mercredi 14 juin 2017

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs
Ed. Bayard 2014. Pages 502. 
Titre Original: "Hollow City" 
Résumé:  Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

La 7 de la page 7: "C'est le moment de lui dire adieu." 

Autant le premier tome des aventures de Jacob m'avait totalement envoûtée, ici, avec cette suite, je n'ai vraiment pas décollé. Pourtant on reste dans la même structure que le premier tome mais ce deuxième tome est, j'espère, juste le tome de transition entre le premier et le troisième. Si cela ne devait pas être le cas, je serait malheureusement déçue par une saga qui partait pourtant si bien. 
J'ai eu l'impression de piétiner du début à la fin. Riggs passe rarement la troisième et on reste bloqué en deuxième sans jamais vraiment s'emballer. 
Le parallèle entre les gitans et les particuliers est trop facile alors que la manière d'aborder la seconde guerre mondiale est, elle, réussie. C'est quand Riggs joue avec l'Histoire qu'il devient brillant. 
J'attends donc le troisième tome pour me faire une idée définitive sur cette saga.

Extrait: "Dans notre dos se dressait le vieux phare qui avait servi de théâtre au soir. C'était là que, sous une pluie de bombes, nous avions failli nous noyer et périr déchiquetés par des balles. Là aussi que j'avais saisi un revolver, appuyé sur la détente et tué un homme -un acte que j'avais encore du mal à comprendre. C'était là, enfin, que nous avions perdu Miss Peregrine, avant de la retrouver et de la soustraire aux mâchoires d'acier d'un sous-marin.

"Le Trône de Fer: Un festin pour les corbeaux" (tome 12) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Un festin pour les corbeaux" (tome 12) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2008. Pages 409.
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Feast for Crows"

Résumé: Les cartes changent une nouvelle fois de main : Cersei Lannister, la noire régente, s'empêtre dans la toile d'araignée qu'elle a tissée pour neutraliser sa bru, la petite reine ; arrivée au terme de son éprouvante quête, Lady Brienne, la pucelle de Torth, va faire une découverte aussi inattendue que mortelle ; Sansa Stark, marionnette entre les mains de Lord Petyr Baelish, dit Littlefingers, prépare un retour en force qui devrait faire couler beaucoup d'encre... et de sang ! Un chapitre de plus se clôt sur le royaume des Sept Couronnes, avec son lot d'alliances contre nature, de trahisons sanglantes et de morts inutiles. Et comme le trône de fer ne reste jamais vacant bien longtemps, une nouvelle guerre civile se profile à l'horizon.

La 7 de la page 7: "Au cours de l'escalade, ils croisèrent une douzaine de frères de la communauté; leur passage suscita bien des regards curieux sous les capuchons brun-gris, mais pas la moindre parole de bienvenue." 

Les deux tomes précédents nous ont laissé quelque peu sur notre faim. Et c'est plein d'espoir qu'on ouvre le douzième tome "Un festin pour les corbeaux". Si ce tome est meilleur que les tomes précédents, force est de constater que le démarrage est difficile et douloureux. 
Brienne et Jaime continuent à se balader sur les routes, inlassablement, pendant qu'Arya commence, lentement mais sûrement à nous taper sur le système nerveux. Il lui arrive pas mal de chose mais son côté guerrier, limite ninja, de la jeune fille est trop forcé. 
Cersei reste Cersei, imbuvable. On s'intéresse à la vie sentimentale de Sam, c'est dire...
On retrouve certains personnages qu'on avait perdu de vue depuis quelques tomes déjà et c'est un gros point positif de ce tome. 
Mais, en vérité, on reste toujours avec un goût de trop peu. Il nous reste les manigances de ce bon vieux Petyr à nous mettre sous la dent et une fin assez bonne mais qui ne rattrape pas la lenteur du reste de l'intrigue.
Vivement la suite pour qu'on puisse enfin voir les choses un peu bouger.  

Le plus aimé: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "Il ne lui tint pourtant pas rigueur de son baiser.
Tu ne saurais croire la moitié de ce qui se passe à Port-Réal actuellement, ma petite chérie. Cersei culbute allègrement d'une bêtise dans une autre, aidée tout du long par son Conseil de sourds, d'aveugles et de corniauds. J'ai toujours prévu qu'elle ruinerait le royaume et se détruirait elle-même, mais je ne m'étais pas une seconde attendu à ce qu'elle le fasse tout à fait aussi promptement. S'en est presque contrariant. Je m'étais bercé de disposer de quatre ou cinq années peinardes pour semer de certaines graines et pour permettre de mûrir à certains fruits, mais maintenant... C'est une bonne chose que je me complaise à prospérer sur le chaos." 

"Par action et par omission" de P.D. James

"Par action et par omission" de P.D. James
Ed. France Loisirs 1980. Pages 451.
Titre Original: "Devices and desires"

Résumé: Le commandant Dalgliesh, qui vient de publier un nouveau recueil de poèmes, part se reposer sur la côte du Norfolk, dans un ancien moulin qu'une de ses tantes lui a légué. Dalgliesh compte bien pouvoir oublier quelque temps à la fois Scotland Yard et son éditeur, mais un psychopathe étrangleur de jeunes filles qui sévit dans le Norfolk semble se rapprocher dangereusement du cap de Larksoken et, en outre, notre poète-détective ne peut se soustraire longtemps à la sollicitude de ses voisins: Alex Mair, directeur de la centrale nucléaire récemment érigée sur le cap; Alice, sa soeur, élégante, réservée, intimidante; Hilary Roberts, directrice administrative de la centrale; Neil Pascoe, écologiste passionné qui, de sa caravane sur la plage, organise la " résistance " à la centrale; Ryan Blaney, artiste peintre veuf et affligé de quatre enfants, locataire indésirable d'un cottage appartenant à Hilary; Miles Lessingham, qui rend cette dernière responsable du suicide de son ami... Et voilà que, au cours de sa promenade du soir, Dalgliesh bute sur un nouveau cadavre portant la " signature " de l'Etrangleur _ certaine mutilation particulièrement macabre. Or, presque aussitôt, on apprend que l'Etrangleur s'est suicidé avant que ce dernier crime ait été commis...

La 7 de la page 7: "Il entra dans le bureau de celle-ci pour laisser une note avec son adresse de vacances." 

On ne peut pas dire que les intrigues de P.D. James soient mauvaises, loin de là, mais je me retrouve toujours avec le même problème avec l'auteur. Sa lenteur. C'est lent. Très lent. Trop lent. Au point de perdre tout intérêt pour l'intrigue au tiers du livre. Pourtant je continue, probablement par curiosité. 
Curiosité, non pas pour l'intrigue mais je veux juste vérifier qu'au moins, une fois, P.D. James sera capable de me surprendre. Et ce ne sera pas avec "Par action et par omission" que cela se produira. 
L'histoire met énormément de temps à démarrer et ne décolle jamais vraiment. 
Pire, je ne suis même pas parvenue à m'intéresser plus de dix minutes aux personnages et à ce qui leur arrivait. Un désintérêt total m'a accompagné durant toute ma lecture. 
On a ici une intrigue où tout le monde ment, tout le monde cache quelque chose et on a du mal, nous aussi, à cacher notre ennui de plus en plus présent. 
Beaucoup de personnages, mais aucun qui ne surpasse les autres, même pas Dalgliesh. 
Bref... Une déception... A nouveau. 

Extrait: "La quatrième victime du Siffleur fut aussi la plus jeune, Valerie Mitchell, quinze ans huit mois quatre jours, et elle mourut parce qu'elle avait manqué le car de vingt et une heures quarante Easthaven-Cobb's Marsh. Comme toujours, elle avait attendu la dernière minute pour quitter la discothèque et la piste n'était encore qu'un magma serré de corps virevoltant sous les projecteurs de fortune quand elle s'arracha aux mains exigeantes de Wayne, cria ses médications à Shirley au sujet de leurs projets pour la semaine suivante, assez fort pour dominer les pulsations rauques de la musique et quitta la salle.

mardi 6 juin 2017

"Le Trône de fer: Les sables de Dorne" (tome 11) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Les sables de Dorne" (tome 11) de George R.R. Martin.
Ed. J'ai Lu 2008. Pages 411.
Titre original: "Song of Ice and Fire: A Feast for Crows"

Résumé: Les têtes de nains tranchées ont beau s'accumuler sur le parvis de Castral-Roc, celle de Tyrion, meurtrier présumé de Tywin Lannister, son père, semble toujours solidement juchée sur ses deux épaules. Sa sœur Cersei, désormais régente, ne sait plus qui elle doit haïr le plus : lui ou la petite reine, Margaery, intriguante de basse-cour qui est parvenue à lui ravir le cœur du futur roi, son fils. Ses manœuvres ont beau être cousues de fil blanc, son joli minois et ses nombreux alliés font d'elle une rivale avec qui il faut compter. Pour autant, Cersei a encore quelques vilains tours dans son sac : ce n'est pas aux vieilles lionnes que l'on apprend à mordre...

La 7 de la page 7: "Et c'est en trombe qu'il croisa le char funèbre du seigneur son père pour regagner au plus vite la ville, dans le lointain." 

Avec ce onzième tome, on reste encore dans l'exposition de l'"après-Joffrey". Il y a du nouveau à Port Réal et Cersei se rend compte qu'elle regrette ses anciens "complices" Quitte à jouer au jeu du trône autant disposer des meilleurs joueurs. 
Les îles de Fer continuent à m'indifférer au plus haut point. On se doute que Martin veut en venir quelque part mais il est très difficile de comprendre où. J'ai énormément de mal à m'intéresser au sort des Greyjoy. Ils sont trop excentrés et du coup, on se retrouve loin de l'action. Même si il y en a peu. par contre, on commence à de plus en plus apprécier Jaime. Peut-être parce qu'on déteste de plus en plus Cersei. Et de ce fait on adore Margaery Tyrell. Enfin quelqu'un qui tient ouvertement tête à Cersei. 
Mais on continue à stagner en deuxième sans jamais vraiment embrayer. Le seul personnage qui continue à impressionner dans son évolution est Baelish. Il maintient le lecteur en haleine grâce à ses manières doucement féroces. Sans jamais réellement montrer ses cartes. Il manie le verbe comme d'autres manient l'épée tout en restant mystérieux. 
Sinon, oui, ce tome est lent et long. On attend quelque chose, n'importe quoi. Mais qu'enfin l'intrigue bouge... 

Le plus aimé: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "Je n'en ai pas envie! Elle n'a qu'à voler, ma bouillie d'avoine! 
Cette fois, Robert balança, le bol, bouillie d'avoine et miel et tout. Petyr Baelish baissa la tête en s'écartant lestement , mais mestre Coleman ne fut pas si prompt. Le récipient de bois l'atteignot en pleine poitrine, et l'explosion du contenu lui barbouilla la figure et les épaules. Pendant qu'il glapissait d'une manière on ne peut moins compatible avec sa maîtrise, Alayne essaya de calmer le petit, mais son intervention venait trop tard, déjà la crise s'était emparée de lui. Saisi d'une main fébrile, un pichet de lait prit l'air à son tour. En voulant se lever, Robert renversa on fauteuil, s'y empêtra, tomba par-dessus. L'un de ses pieds décocha dan le ventre de la jeune fille, une ruade si violente qu'elle en eut le souffle coupé.
Oh, bons dieux de bons dieux! entendit-elle petyr s'exclamer d'un ton écœuré."  

"Tous nos noms" de Dinaw Mengestu

"Tous nos noms" de Dinaw Mengestu
Ed. Albin Michel 2015. Pages 336.
Tiitre Original: "All our Names"

Résumé: Isaac, un jeune Africain, est venu aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange universitaire. Ni Helen, la jeune assistante sociale qui tombe amoureuse de lui, ni le lecteur ne connaissent son vrai nom : il l’a laissé derrière lui, en Ouganda, avec les promesses d’une révolution réprimée dans le sang par la future dictature, abandonnant aussi son ami le plus cher.

La 7 de la page 7: "Que je le croise ou non n'avait aucune importance, pourvu que je sois sous le charme." 

Quand j'ai ouvert "Tous nos noms", je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Et je n'en sais pas réellement su davantage en refermant le livre. Ce roman est empli de mystère, Isaac, le mystérieux. On ne connaît pas vraiment son nom ni son histoire. 
Le  récit est divisé en différentes parties. La première a lieu aux Etat-unis, dans un temps que l'on peut qualifier de "présent" dans le sens où la deuxième partie relate ce qu'il s'est passé avant. Et force est de constater qu'il est fort difficile pour le lecteur de faire la part des choses. Est-ce qu'il y a une meilleure partie? Difficile à dire. Dans la partie américaine, le rythme est soutenu et on suit les personnages en restant très intrigué. Malheureusement le personnage d'Helen nous gâche un peu le plaisir. Sa naïveté parfois (souvent) affligeante, frôlant la bêtise est assez rébarbative. 
Alors que la partie africaine reste un mystère pour le lecteur jusqu'à la fin. On se doute, bien sûr, qu'il y a certainement une supercherie quelque part dans le récit livré au lecteur. Et c'est peut-être là la plus grande force du roman. On peut partir du principe que le thème du racisme, central dans ce roman, est bien maîtrisé. Et le message véhiculé par l'auteur est clair et bien mené mais on reste, tout de même, sur un goût de trop peu. 

Extrait: "Quand j'ai rencontré Isaac, j'étais presque une femme d'un certain $age, comme aurait dit ma mère. Ce qui, pour elle, faisait de moi quelqu'un de vulnérable, alors que je n'ai personnellement jamais eu le sentiment de l'être, même du temps où il aurait été bien plu facile d'être un garçon."

lundi 5 juin 2017

"Le Trône de Fer: Le chaos" (tome 10) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Le chaos" (tome 10) de George R.R. Martin.
Ed. J'ai Lu 2007. Pages 341.
Titre Original: "A Song of Ice and Fire: A Feast for Crows"

Résumé: Les sept couronnes ne sont pas près de dormir sur leurs deux oreilles : Cersei, fidèle à elle-même, ourdit de nouveaux plans machiavéliques pour garder la bride sur Lannister, ce que la mort de Tywin et la fuite du nain Tyrion, son fils et meurtrier présumé, rendent délicat. Au mur, Samwell Tarly se voit confier par Jon Snow une mission qui l'enverra au-delà des mers. Et tandis que Brienne, la pucelle de Torth, poursuit sa quête de Sansa Stark, la sœur de cette dernière, Arya, prend le voile noir de l'ordre du dieu multiface, à Braavos. Et la situation n'est guère plus reposante dans les îles de fer, où la maison Greyjoy doit gérer une succession à tout le moins contestée.

La 7 de la page 7: "... se sont des histoires racontées par des matelots, l'interrompit Armen, par des matelots, mon cher Mollander." 

Premier tome de "A feast for Crows", et de ce fait, forcément, beaucoup de lenteur dans ce début d'intégrale. En même temps, il ne faudrait tout de même pas devenir trop gourmand. On a été servis comme des rois dans les deux tomes précédents, il est donc normal que Martin apaise un peu le jeu et permette à ses lecteurs de souffler deux minutes. Comme c'est un début d'intégrale, Martin doit également remettre chacun des personnages dans son contexte et mettre en avant les tenants et les aboutissants de l'action précédente. Qui est avec qui? Où sont-ils? 
D'un point de vue plus personnel, je ne suis pas très Greyjoy. De ce fait, toute la partie sur les îles de Fer m'a quelque peu ennuyée. Non pas par manque de qualité du texte, mais vraiment par antipathie pour cette famille. 
Fait intéressant, Brienne et Cersei ont leur chapitrage. Alors si, comme moi, vous faites partie de ceux qui pensent dur comme fer qu'il y a un narrateur à cette histoire, ça nous en fait déjà deux de moins à briguer le poste. De plus, cela nous permet de plus s'investir dans le personnage de Cersei. Ca aurait pu la rendre sympathique mais bon, il ne faut pas rêver non plus, Cersei reste Cersei... 
On est ici en présence d'un tome d'introduction où il a peu d'action et peu de tension. On reste sur nos acquis et on attend la suite avec impatience. 

Le plus aimé: Margarye Tyrell (même si ce bon Petyr reste notre chouchou incontestable et incontesté)
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "A sa mort, je déterrerai quelqu'un d'autre. Il n'était pas impossible qu'elle rappelle Littlefinger. Elle n'arrivait pas à imaginer le Val tolérer beaucoup plus longtemps Petyr Baelish dan le rôle du Lord Protecteur, à présent que Lysa Arryn était morte. les seigneurs locaux s'agitaient déjà, s'il fallait en croire Pycell. Une fois qu'ils lui auront arraché la tutelle de ce maudit mioche, c'est à quatre pattes et la queue entre les jambes que messire Petyr nous reviendra." 

"Au fond de l'eau" de Paula Hawkins

"Au fond de l'eau" de Paula Hawkins
Ed. Sonatine 2017. Pages 405.
Titre Original: "Into the water"

Résumé: Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

La 7 de la page 7: "Papa, assis sur la berge, en train de dessiner." 

Après le succès retentissant de "La fille du train", c'est avec impatience qu'on attendait le prochain Paula Hawkins. Et on ne peut s'empêcher une certaine excitation mais également de l'appréhension une fois qu'on le tient dans ses mains. Le premier roman avait souvent été critiqué pour une certaine lenteur. Je ne faisais pas partie de ces personnes qui ont trouvé "La fille du train" trop long voir ennuyeux. Non. J'avais adoré ce roman et j'attendais donc énormément du nouveau roman de l'auteure. 
Première constatation, Hawkins fait le choix de conserver la même structure narrative. Elle nous livre un roman divisé en chapitres de personnages. Et chacun d'entre-eux semble cacher quelque chose. Ou du moins, ne pas nous dire toute la vérité. Hawkins nous met en garde dès le départ: Ne faire confiance à personne dans ce roman. 
Nel s'est-elle suicidée? Un accident? Ou quelqu'un l'a-t-il poussée? Et surtout, pourquoi est-elle morte? Que savait-elle? Que cachait-elle? 
Dès les premières lignes, Hawkins met un rythme soutenu. Même si, par la suite, ce rythme connaîtra des hauts et des bas, il est peut probable qu'on taxe encore le texte de lenteur (ou alors on aime vraiment pas l'auteure et il faut passer à autre chose). 
De suite, on est envoûté par le récit, par les personnage intrigants et l'eau menaçante. Le lecteur doit faire la part des choses et soit tenter de découvrir les mystères par lui-même ou alors se laisser totalement porter par Hawkins. Mais le roman est tellement bien ficelé qu'il est difficile de faire autre chose que se laisser porter toujours plus loin dans cette histoire qui sombre de plus en plus dans la noirceur des secrets de famille, des trahisons et des incompréhensions entre personnages. 
Le lecteur choisit lesquels des personnages il va croire. Et, à coup sûr, il choisira ceux qu'il ne fallait pas. Ceux qui semble inoffensifs. Ceux qui ne nous poussent pas dans nos retranchements. Et c'est là que naît la puissance d'Hawkins. L'être et le paraître se mélangent et nous laissent essoufflés de n'avoir rien vu venir. Personne n'est réellement innocent. Certains sont simplement plus coupables que les autres. Et jusqu'à la dernière page, Hawkins nous roule dans la farine et nous fait tomber dans le piège. Un très bon thriller à mettre entre toutes les mains. 

Extrait: "Avant que sa vie entière ne vole en éclat, Louise n'avait jamais compris combien le deuil était gênant pour les autres.  Mais c'est terriblement inconfortable, en réalité, de croiser une personne endeuillée. Au début, on comprend sans difficulté ce chagrin omniprésent, on le respecte, même, mais au bout de quelques temps, il vient perturber les conversations, les rires, la vie normale. Les gens veulent passer à autre chose, continuer à avancer, et vous, vous restez là, devant eux, bloquant le passage, à traîner le corps de votre enfant morte derrière vous."

 

dimanche 28 mai 2017

"Catch 22" de Joseph Heller

"Catch 22" de Joseph Heller.
Ed Grasset (les cahiers rouges) 2015. Pages 570.

Résumé: Catch 22, l'Article 22, est un « attrape-nigaud » qui permet à un colonel américain d'imposer un nombre de missions sans cesse croissant à son escadrille de bombardement basée dans une petite île de la Méditerranée pendant la Seconde Guerre mondiale... Yossaran, héros tragi-comique de cette épopée burlesque, est décidé à tout tenter pour sauver sa peau : il estime que sa seule mission, quand il s'envole, consiste à atterrir vivant. Simuler la folie dans cet univers délirant lui paraît le meilleur moyen de tirer au flanc. Hélas, l'Article 22 stipule : « Quiconque veut se dispenser d'aller au feu n'est pas réellement fou. » Cette première oeuvre de Joseph Heller compte parmi les meilleurs romans américains de l'après-guerre.

La 7 de la page 7: "L'aumônier s'amena le lendemain de l'incendie." 

"Catch 22" est un roman bien curieux par bien des côtés. Déjà, c'est un roman de guerre qui n'en est pas un aux premiers abords. Ce roman est drôle tout en restant fondamentalement tragique. Le deuxième (voire troisième) degré est, ici, assez douloureux. 
Que cachent ces situations burlesques et ces situations cocasses sinon les atrocités de la guerre? Et c'est dans cet aspect que réside le côté déroutant de "Catch 22". On rit parfois et ensuite on se pose et on se rend compte du tragique de ce qui nous a fait rire. 
Si le livre part dans tous les sens, Heller nous livre pourtant une critique acide de la guerre, de son absurdité. L'innocence perdue à jamais pour une guerre absurde qui ne concernait pas ceux qui se sont battus en son nom. Le lecteur se sent comme jeté dans une histoire qui ne l'a pas attendu pour commencer et dont il connaît déjà la fin. 
Bien sûr, la plume d'Heller est drolesque au possible et pourtant c'est une véritable tragédie qu'il nous sert. On passe du coq à l'âne, de personnage loufoque à des situations tout aussi absurdes. A-t-on vraiment besoin de sens pour expliquer une guerre absurde. La preuve que non... 
Un livre drôlement tragique. 
Un livre tragiquement drôle. 

Extrait: "En fait, Major, Major devait sa promotion à une machine IBM dotée d'un sens de l'humour presque aussi développé que celui de son père. Quand la guerre éclata, il était encore docile et soumis. On lui dit de postuler pour des cours de cadets d'aviation et il postula, si bien, que dès la nuit suivante, il se retrouva pieds nus dans la boue glacée, à trois heures du matin, face à un sergent du Sud-Ouest, brutal et belliqueux, qui leur déclara qu'il pouvait réduire en bouillie n'importe quel soldat de son peloton et qu'il était prêt à le prouver séance tenante."  

"Le Trône de Fer: La loi du régicide" (tome 9) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: La Loi du Régicide" (tome 9) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2009. Pages 409.
Titre Original: "A Song of Ice and Fire: A Storm of Swords"

Résumé: Avec la disparition de Robb Stark, le royaume du Nord, déjà amputé par l'occupation des Fer-nés, miné par les trahisons sournoises de Roose Bolton, quasiment réduit au Conflans que contrôlent de plus en plus les Frey félons, en jouant sur les vieilles querelles locales, et au détriment de Vivesaigues, assiégé et promis à l'un des leurs, n'est plus guère qu'un héroïque souvenir. Ainsi les Lannister semblent-ils assurés de triompher. Les jours de l'unique prétendant légitime au Trône de Fer, Stannis Baratheon, réfugié sur sa malheureuse île de Peyredragon, sont comptés. Mais c'est oublier les haines séculaires, internes et externes, qui l'entourent et peuvent tout remettre en question.

La 7 de la page 7: "Des hommes à Lord Bolton."

Dans "La Loi du Régicide", on retrouve nos personnages préférés là où on les avait laissés dans le tome précédent, "Les Noces Pourpres". Martin avait laissé ses lecteurs pantois et avides de la suite, ne leur laissant qu'un seul objectif: retourner, au plus vite, à Westeros. Ces personnages, parfaitement maîtrisés par Martin sont devenus un peu les nôtres. On les adore. On les déteste. On adore les détester. On déteste les adorer. Ils nous hantent. Ils font ressortir une part de nous qu'on ne savait pas posséder. Personne n'est foncièrement bon ni foncièrement mauvais. Dans le monde de Martin, il n'y a pas de "gentils" ou de "méchants". Juste des êtres humains qui font des choix, bons ou mauvais. (Bon, ok, il y a aussi des dragons...) 
La couronne vacille et tous sont affamés de vengeance et de pouvoir. A chaque page,  une potentielle trahison pointe le bout de son nez. A tout moment, tout peut basculer. Le lecteur est en tension perpétuelle. Il ne veut pas voir son (ses) personnage(s) préféré(s) mordre la poussière. Les certitudes s'effondrent et les cartes ne sont pas dans les mains de ceux que l'on croyait. A qui peut-on faire confiance? A personne. Ce qui est intéressant dans ce tome, c'est de remarquer que les allégeances du lecteur se font surtout par les interactions entre les personnages. 
Par exemple, on ne peut aimer Baelish sans aimer Sansa. Mais on ne peut détester Jaime puisqu'on adore Tyrion. Là où on ne supporte pas Cersei, Tywin nous la rendrait presque sympathique. Des personnages qu'on détestait au départ sont soudain appréciés uniquement en raison des interactions qu'ils peuvent avoir avec des personnages qu'on préfère. Si on reprend l'exemple de Ned Stark, est-ce que quelqu'un a vraiment détesté Ned Stark? Mais même si on l'adore, au fur et à mesure que les tomes avancent, on ne peut que constater qu'il avait quand même une vision de choses assez naïve (et on utilise "Naïve" parce qu'on ne dit pas du mal des morts... Sinon, oui, il y a bien un terme plus efficace pour décrire le comportement de Ned...) 
Les personnages de Martin ne sont pas figés. Même les morts continuent de hanter les pages et, tour de force de l'auteur, même eux continuent à avoir une évolution. 
Même quand le texte est plus faible ou que l'action est plus lente, Martin est toujours sauvé par ses personnage, nos personnages.
On en redemande, sans jamais vouloir que la saga se termine. 

Le préféré: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Tywin Lannister. 

Extrait: "Aux premières lueurs de l'aube, il constata que la seule idée de manger lui soulevait le coeur. Au coucher du jour, je risque de me trouver en posture de condamné. La bile lui donnait des acidités d'estomac, son nez le démangeait furieusement. Il le grattouilla de la pointe de son couteau."

"L'Hôtel Hanté" de Wilkie Collins

"L'Hôtel Hanté" de Wilkie Collins.
Ed. de l'Autre 2006. Pages 277.
Titre Original: "The Haunted Hotel"

Résumé: Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse Narona ? Une intrigante prêt à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? Entre Londres et Venise, Collins campe les personnages aux facettes multiples et complexes qui seront, consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à se révéler suspecte. Un des grands romans de Wilkie Collins !

La 7 de la page 7: "Hier, ne craignez pas une longue histoire, monsieur, hier même, je verrai de prendre part à un de vos lunchs anglais, lorsqu'une dame qui m'était tout à fait inconnue arriva." 

"L'Hôtel Hanté" est clairement à classer dans la catégorie "suspens du 19ème siècle". Les codes ne sont pas forcément ceux de maintenant mais on y trouve quand même le même type de structure. Les répétitions, fort présentes, permettent de construire une tension palpable tout le long du récit. Si on peut accabler ce roman de certaines longueurs voire même une certaine lenteur, force est de constater que lorsque l'action accélère, le lecteur ne peut que suivre au rythme  de plus en plus soutenu imposé par Collins. Les rebondissements s'accumulent et poussent le lecteur dans ses retranchements. Et au fur et à mesure que le rythme change, le texte devient de plus en plu troublant. 
Une lecture soutenue qui mérite qu'on s'y accroche et qui donne envie de continuer un bout de chemin avec Wilkie Collins. 

Extrait: "La couleur revint à ses joues, sa main trembla. Elle était belle ainsi, les yeux baissés et la poitrine se soulevant doucement. Il aurait donné tout au monde pour la prendre dans ses bras et l'embrasser. Une sympathie mystérieuse, une pression de la main fit comprendre à Agnès cette pensée secrète. Elle lui ôta sa main, et fixa sur lui son regard. Elle avait des larmes aux yeux. Elle ne dit rien; son regard parlait pour elle. Il disait, sans colère, sans haine, mais nettement, qu'il ne fallait pas la presser davantage en ce moment."  

dimanche 2 avril 2017

"Le Trône de Fer: Les Noces Pourpres" de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Les Noces Pourpres" de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2009. Pages 442. 
Titre Original: "A Song of Ice and Fire: A Storm of Swords" 

Résumé: Le temps des batailles est révolu ; le fier royaume des sept couronnes n'est plus qu'un champ de ruines. Les quelques prétendants qui s'opposent encore nouent alliances et accords par des mariages arrangés et sans amour. Seuls les plus subtils et les plus retors l'emporteront... car quand l'épée échoue, la trahison prend le relais. Et pendant ce temps, par-delà les mers, loin dans les terres brûlées, Daenerys, dernière descendante de la lignée des Targaryen, conquiert un gigantesque empire pour restaurer l'antique puissance de Valyria et de ses dragons...

La 7 de la page 7: "Faut tous que ça meure, les humain, Jon Snow."

Une gifle. Il n'y a pas mieux pour décrire ce tome du Trône de Fer. Oubliez ce que vous croyiez savoir. Rien n'est tel qu'on vous l'a conté. Une ombre plane sur Westeros et ce ne sont pas ceux que l'ont croit qui jouent le mieux le jeu du trône... On commence...
"Les Noces Pourpres" est probablement le tome que j'ai préféré jusqu'à maintenant. Impossible de le lâcher jusqu'à la gifle gigantesque que le lecteur reçoit au dénouement de ce tome. Les personnages sont en place. Chacun d'entre eux à un rôle à jouer. Mais la force de Martin, ici, est de nous faire oublier certains de ses personnages qui pourtant se révèleront être cruciaux, centraux même. 
Commençons par Daenerys. On la voit peu mais quand elle intervient, c'est dans une apothéose gigantesque. La jeune femme devient de plus en plus impressionnante et gagne en puissance. Elle devient une véritable joueuse du  jeu du trône. 
Du côté Stark, la tension monte entre la mère et le fils. Et on tremble quand même pour eux, car dans le monde de Martin, personne n'est à l'abri. Et il suffira de deux mariages dans cette histoire pour que tout bascule. Le premier, celui de Edmure Tully et d'une des filles Frey. Pour laver l'affront fait à sa famille, Walder Frey commet l'impensable (quoique...) La violence se déchaîne, laissant le lecteur pantois et en apnée. Martin nous arrache des personnages auxquels on s'était attaché. Brutalement. Un deuxième mariage s'ensuit. Nous délivrant d'un personnage devenu insoutenable. Morts et mariages pour les Noces Pourpres. Jusqu'au dénouement final. Et c'est là que réside la puissance de Martin. Un personnage que l'on appréciait déjà beaucoup se révèle être beaucoup plus important que ce qu'on avait prévu. Tout est calcul. Tout était prévu. Et on a strictement rien vu venir. Un joueur de plus. Et pour le coup, quel joueur... Dans une saga où la force et les alliances politiques sont légion, c'est l'intellect qui gagne. C'est le plan parfaitement pensé que le lecteur n'a pas vu venir. C'est ce personnage, qui à lui seul, renverse tous les pions dans une apothéose jouissive. C'est bon. On l'a trouvé notre personnage préféré de la saga de Martin. Parce qu'il a mis un terme au règne de terreur, parce qu'il joue depuis le début sans qu'on l'ai vu venir. Et parce que le plan est parfait. Parce que dans ces batailles de testostérone, dans ces trahisons, dans ces personnages dégoulinants d'honneur, on a enfin trouvé un personnage à la hauteur de l'ambition de Martin. Ça y est, je suis amoureuse de ce personnage sarcastique. De ce personnage dont personne ne se méfie jamais réellement... Mais qui en un tour de force intellectuel renverse l'échiquier. La guerre est là. Les forces ont changé de camps. Et à partir de maintenant, tout est possible. Le meilleur tome jusqu'à présent. Et une belle leçon, pas besoin d'épée pour renverser le pouvoir. Que va-t-il advenir de Westeros maintenant?... Tout peut arriver. Vivement la suite. 
Le préféré: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Joffrey Baratheon. 

Extrait: 
"-Le... quel jeu?
-L'unique jeu. Le jeu des trônes. 
Il lui repoussa du front une mèche folle. 
-Vous êtes assez vieille pour apprendre que votre mère et moi étions plus qu'amis. Il fut un temps où Cat incarnait tout ce que je désirais dans ce monde (...) Plus jamais ils ne vous importuneront. Vous êtes en sécurité, maintenant, voilà tout ce qui compte. Vous êtes en sécurité avec moi, et vous êtes en route pour rentrer chez vous."  
 

"Nous allons mourir ce soir" de Gillian Flynn

"Nous allons mourir ce soir" de Gillian Flynn. 
Ed. Sonatine 2016. Pages 96. 
Titre Original: "What do you do?" 

Résumé: Après une enfance difficile, la narratrice anonyme devient travailleuse du sexe. Des années d’expériences ont développé chez elle un véritable don pour décrypter la psychologie de ses interlocuteurs, leurs intentions et leurs envies. Aussi lui arrive-t-il de donner des conseils à des âmes en peine. Lorsqu’elle rencontre Susan Burke, une femme aisée aux prises avec une situation dramatique, elle lui propose de l’aider. Susan et sa famille ont emménagé à Carterhook Manor, une vieille demeure inquiétante, marquée par une violente histoire vieille de cent ans. Sur place, la narratrice rencontre Miles, le beau-fils de sa cliente, un adolescent au comportement étrange et glaçant. Saura-t-elle découvrir toute la vérité sur Carterhook Manor et la famille qui l’habite désormais ?

La 7 de la page 7: "Par conséquent toute l'affaire prend plus de temps qu'il ne serait souhaitable pour tout le monde." 

Cette histoire de Flynn est certes courte, mais elle est terriblement efficace. Personne n'est celui qu'il prétend. Flynn parvient à mettre en place une atmosphère où le lecteur est envahi d'une paranoïa constante et croissante. On ne sait plus où donner de la tête. Dès qu'on semble avoir trouvé une solution, on est pris à revers par une nouvelle révélation, un nouveau doute. La plume acérée de Flynn nous tient en apnée 96 pages durant. Qui pouvons-nous croire? Où avons-nous mis les pieds? Non seulement la plume est efficace mais l'histoire qu'elle sert nous offre des personnages complexes et qui valent vraiment le détour. La fin de cette courte histoire est explosive et nous réserve de belles surprises. Court mais tellement bon. 

Extrait: "Je l'ai retrouvée dans sa maison le lendemain. En remontant sa rue dans mon fidèle pot de yaourt j'ai pensé: de la rouille. Pas du sang. Une substance qui émanait du toit. Qui sait quels matériaux on employait dans la construction de vieilles maisons? Qui sait ce qu'il pouvait filtrer après une centaine d'années? Restait à savoir comment aborder la chose. Ça ne me tentait vraiment pas, de me lancer dans l'exorcisme et la démonologie, un truc de bigots à la con." 

"Le Trône de Fer: L'épée de Feu" de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: L'épée de Feu" de George R.R. Martin 
Ed. J'ai Lu 2003. Pages 374. 
Titre Original: "A Song of Ice and Fire: A Storm of Swords" 

Résumé: Les sept couronnes sont exsangues. Le royaume panse ses plaies. Les guerres ont vidé les campagnes, les épidémies ont ruiné les récoltes et les pillards écument les terres dévastées. Pourtant il y a toujours autant de prétendants qui briguent la couronne : chacun dans son repaire échafaude des stratégies. Les Lannister multiplient les alliances fragiles, Stannis Baratheon se réfugie toujours davantage dans le culte de R'hllor, le maître de la lumière, et Robb Stark soupire après son fief en lambeaux. Mais d'autres ennemis se massent aux frontières, loin dans le nord. Et, pendant que les puissants avancent leurs pions, les faibles tentent de survivre..

La 7 de la page 7: "Je ne voudrais pas vous blesser, Régicide." 

Retour à Westeros où les choses bougent pas mal et de toute part. Si on est encore dans un style d'exposition de l'intrigue, on sent la tension monter et on en sait plus sur certains personnages. Le lecteur se retrouve poussé dans ses retranchements en ce qui concerne plusieurs personnages. Celui avec lequel c'est le plus flagrant est sans doute Jaime Lannister. On l'a détesté depuis le début et maintenant, après deux tomes, on se retrouve à vraiment l'apprécier. C'est déroutant. Et en même temps, c'est très représentatif de la complexité que Martin met dans ses romans. Le lecteur ne peut se contenter de rester spectateur passif dans les romans de Martin. Il ne peut faire autrement que s'impliquer dans cette épopée magistrale. 
Mais il n'y a pas qu'à Westeros que les choses bougent. Loin de là. Déjà, Jon prend de l'ampleur au Mur. On peut apprécier son côté loyal. Ou alors vous pouvez être comme moi, et ne pas vraiment vous soucier de ce qui arrive au Mur... Ce sera certainement pour plus tard, je suppose. 
Par contre, Stannis se pose là comme une véritable enflure. On ne l'aime pas des masses malgré un chapitrage Davos qui, lui, nous est assez sympathique. 
En ce qui concerne Robb, on  a tendance à oublier qu'il est encore fort jeune. Mais on ne peut s'empêcher d'avoir envie de lui coller des claques tellement ses actions sont puériles. 
En refermant ce tome, on sent que le suivant sera probablement palpitant. Martin a tout mis en place pour une fin explosive de "A Storm of Swords". On en veut pour preuve le final de Daenerys, à couper le souffle du lecteur. 
La guerre gronde et les pions avancent sur l'échiquier de Martin. Tout est en place pour une suite que l'on espère vertigineuse. 
Le plus aimé: Daenerys Targaryen. 
Le plus détesté: Tywin Lannister. 

Extrait: "La faux de la destruction s'étant abattue de part et d'autre de la route royale sur deux journée de chevauchée, devant eux s'étendaient à perte de vue des champs et des vergers calcinés d'où saillaient des moignons d'arbres pathétiques. Et comme le feu n'avait pas davantage épargné les ponts, que les pluies d'automne grossissaient les cours d'eau, force était de patrouiller le long des rives en quête de gués. On ne voyait âme qui vive, mais les loups peuplaient chaque nuit de leurs hurlements."

"De si parfaites épouses" de Lori Roy

"De si parfaites épouses" de Lori Roy. 
Ed. Points 2016. Pages 363. 
Titre Original: "Until she comes home" 

Résumé: Detroit, en 1958, à la fin du mois de juin.
Dans le quartier ouvrier blanc d’Adler Avenue, l’atmosphère est pesante, l’air chargé de menaces.
Les grandes usines où tous les hommes sont employés commencent à fermer et, plus inquiétant encore, des gens de couleur s’installent dans le quartier.
Dans leurs maisons proprettes aux rideaux parfaitement tendus et aux pelouses bien entretenues, les femmes s’observent et se méfient.
Les jours de paie, on a vu des femmes noires près de l’usine aguicher leurs maris en portant des tenues inappropriées.
Dans Adler Avenue, il y a Julia qui doit veiller sur ses jumelles, son amie Grace, enceinte de huit mois, et leur voisine Malina, toujours impeccable, qui donne le ton des discussions et orchestre d’une main de maître la vente de charité de la paroisse de St Alban’s, et puis il y a Elisabeth, la jeune fille un peu attardée, qui vit avec son vieux père.
Tous les jours, les hommes rentrent crasseux de l’usine, et tous les jours, leur épouses les attendent bien sagement à la maison.
Mais un après-midi, Elisabeth disparaît.
Alors que les hommes quadrillent le quartier dans l’espoir de la retrouver, la tension monte.
Julia et Grace sont les dernières à avoir vu Elisabeth.
Y a-t-il un lien avec le meurtre d’une jeune femme noire dans l’entrepôt à côté de l’usine ?
Pour les parfaites épouses d’Adler Avenue, le mal a pris ses racines dans leur petit paradis.

La 7 de la page 7: " Toujours sur le trottoir, elle se penche et scrute cette voie sombre qui flanque le côté de l'usine." 

Dans une Amérique "bien blanche", une jeune femme disparaît après qu'une autre ait été tuée. Il n'en fallait pas tant pour que les tensions raciales ne s'éveillent dans ce Détroit des années 50. Le chaos s'installe doucement dans le quartier. Les hommes mettent tout en oeuvre pour retrouver la disparue, quitte à oublier leur propre foyer. Mais ce roman est un polar de femmes. Elles sont au centre de l'intrigue. Chacune apportant un pion à l'échiquier 
Roy nous livre, tout d'abord, un bon suspens, bien ficelé. Mais c'est surtout sa critique de la société américaine qui nous interpelle. Le côté polar du roman est comme une sorte d'excuse, un prétexte pour décortiquer cette société racialement divisée. L'ennemi est forcément dans le camps adverse. On ne voit pas le danger dans son propre groupe. La plume et le style sont recherchés et efficaces sans pour autant être poussiéreux. Alors je me demande vraiment pourquoi ce roman ne m'a pas plus accrochée que cela. Je ne me suis pas du tout investie dans ce roman, pourtant bon. J'ai navigué entre les lignes sans pour autant être harponnée dans cette ambiance noire et dure. Ce n'était peut-être tout simplement pas pour moi ou pas le moment... Mais cela reste un bon roman. 

Extrait: "De peur de trahir sa présence par le claquement de ses escarpins en cuir rouge sur le bitume, Malina veille à marcher sur la pointe des pieds en s'approchant de l'endroit où la femme a été tuée. A l'entrée de la ruelle, elle marque une pause et tire sur ses manches trois quarts. La vendeuse chez Hudson lui a dit que cette nouvelle longueur ne seyait pas à tout le monde, mais qu'elle lui allait parfaitement, à elle qui était si menue."

"LeTrône de Fer: Intrigues à Port-Réal"

"Le Trône de Fer: Intrigues à Port-Réal" (tome 6) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2003. Pages 346. 
Titre Original: "A Song of Ice and Fire: A Storm of Swords" 

Résumé: Le jeune et inconséquent roi Joffrey semble bien installé sur le trône de fer. L'usurpateur Baratheon est mort, l'armée de son frère Stannis a été défaite devant Port-Réal et le souverain Robb se retrouve dépossédé de ses propres terres. Joffrey n'a pourtant participé à aucune bataille. Il doit ces succès au courage de son oncle Tyrion et à la ruse de son grand-père Tywin. C'est un roi velléitaire, lâche et cruel qui s'apprête donc à régner sur les Sept Couronnes. Toutes les forces en présence n'ont cependant pas dit leur dernier mot. Là où les épées n'ont pu l'emporter, la puissance de la magie réussira-t-elle ?

La 7 de la page 7: "Les trois hommes durent barboter pour franchir le ruisseau." 

La première innovation de ce tome est le chapitrage de Jaime. Catelyn l'a libéré pour qu'il retrouve ses filles. Mais c'est sous bonne garde que Jaime voyage, accompagné de Brienne. Si on a très longtemps détesté Jaime qui, après tout, a poussé Bran, ce personnage prend de plus en plus d'ampleur et on commence a réellement s'attacher à lui. 
Pendant ce temps là, à Port-Réal, Tyrion se remet, difficilement, de ses blessures. On se sent mal pour ce personnage qu'on apprécie depuis le début. Par contre, la haine qu'engendre Cersei ne semble pas diminuer. Elle est juste parfois adoucie par le dégoût que nous inspire le père Lannister, Tywin. Alors même si on commence à entrevoir un nouveau Jaime, force est de constater que le seul Lannister qui trouve grâce à nos yeux est bien le seul Tyrion. Le reste de la famille peut bien se jeter dans le Trident qu'on ne bronchera pas une seule seconde. Il est pourtant intéressant de constater que les relations que Tyrion entretient avec son père sont peut-être une des raisons majeures pour laquelle on apprécie le nain. Bon sang, on aime vraiment pas Tywin. 
Si dans ce tome, on stagne un peu, il faut se tourner du côté du Mur pour voir les tensions monter de plus en plus. Les trahisons sont proches et les conflits de plus en plus palpables. Nul n'est à l'abri de voir sa tête au bout d'une pique. "Intrigues à Port-Réal" porte bien son nom et ce tome de "transition" permet d'entrevoir une suite bien alléchante. 
Le personnage préféré: Tyrion Lannister. 
Le personnage le plus détesté: Tywin Lannister. 

Extrait: "C'est par amour, évidemment, qu'il était entré dans la garde. Leur père avait mandé Cersei à la Cour quand elle avait douze ans, dans l'espoir de lui décrocher des noces royales. Il déboutait tous les prétendants, préférant la garder près de lui dans la tour de la Main tandis que, grandissant en âge et en féminité, elle devenait plus belle que jamais. Sans doute attendait-il que le prince Viserys sorte de l'enfance, voir que Rhaegar perde sa femme en couches, Elia de Dorne n'ayant pas une santé florissante."