dimanche 20 août 2017

"La Lucarne" de José Saramago

"La Lucarne" de José Saramago
Ed. Points 2014. Pages 373.
Titre Original: "Claraboia"

Résumé: De la fenêtre de sa chambre, Abel, jeune homme sans attaches, observe la vie ordinaire de ses voisins, petites gens du Portugal des années 1950. Sous la dictature de Salazar, chacun garde sous clef ses secrets: amours clandestines ou incestueuses, haines et espoirs... Quels peuvent être ceux de Lidia, qui occupe l'appartement du dessus, et dont le charme ravit Abel ?

La 7 de la page 7: "Ces femmes étaient bien loquaces." 

"La Lucarne" est une lecture exigeante sans pour autant trop prendre la tête au lecteur. Si tous les personnages sont particulièrement bien construits, on ne peut que remarquer à quel point Saramago décrit bien les femmes. Elles sont justes, elles nous procurent de l'émotion. Les femmes de Saramago sont vraies et touchantes malgré la dureté qui les entoure. Là où "La Lucarne" est particulièrement réussi, c'est dans la difficulté de dégager un thème prépondérant. Bien sûr, on pourrait se lancer dans une analyse complète du roman qui détaillerait les thèmes sous-jacents, mais ici, on se laisse seulement porter par le roman en lui-même, le temps d'une lecture. On parle d'amour, d'argent, du bien, du mal... Tout cela dans un Portugal sous dictature. Au fil des conversations qui peuvent parfois sembler anodines, Saramago nous assène des vérités brutes et percutantes. Il transcende la banalité de l'être et la rend extraordinairement universelle et pourtant si personnelle. 
Les classes sociales se mélangent et interagissent avec intelligence et clairvoyance. Saramago nous dissèque une société portugaise divisée, et pourtant, étrangement semblable. Des générations se croisent et s'expliquent. Aucune n'a tort. Aucune n'a raison. La complexité se cache dans ce récit de vies. Et sans qu'on s'en rende compte, on se laisse happer par ces destins banals et pourtant tellement tragiques. Un grand livre. Un gros coup de coeur. 

Extrait: "Son visage luisait de crème de nuit et ses sourcils avaient besoin d'être épilés aux extrémités. Lidia n'était effectivement pas belle, et à cela il fallait ajouter que le calendrier avait déjà marqué le jour où elle avait eu trente-deux ans et que ses trente-trois ans n'étaient pas loin. Mais une séduction envoûtante se dégageait de toute sa personne." 
 


Aucun commentaire:

Publier un commentaire