jeudi 28 juillet 2016

"Chantier" de Stephen King.


“Chantier” de Richard Bachman a.k.a Stephen King
Ed. J’ai Lu 1995. Pages 413.
Titre original: “Roadwork”

Résumé: " Expropriation pour cause d'utilité publique " : pour un brave type qui vit depuis vingt ans dans sa maison, qu'est-ce que ça veut dire ? Du second étage de la blanchisserie où il travaille, Bart Dawes suit l'évolution du chantier.
La large cicatrice brune, couverte d'un cataplasme de boue, engloutit déjà le parc de Hebner Avenue où il amenait son fils quand il était petit... Des Huns ! Des barbares ! qui détruisent, arrachent, nivellent tout. Et pour quoi faire ? Extension de l'autoroute 794 ! Parce qu'un morveux de géomètre a décidé qu'elle passerait par là... Et les voisins s'en vont un à un. Bart, lui, veut se battre. Seul contre tous.
David contre Goliath ! Mais comment ? Se barricader ? Faire sauter le chantier ? Et après...

La 7 de la page 7: “Harry sortit le Magnum et le posa avec précaution sur le dessus de la vitrine.”

Qui mieux que Stephen King pourrait nous servir une histoire, à la base assez simple et basique, et nous la transformer en un récit angoissant et terrifiant? Ici, la terreur réside surtout dans le désespoir du protagoniste qui voit son présent et son avenir s’écrouler pour des histoires qui ne le concernent que très peu. Il n’est pas maître de sa détresse et c’est là que réside le côté pathétique du personnage. Si on ne cautionne pas ses agissements, on se reconnaît dans sa colère, dans sa fureur. Au-delà de cela, King signe, à nouveau, un roman acéré contre une société qui met le profit au centre des débats en oubliant complètement les humains qui la compose.

Extrait: “ Il y eut bien des moments agréables. Oh, je sais ce que tu penses, Fred. Des moments agréables, qu'est-ce que c'est ? Des moments sans grandes joies, sans grandes peines, des moments sans rien de grand. Des fadaises. Des barbecues sur la pelouse pendant, les longues soirées d'été, quand tout le monde est un peu éméché, sans être vraiment soûl,sans que cela devienne jamais déplaisant. Les voitures partagées entre voisins pour aller voir jouer les Mustang. Les invitations à dîner, les sorties. Les parties de golf à Westside, les pique-niques en famille à Ponderosa Pines, où l'on pouvait aussi faire du karting. Tu te souviens du jour où Bill Stauffer est passé à travers la clôture en planches et s'est retrouvé dans la piscine d'un type ? Oui, George, je m'en souviens, et on était tous pliés de rire, mais écoute-moi, George...
Mais les bulldozers vont bien vite enterrer tout ça, pas vrai , Fred ?

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