vendredi 22 janvier 2016

"Humiliation" de Kressmann Taylor


“Humiliation” de Kressmann Taylor.
Ed. Le Livre de Poche 2006. Pages 33.
Titre Original: “The Pale Green Fishes”

Résumé: Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l'odeur, le simple mouvement d'un arbre ou d'une source peuvent nous apaiser.
Omniprésente dans ces nouvelles de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice. Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustré, à des adultes qui mentent, les adolescents mis en scène avec subtilité par l'auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes. Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatre histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples, bien sûr, car elles cristallisent admirablement nos ambiguïtés et nos tensions.
On reconnaît dans ces textes courts la sensibilité, la finesse d'analyse de l'auteur d'Inconnu à cette adresse, sa capacité de saisir à vif nos déchirures, nos blessures minuscules.

La 7 de la page 7: “Le silence de la pièce le tira de sa rêverie et il vit les yeux de sa mère rivés sur lui, inquiets, pour l’avertir.”

Première nouvelle du recueil “Ainsi mentent les hommes”.  Kressmann Taylor nous raconte ici le retour à la maison d’un père abusive et violent. La tension monte dès son retour. Aussi bien pour son épouse que pour son fils. Kressmann Taylor prend le parti de mettre en avant le côté psychologique de la violence. Elle axe son récit sur le ressenti du fils. Il voudrait protéger sa mère mais est terrifié par son père.
La manière dont Taylor amène son récit nous enferme dans ce huis-clos vécu par cette famille. Elle joue avec les nuances et les textures afin de bien mettre en place son propos. La nature est très importante car c’est elle qui permet au garcon de se ressourcer, de s’évader. Et dans cet aspect de son récit, Taylor parvient également à nous livrer un très bon texte. On ressent le vent comme s’il glissait sur notre propre peau. On sent l’eau glisser sur notre corps. Un texte court mais au message puissant et à l’écriture implacable.

Extrait: “La lenteur calculée du petit déjeuner s’étirait jusqu’à l’insupportable. Ils mangeaient en silence, à part le léger cliquetis des couverts contre les assiettes (son père était oppose à toute conversation à table) en attendant que soit annoncé le programme de la journée. Mais aujourd’hui tout se passait bizarrement.”

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