-deux ans et que ses trente-trois ans n'étaient pas loin. Mais une séduction envoûtante se dégageait de toute sa personne." 
 


mardi 11 juillet 2017

"Mercier et Camier" de Samuel Beckett

"Mercier et Camier" de Samuel Beckett.
Ed. de Minuit 2016. Pages 212.

Résumé: Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son œuvre. Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit " d'aller de l'avant ". Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir ce qui n'est jamais une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant. Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ? 

La 7 de la page 7: "C'est une averse, plus ou moins prolongée, dit Mercier." 

"Mercier et Camier" est une oeuvre de Samuel Beckett, écrite en français par l'auteur et dramaturge irlandais. Si il est écrit en 1946, le roman ne sera pas publié avant 1970. 
Dès le départ, on ressent bien la patte de Beckett: deux personnages qui se cherchent sans se trouver alors qu'ils sont déjà, tout deux, présents. Ca nous rappelle quelque chose. 
La dualité du texte de "Mercier et Camier" est, elle aussi, propre à Beckett. On entre dans l'absurde et une réalité violente nous est offerte grâce à des métaphores dures qui dépeignent une réalité cruelle. Beckett est habile et nous envoie son message de manière cachée et pourtant tellement claire. 
L'écriture de l'auteur irlandais est exigeante et demande de la concentration à son lecteur. Beckett l'oblige à sortir de ses habitudes de lecture et de sa structure narrative plus conventionnelle. 
Mercier et Camier errent sans savoir réellement pourquoi, comme chacun d'entre nous. La destination, en elle-même, ils l'ignorent mais ils continuent quand même, inlassablement. Allégorie de la vie s'il y en a. Dans ce roman de Beckett, on rencontre des personnages burlesques et pourtant touchants par leur humanité. Où commence Mercier et où termine Camier, nous ne le saurons sans doute jamais. Un roman atypique sur deux êtres qui ne le sont pas moins. L'absurdité de l'être et de ses fondements, avec douceur et poésie. Un très bon moment de lecture. 

Extrait: "Assis au comptoir, ils devisèrent de choses et d'autres, à bâtons rompus, suivant leur habitude. Ils parlaient, se taisaient, s'écoutaient, ne s'écoutaient plus, chacun à son gré, et suivant son rythme à soi. Il y avait des moments, des minutes entières, où Camier n'avait pas la force de porter son verre à sa bouche. Quant à Mercier, il était sujet à la même défaillance."

vendredi 7 juillet 2017

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2011. Pages 362.
Titre Original: "The Spook's curse"

Résumé:
Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie." L'Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. L'inquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce?

La 7 de la page 7:" Il ignorait qu'elle avait envoyé chercher l'épouvanteur." 

"la malédiction de l'épouvanteur" est le deuxième tome de la saga de Joseph Delaney. Et on peut dire que les choses commencent sur les chapeaux de roues. Tom entrave son premier gobelin et dès les premières pages, prend de l'envergure. De plus, on en apprend un peu plus sur l'épouvanteur. 
Tout de suite, dans ce tome, Tom et son maître se retrouvent en mauvaise posture. L'épouvanteur est présenté sous un jour nouveau, beaucoup plus sombre. 
Si le premier tome nous avait déjà emmené assez loin, ce deuxième volet nous transporte au-delà. Encore plus de rythme. Encore plus d'action. Sans oublier l'ombre d'Alice qui plane. 
Les personnages prennent en consistance et la narration est toujours aussi percutante. Delaney est très bon pour faire monter la pression. Tom est de plus en plus puissant et Alice de plus en plus énigmatique. Le seul reproche que l'on peut faire au personnage de Delaney est qu'il n'est quand même pas très vif d'esprit. On lui pardonne tout de fois en raison de son jeune âge. 
ce deuxième tome se termine en apothéose et nous laisse entrevoir une suite excellente. 

Extrait: "J'inspirai profondément et me rassurai en pensant que, puisqu'il ne s'était pas rué par l'ouverture de la grille lorsque Andrew l'avait ouverte, c'est qu'il n'avait pas encore perçu ma présence. Et, si les catacombes étaient aussi immenses qu'on le prétendait, le Fléau se trouvait peut-être à des milles de là! Quoi qu'il en soit, que faire, sinon avancer? La vie de l'Epouvanteur et celle d'Alice dépendaient de ma réussite.

"Le serment du silence" de Linda Castillo

"Le serment du silence" de Linda Castillo.
Ed. France Loisirs 2010. Pages 516.
Titre Original: "Sworn to Silence"

Résumé: Une petite ville paisible de l’Ohio abritant une communauté Amish connaît une série de crimes odieux. Le shérif du coin, Kate Burkholder, a elle-même été victime d’un tueur en série seize ans auparavant. Elle a pu s’échapper et a finalement abattu et enterré son violeur. Pourtant, le tueur d’aujourd’hui laisse les mêmes indices sur les scènes de crime...

La 7 de la page 7: "Il remonta la fermeture Eclair de son manteau jusque sous son manteau, attrapa le vide poche, sa lampe torche et sortit de la voiture." 

Bon, on ne va pas se mentir "Le Serment du silence" n'est sans doute pas le thriller le plus exceptionnel qui ai jamais été écrit. Loin de là. Les personnages sont intéressants sans pour autant être transcendants. L'intrigue est certes efficace mais assez prévisible. "Le serment du silence" n'est clairement pas une révélation. 
Un roman qui se laisse lire sans pour autant enthousiasmer le lecteur. Rien de bien mémorable. 
La seule originalité du roman est qu'il se déroule chez les Amishs. Et même cela, au bout d'un moment, ça n'impressionne plus grand monde. L'auteure aurait pourtant, on le sent, pu nous emmener bien plus loin que cela. C'est dommage. Pas vraiment une déception et certainement pas une découverte. 

Extrait: "Elle ne croyait plus aux monstres depuis l'âge de six ans, lorsque sa mère, le soir, regardait sous son lit et dans le placard pour s'assurer qu'ils n'étaient pas tapis dans l'ombre.  Pourtant, à vingt-et-un ans, ligotée, brutalisée et étendue nue sur le sol en ciment aussi froid qu'un lac gelé, elle se dit que les monstres existaient pour de vrai."

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2005. Pages 276.
Titre original: "The Spook's Apprentice"

Résumé: Septième fils d'un septième fils, Tom perçoit les ombres de ceux qui ont peuplé la terre et ressent la présence des êtres maléfiques. A treize ans, il doit quitter la ferme pour devenir l'apprenti de l'épouvanteur, chasseur de démons et sorcières. Commence alors pour lui une nouvelle vie, difficile. N'écoutant que son bon coeur, il va permettre la libération d'une sorcière particulièrement cruelle que son maître a enfermée dans un puits. Il aura alors à l'affronter à plusieurs reprises avant de la voir disparaître à tout jamais.

La 7 de la page 7: "Avec un boulot pareil, ta fortune est assurée." 

Si vous cherchez un roman pour introduire le monde du fantasy à un public jeune, arrêtez de chercher, on vous présente "L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney. 
Premier tome qui en compte, actuellement treize. Si les codes du fantasy sont bien présents, la plume et l'intrigue s'adaptent bien à un public plus jeune sans pour autant décevoir les plus âgés. 
On se prend immédiatement d'affection pour Tom, le héro principal. Le jeune garçon voit son destin basculer lorsqu'il entre au service d'un épouvanteur. On entre, en compagnie de Tom, dans le monde des gobelins et autres créatures, avec un plaisir non dissimulé. Tom est un peu (beaucoup) naïf mais il faut bien garder en mémoire que ce roman est destiné à un public jeune. Et ce roman en question est assez bon. Très bon même. On attend la suite avec impatience. Un très bon roman d'introduction à une suite qu'on espère tout aussi bonne. 

Extrait: "Juste après la demie de onze heures, la créature en bas, recommença à creuser. Puis des pas lourds montèrent de nouveau les marches de pierre. De nouveau la porte de la cuisine s'ouvrit, et les bottes sonnèrent sur le carrelage de la salle. J'étais pétrifié. Seul mon cœur bougeait encore, cognant contre mes côtes à les briser. Et cette fois, les pas ne se dirigeaient pas vers la fenêtre. Ils vinrent droit sur moi, poum, poum, poum... Une main invisible me saisit par le col et me souleva, à la manière d'une chatte transportant son chaton.

"Histoire de Lisey" de Stephen King

"Histoire de Lisey" de Stephen King.
Ed. Le Livre de Poche 2009. pages 757.
Titre Original: "Lisey's story"

Résumé: Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. À sa mort, désemparée, Lisey s'immerge dans les papiers laissés par Scott, s'enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu'il fréquentait... Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l'amour. Un chef-d'œuvre.

La 7 de la page 7: "Mais..." 

Ce ne sera une révélation pour personne si je déclare ici que j'ai rarement été déçue par un roman de Stephen King. Et c'est tout en sachant cela que je vous présente "Histoire de Lisey". Et je n'ai vraiment pas aimé. Je ne me suis absolument pas intéressée aux personnages. Et jamais l'histoire ne m'a interpellée. Je me suis fermement ennuyée. C'était long. C'était lent et particulièrement décousu. Tourner les pages d'un Stephen King avec ennui est une expérience nouvelle pour moi. Je n'ai pas grand chose à dire sur ce roman mis à part que je suis totalement passée à côté. Et comme je n'ai vraiment rien de positif à en dire, je préfère m'arrêter là et vous conseiller les autres King. Vraiment n'importe lequel. Il sera de toute façon bien meilleur que "Histoire de Lisey". 

Extrait: " Elle resta longuement étendue sur le lit, à se souvenir d'un jour brûlant à Nashville et à songer -pas pour la première fois- qu'être seule après avoir été deux si longtemps était une bien étrange merdre, en vérité. Elle aurait cru que deux ans auraient suffi pour que l'étrangeté s'efface, mais non; le temps apparemment ne faisait qu'émousser le tranchant le plus acéré du chagrin de sorte qu'il te hachait menu au lieu de te découper en tranches.

mercredi 14 juin 2017

"Le Corps Exquis" de Poppy Z. Brite

"Le Corps Exquis" de Poppy Z. Brite
Ed. Au Diable Vauvert 2015. Pages 337. 
Titre original: "Exquisite Corpse" 

Résumé: Perversion des âmes et poésie du macabre au service d'une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.

La 7 de la page 7: "J'ai tenté d'explorer avec des mots les profondeurs de mon âme." 

Si vous me dites que "Le Corps Exquis" vous a complètement laissé indifférent, j'aurais quand même beaucoup de mal à vous croire. Que vous ayez totalement détesté, je peux le concevoir, mais "indifférent", non, ce n'est pas possible. 
Cette histoire d'amour entre deux serial killer, un jeune garçon obsédé par son ex-amant malade ne peut que répugner ou fasciner. Nécrophilie, cannibalisme, Brite ne nous épargne rien. Une rencontre entre Dahmer et Bundy en somme. 
Le texte est brutal et rapide. Brite nous livre, ici, un roman sans concession. 
Si l'histoire est sordide, la plume, elle, y est merveilleusement employée. Presque poétique par moment. Ce qui est loin d'alléger l'atmosphère pesante et malsaine du roman. Que du contraire. Cela lui donne une dimension encore plus terrifiante. 
"Le corps exquis" est magistral, intelligent, percutant et particulièrement bien écrit. Ce livre se referme en posant plus de questions qu'il ne donne de réponse, laissant le lecteur pantois et essouflé par cette intrigue déroutante. De la grande littérature moderne. 

Extrait: "La peine capitale n'a jamais dissuadé les assassins. Même les pires d'entre-nous accueilleraient la mort avec joie. Mais priver un homme du goût de la bière blonde! Je me suis juré de mourir et de rester mort plutôt que de retourner derrière les barreaux.

"Le Trône de Fer: Une danse avec les dragons" (tome15) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Une danse avec les dragons" (tome 15) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2015. Pages 537. 
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Dance With Dragons"

Résumé: Tyrion Lannister, membre éminent de la famille régnant sur Westeros, n'aurait jamais imaginé en être un jour réduit à jouer les bouffons. Capturé par des esclavagistes lors de la traversée qui devait l'amener à Meereen, puis vendu à un riche marchand, il doit apprendre à maîtriser l'art difficile de la joute à dos de cochon pour assurer sa propre survie. Mais peu importe la manière, seul compte le résultat : s'il faut en passer par là pour attirer l'attention de Daenerys Targaryen, qui a rétabli la paix dans sa cité en épousant Hizdahr zo Loraq et rouvert les arènes de combat, ainsi soit-il.
Au moins a-t-il réussi à garder la tête sur les épaules, une prouesse dont ne peuvent se targuer tous les nains du royaume. Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses occupants, victimes d'un mystérieux tueur en série, finissent par se demander si les remparts servent à les protéger de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Baratheon ou à sceller leur tombeau.
Car l'Hiver n'a jamais été si proche…

La 7 de la page 7: "La fillette au sommet, est-ce moi?" 

Dernier tome paru aussi bien en français qu'en anglais... Et on peut dire que l'excitation est à son comble. La tension monte au fur et à mesure qu'on tourne les pages. On sait que la fin est proche et pourtant encore si loin. Mais c'est déjà une satisfaction d'être arrivée aussi loin en compagnie de ces personnages extraordinaires. On s'est attaché à eux et c'est avec regret qu'on fermera ce dernier tome en attendant la suite. 
Daenerys qui devient de plus en plus un leader mais qui semble avoir de réels problèmes pour gouverner. Ne serait-elle, au final, qu'une guerrière? Pas une reine? Pendant que Jon met en valeur son côté de plus en plus humain, c'est chez lui qu'on trouve le réel talent de mener des hommes. Mais on ne peut qu'assister, en spectateur, à la chute du frère de la Garde de Nuit. 
Théon reprend du poil de la bête mais ne nous est pas plus sympathique pour autant, on a du mal à lui pardonner. Et que dire de Cersei pour qui Tyrion est responsable de tous ses malheurs. 
Alors que plane le danger sur Westeros, Aegon apparaît et bouleverse toutes nos convictions. Pièce cachée de l'échiquier, il faudra compter sur lui. 
A qui le trône? On a bien nos favoris. Mais dans le monde de Martin on a appris à ne pas se laisser corrompre par les apparences. Personne n'est à l'abri d'une trahison, d'un faux-pas. 
Un dernier tome qui ouvre la porte à une suite qu'on espère spectaculaire. 

Le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "La nuit progressa à pas noirs et lents. L'heure de la chauve-souris céda la place à celle de l'anguille, l'heure de l'anguille à celle des fantômes. Le prince, étendu dans son lit, contemplait le plafond, rêvait tout éveillé, se souvenait, imaginait, se retournait sous sa fine couverture de draps, l'esprit enfermé par des songes de feu et de sang." 

"Fin de ronde" de Stephen King

"Fin de Ronde" de Stephen King
Ed. Albin Michel 2017. Pages 420. 
Titre Original: "End of Watch" 

Résumé: Sept ans après le massacre perpétré par Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, celui-ci gît sur un lit d'hôpital, paralysé, le cerveau endommagé, subissant les essais cliniques expérimentaux du docteur Babineau. Mais le criminel s'aperçoit qu'il est désormais doté de pouvoir de télékinésie. Il intègre le corps du médecin, bien décidé à manipuler et à pousser au suicide son ennemi Bill Hodges.

La 7 de la page 7: "Les deux dans le sac aussi." 

"Fin de Ronde" est le dernier volet de la trilogie Mr Mercedes de Stephen King. J'avais adoré les deux premiers tomes ("Mr Mercedes" et "Carnets Noirs") C'est donc avec beaucoup d'anticipation que j'ai ouvert "Fin de Ronde", la dernière aventure de Bill Hodges. 
Dans celle-ci, on retrouve Brady Hartsfield, "monsieur suicide", meurtrier atypique déjà présent dans le premier volet des aventures. On sent qu'avec "Fin de Ronde", King est prêt à boucler la boucle de sa trilogie. Tout est relié au massacre du Mall. Alors qu'une rescapée du massacre se suicide, alors qu'elle semblait aller bien psychiquement, le doute s'installe dans l'esprit de Hodges. Si les personnages découvrent les tenants et les aboutissants de l'intrigue au fur et à mesure de l'histoire, King fait le choix de donner plus d'informations à ses lecteurs. On sait ce qu'il se trame. Et on reste alerte durant tout le roman, tentant de deviner comment les protagonistes vont découvrir le pot aux roses. 
Une vague de suicides touche la ville et on se demande comme nos personnages vont pouvoir se dépêtrer de cette affaire. 
Là où King nous avait habitués dans les deux premiers tomes à un récit purement dans le style du polar, dans ce dernier volet, il renoue avec ses premières amours telles que la télékinésie. On renoue ici avec un côté surnaturel dans lequel King excelle. Mais sans en faire trop car cela se marie très bien avec le reste de la trilogie. 
"Fin de Ronde" est un excellente fin à Mr Mercedes. Je n'entrerai pas dans la discussion "critique des jeux vidéos" car je pense réellement que ce n'est pas réellement le propos ici, c'est plus un moyen de diriger l'intrigue plutôt qu'autre chose. L'histoire est une apothéose et c'est tout ce qu'on demandait. 

Extrait: "Mais où sont les poissons roses? Il faut qu'elle trouve les roses et quand elle en aura attrapé neuf, toute cette histoire sera oubliée. Du coin de l'oeil, elle voit Babineau rabaisser les fermoirs de sa mallette. Il l'emporte et quitte la pièce. Il s'en va. Ca ne fait rien. Il faut qu'elle attrape les poissons roses, et alors toute cette histoire sera oubliée.

"Le Trône de Fer: Les dragons de Meeren" (tome14) de George R.R. Martin



"Le Trône de Fer: Les dragons de Meeren" (tome 14) de George R.R. Martin.
Ed. J'ai Lu 2014. Pages 537.
Titre Original: " Sonf of Ice and Fire: A Dance with Dragons"

Résumé: A présent que Stannis Baratheon est parti reprendre Winterfell aux Bolton pour s'assurer la domination du Nord, Jon Snow est redevenu le seul maître du Mur. Cependant, le roi autoproclamé a laissé sur place Mélisandre, la prêtresse rouge, qui semble décidée à apporter son aide au bâtard. Les flammes lui révèlent l'avenir, mais quel avenir ? A Meereen, la situation s'enlise : le blocus du port par les esclavagistes ne semble pas vouloir prendre fin, et Daenerys refuse d'envoyer ses dragons y mettre un terme flamboyant. L'enquête visant à démasquer les Fils de la Harpie, coupables des meurtres qui ensanglantent le pouvoir, piétine elle aussi. Seul un mariage pourrait dénouer la situation, mais les prétendants sont nombreux et les conséquences hasardeuses. Quant aux Lannister, ils vont devoir attendre encore un peu avant de pouvoir décoller la tête de leur lutin de frère : le ravisseur de Tyrion a de tout autres projets pour ce dernier...

La 7 de la page 7: "Leurs maîtresse, qui ne devait pas avoir plus de seize ans comme la Daenerys Targaryen de Yunkaï." 

Les choses bougent au Mur et à Winterfell. Mais les Nordiens ne sont pas les seuls à devoir prendre des décisions difficiles, Daenerys n'est pas en reste. 
La tension remonte au fur et à mesure des pages. Martin replace ses pions au Nord pendant que le Sud stagne. 
Le style implacable de Martin fait à nouveau des étincelles et nous fait ressentir le froid du Nord jusque dans nos os. 
Les alliances se font et se défont. Mais c'est surtout dans le personnage de Jon qu'on assiste à la plus grande évolution. Spectaculaire. 
Si parfois on piétine, ce n'est que pour mieux repartir quelques pages plus tard. Il y a assez de rebondissements pour conserver le rythme et l'intérêt du lecteur. 
Certes, certains personnages nous manquent comme Sansa par exemple, mais l'histoire de Jon nous contente. Ne reste qu'un tome avant la fin et devoir attendre la suite annoncée et attendue. On en frémit d'avance. 

Le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Ramsay Bolton. 

Extrait: " Trois chandelles de suif brûlaient sur l'appui de sa fenêtre pour tenir en respect les terreurs de la nuit. Quatre autres tremblotaient auprès de son lit, deux de chaque côté. Dans l'âtre, la flambée était entretenue, jour et nuit. La première leçon que devaient apprendre tout ceux qui entraient à son service était qu'on ne devait jamais laisser le feu s'éteindre. Jamais." 

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 503. 
Titre Original: "Hide" 

Résumé: Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… Sans qu’on lui donne la moindre explication. La découverte dans une chambre souterraine de l’ancien l’hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes, mortes des années auparavant, fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l’une des petites victimes : Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt cinq ans…

La 7 de la page 7: "Ma mère, ma mère, ma mère! hurlai-je.

"Sauver sa peau" est mon premier Gardner. C'est donc en mode thriller et découverte que j'ai ouvert ce roman. Le personnage d'Annabelle m'a tout de suite semblé sympathique. Elle est fort torturée mais sans pour autant aller trop loin dans la souffrance. C'est une survivante sans pour autant dégouliner de blessures et de pathos inconvenant. Mais il n'y a pas que le personnage d'Annabelle qui est intéressant. Tous les personnage sont bien écrits et surtout bien exploités. 
Avec ses différents récits, on se demande où Gardner nous emmène. Où vont se joindre toutes ses histoires? Et au trois quarts du roman, on se rend compte qu'on a pas mal piétiné. Sans que cela soit un reproche car on ne se rend pas compte de la lenteur de l'intrigue avant que celle-ci ne s'accélère. Et au moment où tout se rejoint, on ne peut que sentir de l'empathie pour Annabelle qui voit sa vie et ses convictions voler en éclats. Au final, un très bon thriller qui donne envie de découvrir un peu plus l’œuvre de Gardner.  

Extrait: "Le problème, c'est qu'il n'y a pas de bande-son dans la vraie vie. Au cinéma, on sait quand un malheur va arriver parce que les grosses basses vous préviennent. Il n'y a pas une personne au monde dont le cœur ne s'affole en entendant la musique des dents de la mer, et, franchement, c'est réconfortant. On aime avoir des repères. Ça donne un certain ordre au monde. Un malheur peut arriver, mais seulement quand on commence à entendre en fond sonore da-dah, da-dah, da-dah-da-dah."

"Le Trône de Fer: Le bûcher d'un roi" (tome 13) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Le bûcher d'un roi" (tome 13) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2013. Pages 487.
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Dance with Dragons"

Résumé: Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer.
A l'Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d'ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d'autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l'or depuis qu'il s'est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin.
Au Nord, où se dresse l'immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées...

La 7 de la page 7: "Mais quand viendra ta mort véritable, tu vivras de nouveau." 

"Le bûcher d'un roi" est le premier tome de "A Dance with Dragons". Et on sait comme les débuts d'intégrale peuvent être difficiles avec Martin. C'est donc avec un peu (beaucoup) d'appréhension que j'ai commencé l'équivalent du dernier intégral. Là où les tomes précédents étaient moins percutants, j’espérais une meilleure suite. Et ce n'est pas vraiment une suite car on repart en arrière dans l'intrigue avec des personnages différents. On retrouve Daenerys et Tyrion avec une joie non dissimulée. On retrouve surtout Jon qui nous avait assez manqué dans les tomes précédents. Ici, le rythme est déjà beaucoup plus soutenu. On y croise de nouveaux personnages tels Ramsay Bolton. Ca faisait un moment qu'on avait plus un bon vrai méchant dans la saga. Nous voilà servis. Si on est encore loin de l'apothéose des Noces Pourpres, on sent, dans ce tome, qu'on ne reste pas dans l'inaction. Martin sait manier ses effet et nous surprend plus d'une fois dans ce tome où on reprend plaisir là où on ne trouvais que lenteur dans les tomes précédents. 
Un bon commencement pour ce tome et une suite qui se laisse attendre tant on veut en savoir plus. On est soulagé de retrouver notre enthousiasme pour le Trône de fer. 

le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Ramsay Bolton. 

Extrait: "Au loin, il entendait ses frères de meute l'appeler, de congénère à congénère. Eux aussi chassaient. Une pluie sauvage s'abattait sur son frère noir tandis que celuis-ci déchirait la chair d'une énorme chèvre; elle lavait le sang de son flanc à l'endroit où la longue corne du ruminant l'avait labouré."