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vendredi 27 novembre 2015

"L'Enfant de Noé' de Eric-Emmanuel Schmitt

"L'Enfant de Noé" de Eric-Emmanuel Schmitt
Ed. Albin Michel 2004. Page 189.

Résumé: " - Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d'être chrétien, et moi je ferai semblant d'être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ? - Juré. " 1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, un homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ? Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim... et d'Oscar et la dame rose qui ont fait d'Eric-Emmanuel Schmitt l'un des romanciers français les plus lus dans le monde.

La 7 de la page 7: "De maman venait de la chaleur, de la force, de la joie." 

L'histoire est assez touchante. Un enfant juif séparé de ses parents est abrité par un prêtre. Il change de nom et de religion mais continue de défendre son héritage juif, envers et contre tout. Malheureusement, le style dégoulinant de bonnes intentions et de métaphores forcées ne servent pas une histoire pourtant bien partie. Le côté "pompeux" de la narration m'a exclue du récit. Je n'ai pas accroché au style alors que l'histoire m'intéressait fortement. Dommage. 

Extrait: "Les juifs et les chrétiens croient au même Dieu, celui qui a dicté à Moïse les Tables de la Loi. Mais les juifs ne reconnaissent pas en Jésus le Messie annoncé, l'envoyé de Dieu qu'ils espéraient... Les chrétiens sont ceux qui se souviennent et les juifs ceux qui espèrent encore."  

jeudi 15 octobre 2015

"La Part de l'Autre" de Eric-Emmanuel Schmitt

"La Part de l'Autre" de Eric-Emmanuel Schmitt
Ed. Le Livre de Poche 2003. Pages 503.

Résumé: 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."

La 7 de la page 7: "Quoi? Pas du tout!" 
 
On s'est tous déjà demandé ce qui se serait passé si un élément du passé se trouvait modifié. Ici, Schmitt entrevoit un monde où Hitler aurait été accepté à l’École des Beaux-Arts. On ne peut pas reprocher à l'auteur de manquer d'ambition. Par contre, poser des questions aux lecteurs et leur donner des réponses aussi simplistes que celle proposées par l'auteur est vraiment dommage. 
Le livre se scinde en deux parties. La première traite du cours de l'Histoire inchangée. Et il y a déjà, là, des incohérences chronologiques que peu d'élèves en Histoire commettraient. Quand on s'attaque à une partie historique, quelle qu'elle soit, on est en droit d'espérer une certaine justesse. Or ici, il y a des détails qui titillent un peu et qui pèchent par arrogance. 
La deuxième partie traite du cours de l'Histoire changée. Et là on tombe dans un espèce de pathos dégoulinant de bons sentiments. 
Bon sang que ce livre est réducteur! Si le livre est ambitieux et le sujet terriblement intéressant, le produit fini est plus que décevant. On soupire. On tourne les pages en haussant les épaules et les yeux roulent dans nos orbites.

Extrait:  "Depuis le début du conflit, il comptabilisait ce qui différenciait les hommes des bêtes ; pour l'instant, il avait trouvé le tabac, l'alcool et la guerre. Trois manières de se tuer plus vite. Au fond, l'homme se distinguait de l'animal par une impatience de la mort."