mercredi 15 juin 2016

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper Lee


“Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” de Harper Lee.
Ed. Grasset 2015. Pages 461.
Titre Original: “To kill a mockingbird”

Résumé: Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

La 7 de la page 7: “Si vous avez besoin que je vous lise quelque chose.”

Quand j’ai appris que “Ne tuez pas l’oiseau moqueur” allait enfin avoir une suite, j’ai décidé de le relire. En français cette fois. En effet, je l’avais déjà lu, bien des années auparavant, en anglais. Ce livre m’avait profondément touché et j’avais trouvé la plume particulièrement envoûtante. J’ai donc relu ce roman en français afin d’être prête pour la suite. C’est donc l’occasion de vous offrir une chronique sur ce pilier de la littérature américaine. Car c’est bien de chef-d’œuvre dont on parle quand on cite “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur”. Récit sur l’enfance plus que sur la cause afro-américaine, “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” nous fait rencontrer Scout, une enfant du Sud  qui vit sans trop se poser de questions jusqu’au moment où son père, Atticus Finch, décide de défendre un homme noir accusé du viol d'une femme blanche. Là, ses certitudes s’ébranlent, elle est confrontée au monde, pas toujours joli, des adultes. Scout ne voit pas de réelle différence entre les races et elle ne comprend pas pourquoi cette petite ville d’Alabama est en émoi face à ce procès. Pourquoi tant de gens en veulent à son père alors qu’il ne fait que son travail? Elle est confrontée aussi à l’adolescence de son frère, complice de toujours qui est en train de changer et prend ses distances avec cette petite sœur envahissante. Mais éluder la question afro-américaine serait trop facile. Car “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” est aussi un pamphlet contre le racisme. On ne doute pas une seule seconde de l’innocence du client d’Atticus. On s’enfonce dans ce Sud du début du Xxème siècle avec envie et en même temps dégoût. Envie des paysages et de ces gens à la chaleur qui leur colle à la peau mais également de dégoût envers leurs idées racistes  et leurs agissements parfois criminels. Mais comme Scout, on se fait rappeler à l’ordre par Atticus qui nous explique qu’on ne peut juger sans savoir, car cela serait réagir comme ceux que l’on méprise. “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” est un grand roman, un récit époustouflant et une plume implacable. Un chef-d’œuvre, tout simplement.

Extrait: “Elle avait sa propre vision du monde, bien différente de la mienne, peut-être... Je t’ai déjà dit que si tu n’avais pas perdu ton sang froid, je t’aurais quand même envoyé lui faire la lecture. Je voulais que tu comprennes quelque chose grâce à elle, que tu vois ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme un fusil à la main. Le courage, c’est savoir que tu pars battu , mais d’agir quand même et d’aller jusqu’au bout. Tu gagnes rarement mais cela peut arriver. Mrs Dubose a gagné, forte de ses quarante-cinq kilos. Ainsi qu’elle l’entendait, elle est morte sans rien devoir ni à quelqu’un ni à quelque chose. C ‘était la personne la plus courageuse que j’ai connue.”

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