mercredi 20 septembre 2017

"God's Pocket" de Pete Dexter

"God's Pocket" de Pete Dexter.
Ed. Points 2003. Pages 380.

Résumé: Philadelphie, quartier de God's Pocket. Leon Hubbard meurt sur un chantier. Un peu trop vantard, la lame de rasoir toujours à portée de main, il a provoqué une fois de trop un de ses collègues. Version officielle : accident du travail. Personne n'y croit. L'affaire prend de l'ampleur et la mafia s'en mêle. Richard Shellburn, journaliste de faits divers, décide de mener l'enquête.

La 7 de la page 7: "La fête avait lieu chez un juge du tribunal de la route en partance pour Holmesburg Prison, condamné à une peine de un à trois ans pour corruption et détournement de fonds." 

"God's Pocket" est un roman noir dans la lignée pure de la tradition américaine. On sombre dans la violence quotidienne de ces personnages fondamentalement humains. Ils ont, chacun, leurs défauts, leurs qualités, leurs failles. Dexter s'engouffre dans leurs blessures sans jamais les juger, sans jamais permettre à son lecteur de se détacher d'eux. L'intrigue est tellement bien construite que le lecteur aime à flâner dans cette Philadelphie sombre et triste. Et pourtant si vivante. Parfois, l'intrigue s'efface pour laisser place aux personnages charismatiques et souvent pathétiques mais toujours touchants, respirant la vie. Vous ne trouverez pas de "gentil" ou de "méchant" dans ce roman. Dexter nous peint un tableau magnifique de la nature humaine dans ce qu'elle a de pire, de meilleur et surtout de banal. 
L'écriture est magistralement maîtrisée et le style est posé, laissant le lecteur aller à son rythme, sans le forcer à quoi que ce soit. "God's Pocket" est un excellent roman qui devrait se trouver dans toutes les bibliothèques. 

Extrait: "La veille du sermon, Shellburn avait publié un article où il comparait l'arrivée du nouveau journalisme à celle des Charlie Piscoli dans le crime organisé, se demandant s'il existait encore une échelle de valeurs. En parallèle avec l'histoire du journalisme, il dressait le portrait du crime organisé de Philadelphie jusqu'à l'assassinat d'Angelo Bruno, cette décharge de chevrotine qui avait réduit à néant tout l'ordre, la dignité et la discipline qui régissait jusqu'alors le crime organisé."
 

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