jeudi 3 mars 2016

"Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street" de J.M. Rymer.


“Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street” de J.M. Rymer
Ed. Tinder Press 2015. Pages 346.
Titre Original: “The String of Pearls: A Romance”

Résumé: C'était un homme grand, au physique ingrat, comme un pantin dont les parties auraient été mal assemblées, doté d'une bouche, de mains et de pieds si immenses qu'il était lui-même, d'une certaine manière, une véritable curiosité de la nature. » Lorsque l’on apprend la disparition d’un jeune marin dans la capitale anglaise, tous ses amis se mettent à sa recherche. Les pistes semblent toutes mener près du salon d’un barbier, aux abords de Fleet Street. Sweeney Todd a encore frappé…

La 7 de la page 7: “J’ai une peur bleue des chiens, dit Sweeney Todd.”

Si comme moi, vous avez vu l’excellent film du même nom de Tim Burton avec le très bon Johnny Depp, la terrible Helena Bonham Carter et le très regretté Alan Rickman, oubliez tout ce que vous avez vu dans ce film car ce n’est que partiellement inspiré (En gros, les personnages ont les mêmes noms...)
Mais ce n’est pas du tout une mauvaise chose car on se laisse surprendre par cette “nouvelle” histoire. Tout y est maîtrisé de la première à la dernière page.
Commençons par la plume. Elle est juste, efficace et acérée comme le rasoir de Sweeney Todd. Les mots se collent les uns aux autres avec un plaisir évident et une aisance quasi surnaturelle.
Ensuite, l’histoire et ses personnages. “Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street” est une réussite magistrale. L’ambiance est glauque en gardant une certaine classe. Le Londres de Rymer donne envie et en même temps, on souhaiterait être n’importe où sauf dans les parage de Fleet Street. Les personnages rythment l’histoire à un pas faussement lent. On tourne les pages avec avidité tellement on souhaite connaître le dénouement de cette histoire dérangeante. Au détour d’une porte ou d’une rue, le danger rôde, tapis dans le coin de notre tête. On anticipe des événements qui n’arriveront jamais et on se laisse avoir par des rebondissements imprévisibles. Mêlant les thèmes de Dickens et l’ambiance de Stoker, Rymer nous offre une claque magnifique dans la figure. Tout est savamment dosé pour nous prendre violemment par surprise mais tout en gardant une légèreté toute morbide mais tellement classieuse.
A lire, encore et toujours, sans jamais s’arrêter!

Extrait: “Oh, comme il est déchirant de penser qu’une personne telle que Johanna Oakley, un être si rempli de ces sentiments doux et sacrés qui devraient apporter la plus pure des félicités, en arrive à songer que la vie a perdu tout son charme, et que seul lui reste le désespoir. “Je vais attendre jusqu’à minuit, dit-elle, et même à cette heure il sera inutile que je cherche le repos. Demain, je chercherai par moi-même à obtenir de ses nouvelles.” Enfin, minuit arriva. La journée venait officiellement de s’achever, emportant avec elle ses derniers espoirs. Elle passa toute cette nuit-là à sangloter, ne s’arrêtant parfois que pour glisser dans un sommeil agité, ponctué d’images douloureuses qui semblaient toutes, cependant, impliquer la même supposition, à savoir que Mark Ingestrie n’était plus. Mais même la nuit la plus épuisante, pour la plus épuisée des personnes, doit s’achever; enfin, la douce et magnifique lumière de l’aurore pénétra dans la chambre de Johanna Oakley et chassa une partie de ses horribles visions nocturnes, bien qu’elle n’eût que peu d’effet sur la tristesse qui s’était emparée d’elle.”

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