jeudi 12 mai 2016

"L'Orange Mécanique" de Anthony Burgess


“L’Orange Mécanique” de Anthony Burgess
Ed. Pocket 2007. Pages 221.
Titre Original: “A Clockwork Orange”

Résumé: Londres dans un futur proche. La société est presque déshumanisée et le soir, les jeunes sortent en bande et s'adonnent à toutes sortes de violences: vol, passage à tabas, viol... Parmi eux, Alex, 15 ans, et ses droogs. Un jour il est arrêté et pour réduire sa peine, il accepte de subir un traitement qui promet qu'on ne retournera jamais en prison.
Il s'agit du best-seller d'Anthony Burgess, dont l'adaptation filmée de Stanley Kubrick est largement connue. Au delà des images de violence qui ont provoqué la polémique sur ce livre, l'auteur aborde surtout, à travers l'histoire d'Alex, le danger qui guette l'homme qui n'est plus libre de choisir.

La 7 de la page 7: “Puis il y est allé de sa bidonske-ho-ho-ho- raide choum- en faisant semblant de se torcher le yahura avec sa lettre.”

Grâce à “L’Orange Mécanique”, Burgess monte et démonte, avec acidité, une société qui crée ses propres démons et ses propres monstres. Alex est le produit de son environnement. Ensuite, il sera le produit du “traitement” de sa réhabilitation. L’écriture de ce roman est exigeante et particulière. Elle demande de la concentration. Cependant, cela n’empêche absolulement pas la lecture fluide de ce roman d’anthologie. Notre société engendre ses démons et en faisant la boucle, violente ses propres créations. Cercle d’une violence complètement désincarnée et banalisée, “L’Orange Mécanique” se lit comme on prend une gifle. Entre écoeurement et compassion, Burgess joue avec les émotions de son lecteur qui ne sait plus où donner de la tête. Une véritable claque à la société et un monument de la littérature internationale.

Extrait: “Là-dessus, on y est allés de la castagne en beauté, ricanochant tant et plus du litso, mais sans que ça l'empêche de chanter. Alors on l'a croché aux pattes, si bien qu'il s'est étalé à plat, raide lourd, et qu'un plein baquet de vomi biéreux lui est sorti swoouuush d'un coup. C'était si dégoûtant qu'on lui a shooté dedans, un coup chacun, et alors, à la place de chanson et de vomi, c'est du sang qui est sorti de sa vieille rote dégueulasse. Et puis on a continué notre chemin.

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