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vendredi 29 juillet 2016

"Le Barbier de Séville" de Beaumarchais


“Le Barbier de Séville” de Beaumarchais.
Ed. Petits Classiques Larousse 2006. Pages 206.

Résumé: Ah ! le triste sire ! Gros, court, gris, pommelé, rusé, blasé qui guette et furète, gronde et geint tout à la fois. Il est encore avare, brutal, amoureux et jaloux... Et la belle Rosine, sa jeune pupille, est l'infortunée victime de cette odieuse flamme... Mais le ciel protège, dit-on, ceux qui s'aiment. Et Figaro, le gai, l'impertinent, l'irremplaçable Figaro a tôt fait de voler au secours de son maître le comte Almaviva. La belle est cloîtrée ? Le vieillard méfiant ? Qu'à cela ne tienne ! Et le voilà qui court, trompe et invente l'habile stratagème pour sauver les amants. Un enlèvement ? À la bonne heure ! La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre, s'exclame le rusé.

La 7 de la page 7: “Figaro: Pourquoi?”

Commençons par prendre “Le Barbier de Séville” pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une comédie. Bien sûr que le propos de Beaumarchais est plus important qu’une simple comédie, mais nous y viendrons plus tard. Donc, une comédie. Toute la structure de Beaumarchais va dans ce sens. Une situation avec quiproquos et des personnages pittoresques qui ne vont pas sans rappeler Molière. L’humour de Beaumarchais est basé sur une certaine ironie et une fausse désinvolture. Il y a des décalages entre ce qui est dit et ce que comprennent les personnages. Le public est complice de la situation car il en sait plus que la plupart des personnages. Les dialogues sont rapides et mettent énormément de rythme dans la pièce. “Le Barbier de Séville” est donc une comédie de mœurs mordante avec une ironie sous-jacente importante qui suit les règles théâtrales quasiment à la lettre. Mais quel est le vrai propos de Beaumarchais? D’abord, sa pièce est un défi à la censure. La France de cette époque est un pays où il faut être aimé de tous ou simplement être plus malin que les autres. Donc Beaumarchais a besoin, tout d’abord, d’un texte qui passera le test de la censure.
Or dans ce même texte, l’auteur se moque de front de celle-ci:
Le comte: Ah! La Cabale! Monsieur l’auteur est tombé!”
Beaumarchais a donc été plus malin que la censure en proposant un texte aux apparences inoffensives mais pourtant acéré.
Derrière ce texte désinvolte se cache une vérité sincère et d’époque (mais toujours actuelle)
Figaro: (...) Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.” Les temps ne sont pas bons à cette époque (ce n’est guère mieux aujourd’hui)
Car au-delà d’un pied de nez à la censure, “Le Barbier de Séville” est surtout une critique importante de la société française et de ceux qui la composent:
Figaro: En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l’intérêt d’autrui.”
Tout y passe, censure, clergé, abus de pouvoir, les femmes:
Bartholo: Nous ne sommes pas ici en France, où l’on donne toujours raison aux femmes.”
On gardera surtout le personnage de Figaro dont la dualité est multiple: valet qui mène la danse ou encore valet qui se trouve être un érudit.
“Le Barbier de Séville” aura quand même le mérite de mettre les bases afin que Rossini nous livre un opéra-bouffe de cette comédie de mœurs qui  met en avant un futur encore plus glorieux pour Beaumarchais.

mardi 12 avril 2016

"les Trois Mousquetaires" de Alexandre Dumas


“Les Trois Mousquetaires” de Alexandre Dumas.
Ed. Petits Classiques Larousse 2003. Pages 763.

Résumé: Le roman raconte les aventures d'un Gascon désargenté de 18 ans, d'Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d'amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII. Ces quatre hommes vont s'opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l'honneur de la reine de France Anne d'Autriche.

La 7 de la page 7: “Aussi, plein de cette conviction, enfonça-t-il son bérêt sur ses yeux, et, tâchant de copier quelques uns des airs de cour qu’il avait surpris en Gascogne chez des seigneurs en voyage, il s’avança, une main sur la garde de son épée et l’autre appuyée sur la hanche.”

Si “Les Trois Mousquetaires” n’avait pas été un roman dit “classique”, j’aurais eu énormément de mal à le classifier. Premièrement, je n’entrerai pas, ici, dans la polémqiue Auguste Maquet. Que cela soit Dumas qui at écrit “Les Trois Mousquetaires” ou pas, ce n’est pas, ici, le propos. Laissons les polémiques aux polémistes et aux historiens littéraires.
Concentrons-nous, dès lors, sur le roman en lui-même. Trois mousquetaires: Athos, Porthos et Aramis. Ils sont accompagnés du jeune d’Artagnan qui ne souhaite qu’une seule chose: être le quatrième de ces mousquetaires. Quels sont les sujets abordés par ce roman magistral? Difficile de répondre à cette question sans écrire une thèse tellement les réponses peuvent être vastes. Allons donc à l’essentiel. L’amitié d’abord. L’amitié entre ces trois mousquetaires et aussi celle qui se développe au fur et à mesure entre eux et D’Artagnan. L’amour, ensuite. Mais surtout, “Les trois Mousquetaires” est une épopée française fantastique. Entre querelles, trahisons, combats, il ne manque rien dans ce roman inclassable.
Sur fond d’espionnage, ces “quatre mousquetaires” voyagent, honneur sur le coeur, afin de protéger leur roi. Là où ce roman est extraordinaire, c’est que pas une seule fois, on ne s’ennuie. 763 pages de bonheur livresque.
Le phrasé est parfait , les personnages attachants, les méchants efficaces et complexes. On dévore ce classique avec ardeur en se demandant où ces personnages vont encore nous emmener. De la grande littérature aussi bien classique que roman d’action et d’aventure, Dumas nous emporte et on ne lâche jamais sa plume, avide de connaître la suite. Inlassablement. De la grande littérature.

Extrait: Athos comprit qu’il était reconnu, poussa la fenêtre du genou et de la main ; la fenêtre céda, les carreaux se rompirent, et Athos, pareil au spectre de la vengeance, sauta dans la chambre. Milady courut à la porte et l’ouvrit. Plus pâle et plus menaçant encore qu’Athos, d’Artagnan était sur le seuil.
Milady recula en poussant un cri ; d’Artagnan, croyant qu’elle avait quelque moyen de fuir et craignant qu’elle ne leur échappât, tira un pistolet de sa ceinture ; mais Athos leva la main.
- Remets cette arme à sa place, d’Artagnan, dit-il, il importe que cette femme soit jugée et non assassinée.”