mardi 24 novembre 2015

"Désolation" de Stephen King

"Désolation" de Stephen King
Ed. Albin Michel 1996. Pages 571.
Titre original: "Desperation"

Résumé: La route 50 coupe droit à travers le désert du Nevada, sous un soleil écrasant. On n'y entend que le jappement lointain des coyotes. C'est là qu'un flic étrange, un colosse aux méthodes très particulières, arrête des voyageurs sous des prétextes vagues, puis les contraint de le suivre à la ville voisine Désolation. Et le cauchemar commence...

La 7 de la page 7: "Mary lâcha l'épaule de Peter et se recroquevilla contre sa portière, aussi loin qu'elle put du gérant qui approchait." 

Mon tout premier Stephen King! De ce fait, j'en garde un souvenir assez particulier. Découverte d'un nouvel auteur qui va m'accompagner pendant des années (et qui m'accompagne toujours d'ailleurs) 
L'histoire est originale et rondement bien menée par le maître de l'épouvante. Je me suis vite attachée aux personnages et j'ai vécu l'histoire à fond avec eux, du début à la fin! 
Dans "Désolation", King nous offre une histoire de confrontation frontale entre le bien et le mal. L'angoisse est au rendez-vous et l'intrigue est redoutable. 
Un très bon King. 

Extrait: "J'ai couru par instinct de survie, se dit-elle, et c'est une chose que je ne pourrai jamais expliquer - par des mots, ni en parlant ni même dans un poème - ce que c'est de courir non pas pour manger, ni pour une médaille, ni pour un prix, ni pour attraper un train, mais pour sauver sa putain de vie. " 

"Le Manuel du Serial Killer" de Frédéric Mars

"Le Manuel du Serial Killer" de Frédéric Mars
Ed. Hachette (Black moon) 2013. Pages 462.

Résumé: Dans deux heures ou trois heure tout au plus, ce garçon sera mort.
Je vous raconte la suite ?
Les hululements de douleur du môme qui se tient le ventre à deux mains ?
Ses convulsions sur le sol de la cuisine familiale ? Les cris de la mère qui découvre son fils déjà quasi exsangue ? Raide comme une batte. Vidé ou presque de son sang, écrasé comme un petit cafard sur le carrelage immaculé.
Les yeux du gamin ont cessé de papillonner. Le coma ne va pas tarder à l'emporter. Même avec la meilleure volonté du monde, le médecin ne sera pas sur place avant plusieurs minutes. Et, sans soins immédiats, il va ...
Alors, je vous la raconte ou pas, cette suite ?
Non.Je vais plutôt vous parler de moi. C'est ça, de moi seul.
La mort est en moi. Là, dans ma tête. Elle y a toujours été comme chez elle.

La 7 de la page 7: "Un petit coin d'humanité où elle s'épanouit semble-t-il plus qu'ailleurs." 

On m'avait beaucoup parlé de ce livre, et surtout en termes élogieux. Très élogieux. Même les critiques étaient assez bonnes. Et honnêtement... je ne comprends toujours pas. Je me suis vraiment beaucoup, beaucoup ennuyée. Et pourtant j'ai vraiment essayé de m'accrocher. Mais rien n'y a fait. Ce livre m'est complètement passé au-dessus de la tête. Bon, je ne dis pas que ce n'est pas un bon livre, il n'a simplement pas d'arguments suffisants pour me convaincre. 

Extrait: "Quand tout vous échappe, se raccrocher à des dates apparaît comme un ancrage rassurant. Un port abrité, comme il en existe encore dans certaines îles de la baie de Boston, où vos pensées peuvent mouiller en toute quiétude. Rien ne peut venir contredire la vérité qu'énonce un calendrier. C'est un havre sûr. " 

"Série Z" de J.M. Erre

"Série Z" de J.M. Erre 
Ed. Pocket 2014. Pages 284. 

Résumé: Cinéphile, Félix Zac écrit des scénarios qu'il n'achève jamais. Jusqu'au jour où, mystérieusement inspiré, il parvient à conclure L'hospice de l'angoisse, dans lequel un cadavre jette le trouble à la Niche Saint-Luc, une joyeuse maison de retraite, bientôt suivi par d'autres. Les ennuis commencent lorsque la fiction rattrape la réalité.

La 7 de la page 7: "Mais, ce matin-là n'était pas comme les autres, Félix le savait." 

Non seulement l'histoire est complètement décalée mais le style suit le mouvement. 
On est en présence de personnages totalement atypiques. On a des références à des films aux titres improbables, des policiers qui mettent en place des grilles statistiques de suspects, un héro complètement à côté de ses pompes et des vieux qui n'en font qu'à leur tête! 
On en oublie parfois que c'est un roman policier. Parfois l'humour n'est peut-être pas assez subtil pour nous arracher plus qu'un tiers de sourire mais certains mots et certaines situations en valent la peine. 
Ça se lit vite et ça se lit bien. C'est parfois un peu décousu mais on passe quand même un bon moment. 

Extrait: "Attention, ce qui suit est une scène de violence flirtant avec les cimes de l'abomination. Pour les moins de seize ans, la présence d'un responsable légal pendant la lecture est souhaitable. Tout le monde est prêt? C'est parti."
 

"Rebecca" de Daphné du Maurier

"Rebecca" de Daphné du Maurier
Ed. Le Livre de Poche 1985. Pages 410.

Résumé: Sur Manderley, superbe demeure de l'ouest de l'Angleterre, aux atours victoriens, planent l'angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l'ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ? Daphné du Maurier plonge chaque page de son roman - popularisé par le film d'Hitchcock, tourné en 1940, avec Laurence Olivier et Joan Fontaine - dans une ambiance insoutenable, filigranée par un suspense admirablement distillé, touche après touche, comme pour mieux conserver à chaque nouvelle scène son rythme haletant, pour ne pas dire sa cadence infernale. Un récit d'une étrange rivalité entre une vivante - la nouvelle madame de Winter - et le fantôme d'une défunte, qui hante Maximilien, exerçant sur lui une psychose, dont un analyste aurait bien du mal à dessiner les contours avec certitude. Du grand art que l'écriture de Daphné du Maurier, qui signe là un véritable chef-d’œuvre de la littérature du XXe siècle, mi-roman policier, mi-drame psychologique familial bourgeois.

La 7 de la page 7: "Il y a des gens qui lisent des guides pour le plaisir d'imaginer d'impossibles voyages." 

J'ai lu ce livre il y a déjà un petit moment. Par une soirée glacée d'automne, j'ai décidé de le relire. La construction narrative de du Maurier est aussi saisissante que dans mon souvenir. On emménage à Manderley en même temps que la protagoniste. On en découvre les coins et les recoins. On frissonne au contact de madame Danvers. Mon souvenir ne m'avait donc pas trompée, "Rebecca" est toujours bien ce très bon roman, digne successeur de l'ère Victorienne. 
Certes, on ne peut s'empêcher de soupirer à la naïveté de la protagoniste. Les pièges sont gros comme des maisons. Mais on aime l'ambiance de ce manoir anglais et l'aura qui entoure Rebecca. 
Allez, on en redemande! Du coup, on va se regarder le film parce que il fait quand même bien pourri dehors! (Et il faut dire que le film est particulièrement bien fait, mais ça, c'est encore une autre histoire.) 

Extrait: "Il ne m'appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l'avait dit, elle était dans cette chambre de l'aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l'escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu'elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n'avais rien à faire ici."  

"Jack L'Eventreur: Affaire classée. Portrait d'un tueur" de Patricia Cornwell

"Jack L’Éventreur: Affaire classée. Portrait d'un tueur" de Patricia Cornwell
Ed. des deux terres 2003. Pages 438.
Titre Original: "Jack the Ripper - Case Closed"

Résumé: Entre les mois d'août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l'East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial Biller Jack l'Eventreur. Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde. C'est lors d'une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s'est intéressée à " l'affaire " Jack l'Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle. Très vite, elle a eu l'intime conviction que Sickert et l'Eventreur ne faisaient qu'un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l'auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves. Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l'étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l'arrière-plan de cette sinistre affaire l'Angleterre à l'époque victorienne. Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.  

La 7 de la page 7: "Les étoiles se fichaient pas mal de lui." 

Bon. On ne va pas se mentir... J'ai été très déçue par ce livre (qu'on ne qualifiera pas de roman puisqu'il est vendu comme une enquête sérieuse sur Jack L’Éventreur.)   Il existe bon nombre d'auteurs qui ont, à un moment, décidé de revêtir leur cape d'enquêteur pour tenter de résoudre la plus célèbre série de crimes ayant touché Whitechapel à la fin du 19ème siècle. Et chacun d'entre eux à son suspect préféré. Mais ils ont souvent tendance à mettre en avant ce qui cautionne leur théorie en passant sous silence ce qui la mettrait à mal. Et c'est exactement le problème dans cette enquête de Cornwell. On sent bien que son coupable est déjà tout désigné et que l'ensemble des faits vont être détournés pour aller dans son sens. Et c'est exactement ce qu'il se passe ici. Elle met de côté tout ce qui pourrait aller à l'encontre de son fait: Walter Sickert est Jack L’Éventreur. Le problème fondamental, c'est qu'elle ne s'appuie que sur une vague comparaison graphologique. Tout ce qu'elle peut prétendre, c'est que, peut-être, Sickert a-t-il écrit à Scotland Yard. Si on prend en considération que les preuves graphologiques sont parfois (souvent) à prendre avec caution, il est quand même assez faible de baser sa réflexion juste là-dessus. Parce qu'il faut bien constater, que mis à part cela, Cornwell ne se base sur presque rien d'autre de concret. Alors, non, ça ne tient pas. Non seulement Cornwell n'est pas convaincante mais en plus je me suis sentie flouée dans ma lecture, forcée dans ma réflexion. Bref, je n'y ai pas cru un seul instant. 

Extrait: "Les psychiatres interprètent les états mentaux et les désirs émotionnels d' un patient à travers son comportement et les aveux de ses sentiments et de ses actes. Les médecins des morts, eux, doivent faire ces mêmes interprétations en utilisant le braille des blessures, anciennes et récentes, les résidus présents sur le corps, la manière dont une personne est habillée et où elle est morte. Écouter parler les morts est un don unique, et cela nécessite une formation hautement spécialisée. Le langage du silence est dur à interpréter, mais les morts ne mentent pas. Il et parfois difficile de les comprendre, et on peut les comprendre de travers, ou ne pas les retrouver avant qu' ils aient cessé de parler. Mais s' ils ont encore des choses à dire, la véracité de leurs affirmations est implacable."

vendredi 20 novembre 2015

"Magicien, le mage" de Raymond E. Feist

"Magicien, le Mage" de Raymond E. Feist
Ed. Milady 2013. Pages 477.
Titre Original: "The Magician"

Résumé: La guerre fait rage et a séparé les amis d’autrefois.
Pug a été capturé et réduit en esclavage, mais dans l’empire exotique de Kelewan, il découvre peu à peu les pouvoirs incroyables qui dormaient en lui depuis longtemps.
Tomas est devenu un guerrier aussi respecté que craint, et le prince Arutha, quant à lui, doit déjouer à la cour les complots visant à déstabiliser le royaume.
Bientôt, tous vont devoir s’unir contre un ennemi venu de la nuit des temps...

La 7 de la page 7: "L'honneur est trop grand." 

Deuxième tome de cette réédition de "La Guerre de la Faille". On retrouve les mêmes personnages que dans le tome précédent. Sauf qu'ils sont de plus en plus en mauvaise posture. Pug prend de plus en plus d'ampleur et de puissance. On sent l'apothéose arriver. 
Les descriptions de Feist sont très précises, ce qui permet au lecteur de bien imaginer les deux mondes où évoluent les différents personnages. 
Avec ce deuxième tome, on entre dans le vif du sujet, sans pour autant que les personnages en souffrent. Ils sont toujours bien campés et bien décrits par Feist. 
On attend la suite de ces chroniques de Krondor avec impatience. 

Extrait: "Les femmes n'aiment pas qu'un homme qu'elles n'apprécient pas leur montre trop d'intérêt, mais il y a une chose qu'elles détestent encore plus, c'est le manque d'attention de la part d'un homme qu'elles apprécient. " 

"La rivière rouge sang" de Ann Rule

"La rivière rouge sang" de Ann Rule
Ed. Le Livre de Poche 2007. Pages 377.
Titre original: "Green River Running Red"

Résumé: En novembre 2001, Gary Ridgway, le tueur en série le plus meurtrier des États-Unis, est enfin arrêté. L'assassin de la " Green River ", le fleuve vaseux dans lequel il plongeait ses victimes après les avoir violées et étranglées, échappait à la police depuis vingt ans. Voilà justement vingt ans qu'Ann Rule suit pas à pas les avancées de l'enquête, qu'elle réunit des indices sur le tueur et son mode opératoire, qu'elle collecte des informations sur les quarante-huit victimes.
Qu'avaient en commun ces jeunes filles au physique si différent ? Leur fragilité psychologique, leur existence marquée par des drames indélébiles ? La réponse se trouve-t-elle au fond de cette rivière rouge sang, sinistre sillage d'un serial killer qui se croyait insaisissable ?

La 7 de la page 7: "L'adjoint Mike Hogan, de l'équipe de secours et de sauvetage, et l'unité de plongeurs arrivèrent en renfort." 

Autant être honnête tout de suite, je n'ai pas vraiment accroché à ce livre. J'y ai senti moins d'implications de la part de Rule. Le côté "documenté" prend ici le pas. Si le sujet est toujours bien ciblé et le récit toujours aussi efficace, les longueurs du livre m'ont un peu refroidie (en même temps, il a fallu longtemps pour attraper Ridgway, donc forcément, il y a des longueurs...) Le livre ne va pas assez à l'essentiel. Je me suis même parfois un peu ennuyée. 

Extrait: "Les catastrophes s'annoncent souvent par des signes imperceptibles. Une fissure dans une falaise, quelques jets de pierre, une lézarde dans un barrage... Il suffit que des plaques au plus profond de la terre frissonnent, et des immeubles entiers s'écroulent. Le malheur n'a pas coutume de crier gare." 

"Le dernier juré" de John Grisham

"Le dernier juré" de John Grisham
Ed. France Loisirs 2005. Pages 436.
Titre Original: "The Last Juror"

Résumé: 1970. Le jeune Willie Traynor rachète le journal local de Clanton, petite ville du Mississippi... Est-ce une si bonne affaire ? Le Ford County Times est aussi vieillot et endormi que le bourg qui l'abrite. Mais tout change le jour où une jolie veuve de Clanton est sauvagement assassinée par Danny Padgitt, rejeton d'une famille mafieuse de la région. Le Ford County Times lance de dramatiques appels à la justice, et les ventes explosent. Face à la campagne de presse menée par le courageux - et désormais très riche - jeune journaliste, la puissante famille Padgitt ne peut étouffer l'affaire : le procès a lieu, Danny Padgitt est condamné... Mais avant de quitter la salle d'audience, il jure publiquement de tuer un à un tous les jurés qui l'ont envoyé en prison à perpétuité. Après neuf ans, contre toute attente, le meurtrier est libéré sur parole.

La 7 de la page 7: "Cela me plaisait." 

"Le dernier juré' est un thriller juridique qui se lit avec une facilité déconcertante. Il y a très peu de "juridique" et c'est sans doute pour cela que ce roman m'a vraiment plu. Avec ce récit, Grisham nous emmène plus dans une histoire de vengeance que dans un thriller juridique. le suspens est haletant et bien dosé. Il y a peut-être un peu trop de longueur mais cela ne gâche pas trop l'histoire. Un bon Grisham. 

Extrait: "Il existe dans le Mississippi une idée répandue bien que rarement exprimée selon laquelle il faut être un peu malhonnête pour faire respecter la loi et l’ordre. L’alcool, la prostitution, les jeux d’argent font partie de la vie ; un shérif digne de ce nom doit y avoir goûté s’il veut en protéger efficacement les bons chrétiens. Ces vices ne pouvant être éradiqués, il doit être en mesure d’en contrôler la pratique. Pour récompense, il reçoit un petit supplément octroyé par les pourvoyeurs de ces vices. C’était dans l’ordre des choses, pour lui comme pour la plupart des électeurs. Un homme honnête ne pouvait vivre avec un si maigre salaire. Un homme honnête ne pouvait évoluer dans les eaux troubles de la pègre. Depuis la fin de la guerre de Sécession, pendant une centaine d’année, les shérifs du comté de Ford avaient été à a solde des Padgitt. Ceux-ci les achetaient directement, avec des espèces sonnantes et trébuchantes. Mackey Don Coley recevait ainsi –à ce qu’on racontait – cent mille dollars par an. Les années d’élection, il obtenait tout ce dont il avait besoin pour sa campagne. Et les Padgitt se montraient généreux avec les politiciens qu’ils savaient maintenir sous influence." 

"La tempête du siècle" de Stephen King

"La tempête du siècle" de Stephen King
Ed. Albin Michel 1999. Pages 448.
Titre Original: "The Storm of the Century"

Résumé: Dans le Maine, un port insulaire pourtant paisible habituellement s'apprête à vivre ce que la météo décrit comme la tempête du siècle. Les conditions climatiques sont tragiques. Et pourtant le souci de la population vient plutôt des événements étranges qui se sont produit depuis l'arrestation d'André Linoge, le meurtrier de la vieille Martha Clarendon. Celui-ci, enfermé dans la maigre cellule du supermarché-commissariat, semble tout contrôler, à tel point que même le shérif en a peur. Il sait tout des habitants, et n'hésite pas à se servir de ce savoir. Les habitants se rendent vite compte qu'il n'est pas vraiment humain. André est pourtant clair, il ne partira que quand on lui donnera ce qu'il veut… et il le fera savoir...

La 7 de la page 7: "Une main agrippe la canne, qui est en noyer noirci sous le pommeau argenté." 

Si l'histoire est excellente et que je n'en ai rien à redire, la structure du "scénario de film"m'a complètement perdue. Les indications et autres didascalies m'ont vite lassée. Et donc, j'ai refermé ce livre avec soulagement. Et pourtant je suis une inconditionnelle de Stephen King. Mais cet ouvrage ci est déjà oublié. 

Extrait: " Je suis un simple commerçant qui tient aussi le rôle de policier à temps partiel. Je n’y connais pas grand-chose en philosophie, mais il y a au moins une chose que je sais : on doit payer pour ce dont on a besoin. Beaucoup, en général. C’est une leçon que je croyais avoir apprise il y a neuf ans, pendant ce que les gens du coin appellent la Tempête du Siècle. " 

"Sur Ordre" de Tom Clancy


"Sur Ordre" de Tom Clancy
Ed. Le Livre de Poche 2001. Pages 1522. 
Titre original: "Executive Orders"

Résumé: Un Boeing 747 s'écrase sur le Capitole, entraînant dans la mort le Président, les membres du Sénat et de la Cour suprême. Telle est la déclaration de guerre d'un dictateur islamiste fou de Dieu au « Grand Satan » américain.
Plus que jamais, Jack Ryan est l'homme de la situation, le seul capable d'enrayer la machine de guerre et d'expansion conçue par un cerveau mégalomane, résolu à unifier l'ensemble du monde musulman et à déclencher la guerre totale contre l'Occident libre.

La 7 de la page 7: "Le Capitole était une construction en pierre mais il contenait quantité de bureaux en bois et des tonnes de papier..."

Si on prend en considération que "Sur Ordre" a été écrit en 1996 et qu'ensuite, on prend en considération ce que l'on sait et d'où le monde en est maintenant, on se dit que Tom Clancy était quand même rudement fort! Ce qui pouvait passer, à l'époque, pour des thrillers d'espionnage particulièrement prenants, a, maintenant, un goût de roman d'anticipation bien tragique. 
L'intrigue est crédible (on sait maintenant, que oui, ce roman est d'une crédibilité implacable). Mais ce qui impressionne surtout dans "Sur Ordre" (et globalement dans toute l’œuvre de Clancy)  c'est la valeur documentée de son travail. Le souci du détail est intraitable. Et cependant, Clancy ne nous laisse pas perdus dans les méandres du pouvoir américain, il nous prend la main afin de bien nous expliquer le pourquoi du comment et quelles sont les implications de son récit. 
Maîtrisé et implacable, "Sur Ordre" est, malheureusement,  toujours d'actualité. 

Extrait: "John Clark décida de finir sa bière. Il n'avait aucune raison de venir à Washington jusqu'à l'appel de Mary Pat. Il n'était qu'une abeille ouvrière, après tout, et seules les grosses légumes de la CIA devaient se démener dans la capitale, à présent. Ah, pour ça oui, ils allaient se remuer !"

"Le mystère Sherlock" de J.M. Erre

"Le mystère Sherlock" de J.M. Erre.
Ed. Pocket 2013. Pages 260.

Résumé: Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street. Cet hôtel, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche. Personne n’imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l’éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer…

La 7 de la page 7: "C'est du sang, confirma Poséidon." 
 
En voilà un roman policier bien rafraîchissant! L'histoire est assez bien menée et le suspens reste jusqu'à la toute dernière ligne. Rondement bien menée! 
Mais au-delà du côté policier du roman, il faut avouer que l'écriture est légère et qu'on y rit beaucoup! 
En plus, c'est  assez court ce qui permet de ne pas faire de pause. Il se lit d'une seule traite et on voudrait y retourner quand on a fini. 
Très bonne surprise! A lire! (voir même à relire!)

Extrait: "Comment entrer dans une pièce où vous attend peut-être un tueur ? Trop peu de parents intègrent cette question essentielle dans l’éducation de leurs enfants, et c’est bien dommage. A cause de cette attitude irresponsable, on dit bonjour à la dame, on ne parle pas la bouche pleine, mais quand on se retrouve devant la porte d’un meurtrier, on a l’air finaud. Chacun fit donc sa proposition, le postulat de base étant que personne ne voulait entrer le premier. Oscar proposa d’enfumer la pièce pour obliger l’assassin à sortir, Perchois de condamner la porte pour l’en empêcher, Dolorès d’envoyer Eva en éclaireur, Eva de se servir de Dolorès comme appât. Difficile de faire un tri… McGonaghan était peut-être encore envie, j’ai donc fait au plus simple : j’ai ouvert la porte."

"L'homme aux cercles bleus" de Fred Vagas

"L'homme aux cercles bleus" de Fred Vargas.
Ed. J'ai Lu 2013. Pages 220.

Résumé: "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?"
Depuis quatre mois, cette phrase accompagne les cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon...
Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent: un maniaque, un joueur.
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique.

La 7 de la page 7: "Il avait débrouillé coup sur coup au cours des cinq années suivantes quatre meurtres d'une manière que ses collègues avaient trouvée hallucinante, c'est à dire injuste, provocante." 

Première rencontre avec le commissaire Adamsberg. Et cette première rencontre est bien singulière. Tout en poésie, Vargas nous emmène dans une histoire policière drôle et impalpable. On se balade dans Paris, suivant ces inscriptions mystérieuses. On se demande où Vargas nous nous emmène mais on l'accompagne avec plaisir. La plume est efficace et l'histoire inédite. Mais ce qui marque le plus dans "L'homme aux cercles bleus", c'est surtout le protagoniste, le commissaire Adamsberg. Il est insaisissable et pourtant très attachant. Une aura de mystère l'entoure  et s'intègre parfaitement dans cette histoire qui est à sa mesure.  
"L'homme aux cercles bleus" nous donne envie de continuer à lire les aventures d'Adamsberg. Vivement la suite! 

Extrait: "Quand on regarde de l'eau dans un seau, dit Adamsberg, on voit le fond. On met le bras dedans, on touche quelque chose. Même chose dans un tonneau, on y arrive. Dans un puits, rien à faire. Même lancer des petits cailloux dedans pour essayer de se rendre compte, ça ne sert à rien. Le drame, c'est qu'on essaie quand même. L'homme, il faut toujours qu'il se «rende compte». C'est ça qui ne lui vaut que des emmerdements. Vous ne vous imaginez pas le nombre immense de petits cailloux qui sont au fond des puits. Ce n'est pas pour écouter le bruit que ça fait quand ça tombe dans l'eau que les gens les lancent, non. C'est pour se rendre compte." 

vendredi 6 novembre 2015

"La salle des meurtres" de P.D. James

"La salle des meurtres" de P.D. James 
Ed. Le Livre de Poche 2004. Pages 572. 
Titre original: "The Murder Room" 

Résumé: Cette nouvelle intrigue concoctée par P.D. James se déroule dans le huis clos d'un petit musée londonien, le Dupayne, dédié aux années de l'entre-deux-guerres, véritable enclave de verdure et de calme située à la lisière du parc de Hampstead Heath. Administrée par les trois enfants de son fondateur Max Dupayne, cette institution rencontre des difficultés financières, et l'un des fils, Neville, psychiatre de son état, hésite à donner une nouvelle fois son aval à la reconduction du bail. Or sans son accord, le musée fermera. Aussi, quand on retrouve son corps carbonisé dans l'enceinte de l'établissement, est-ce tout naturellement sur les responsables et le personnel du musée que se portent les soupçons du commandant Adam Dalgliesh, dépêché sur les lieux.
Qui a pu souhaiter la mort du médecin? Son frère Marcus et sa sueur Caroline qui, eux, tiennent absolument à ce que le Dupayne reste ouvert? Le conservateur, James Calder-Hale, dont on apprend qu'il a des liens avec les services secrets du M15 ? Les deux employées modèles, Tally Clutton et Muriel Godby, qui se dévouent corps et âme à cette institution? L'affaire se complique lorsqu'un deuxième corps est retrouvé, cette fois dans l'une des salles du musée, précisément celle consacrée aux meurtres célèbres des années trente...

La 7 de la page 7: "Les gens sont tellement procéduriers."

Le livre est long et l'histoire est riche. Malheureusement, un indice plus qu'important est donné très tôt. Pour le lecteur inattentif, cela passe comme une lettre à la poste. Or j'ai une tendance à être très attentive aux détails quand je lis un roman policier. J'aime à essayer de découvrir l'assassin. De ce fait, j'ai très vite découvert qui était l'assassin.  Restait à savoir pourquoi. Et le mobile est assez vague. On reste avec un goût de trop peu dans l'esprit. 

Un bon divertissement qui tire parfois en longueur.

Extrait: "La salle des Meurtres était une grande pièce, d'au moins neuf mètres de long, bien éclairée par trois lustres. Pourtant Dalgliesh éprouva sur-le-champ une impression d'obscurité oppressante, malgré deux fenêtres donnant à l'est et une au sud. A droite de la cheminée richement ornée, une deuxième porte, ordinaire, était percée dans la paroi. Elle était de toute évidence fermée en permanence car il n'y avait ni bouton ni clenche à l'extérieur.
Des vitrines occupaient tous les murs. La partie inférieure portait des étagères de livres probablement consacrés aux différentes affaires au-dessus des vitrines s'alignaient des rangées de photographies sépia ou noir et blanc, de nombreux agrandissements mais aussi quelques clichés originaux, souvent d'une crudité sans équivoque. On aurait dit un collage de visages morts, ensanglantés et blêmes, assassins et victimes désormais unis dans le trépas, le regard fixé sur le néant.
"
 

"Fahrenheit 451" de Ray Bradbury

"Fahrenheit 451" de Ray Bradbury
Ed. Folio 2013. Pages 236. 
Résumé: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable.
Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

La 7 de la page 7: "Depuis l'âge de vingt ans." 

Que fait chaque dictature à un moment de son histoire? Elle interdit l'accès aux livres, parfois, elle les brûle. Pour son livre anti-moderne, Bradbury part d'une dictature bien spécifique: la dictature de la consommation immédiate et de la culture du fast-food. Non seulement on vous interdit de lire mais on vous interdit de réfléchir par vous-même. 
Au niveau du style, il faut un peu s'accrocher mais l'histoire racontée mérite qu'on s'y accroche et qu'on persévère. Montag se laisse entraîner par la mystérieuse Clarisse. Mais c'est de lui-même qu'il prend ses décisions. Il possède des livres interdits. Il remet tout en question grâce à Clarisse mais aussi (et surtout) grâce aux livres. 
Ce livre est une vraie réflexion sur cette société qui met la culture au rabais. Ode aux livres, ce roman est toujours d'actualité. La puissance de frappe des mots est beaucoup plus important que ce qu'on peut croire. 
On lit ce livre en apnée tellement Bradbury est juste.Il faut remettre le roman dans son époque: Bradbury écrit ce livre dans les années 50 et à l'heure actuelle, en 2015, il n'a jamais été autant d'actualité. Oracle du passé auquel l'avenir reste sourd. 
A lire impérativement avant que que quiconque ne vous y empêche...

Extrait: "Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours ou l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récolté dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits" qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté informations. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie."
 

"Baise-moi" de Virginie Despentes

"Baise-moi" de Virginie Despentes
Ed. J'ai Lu 2002. Pages 249.

Résumé: « Elle est surprise d'être aussi vulnérable, encore capable de douleur. Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix. On se croit endurcie, souillée de bout en bout. L âme en acier trempé. » Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près elles refusent de subir la vie, ses frustrations et ses défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes. De casses de supermarché en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupules, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables.

La 7 de la page 7: "Perverse sans convivialité." 

Bon... Je n'ai pas du tout aimé ce roman. J'ai trouvé qu'il tombait beaucoup trop dans des clichés bien trop faciles. Les personnages ne sont pas vraiment attachants. J'ai eu du mal à m'intéresser à leurs histoires. De plus, le "faux rythme" du roman m'a laissée un goût désagréable. "Cassé" sans pour autant assumer son rythme, Despentes m'a laissé sur le côté de la route. Il me faudra un autre roman de cette auteure pour me faire une vraie idée. Là, vraiment, je suis totalement restée indifférente à ce récit. 

Extrait: "Elle n’a pas honte de ça. Il y a de l’orgueil à se mettre aussi bas, un héroïsme dans la déchéance. Elle a du mépris pour les autres, ceux qui ne savent rien et la prennent de haut quand elle passe, parce qu’ils s’imaginent qu’ils ont plus de dignité."