mardi 2 février 2016

"La couleur pourpre" de Alice Walker


“La couleur pourpre” de Alice Walker.
Ed. Pavillons Poche (Robert Laffont) 2014. Pages 344.
Titre Original: “The Color Purple”

Résumé:  Depuis leur séparation, depuis des années, Nettie et Celie, deux jeunes Noires, sœurs tendrement unies, n'ont cessé de s'écrire. Mais aucune missive, jamais, n'est parvenue ni à l'une ni à l'autre.
C'est que Celie, restée là-bas, près de Memphis, subit la loi d'un mari cruel qui déchire toutes les lettres venues d'Afrique – où Nettie est missionnaire. Alors Celie, la femme-enfant, écrira via le bon Dieu, qui, lui, sait tout... Pourquoi, entre elles, cette correspondance déchirante et sans fin, obstinée, presque immatérielle ?

La 7 de la page 7: “Mr... il est venu ce soir justement.”

Le discours est clair et précis. Il frappe tel un sniper littéraire et nous touche en plein milieu de nos certitudes. Certitudes d’avoir déjà lu ce qu’il y avait à lire sur la question afro-américaine. Et là, on ouvre “La couleur pourpre” et on est pris au coeur qui se serre en lisant le témoignage poignant de Celie.
Walker frappe juste dès le départ, pas de faux semblant, pas de complaisance. On va s’en prendre plein la figure et on ne sera pas ménagés.
L’histoire est simple et pourtant efficace. L’intrigue est riche, beaucoup plus riche qu’on ne pourrait d’abord penser. Petite fille maltraitée et donnée à un homme beaucoup plus vieux qu’elle, le destin de Celie semble totalement tracé. Et bien non. Même au fin fond du Sud Américain et ayant grandi dans des conditions déplorables, on peut continuer à rêver et vivre une extraordinaire histoire. On souffre avec Celie. On partage ses joies et ses colères. On s’insurge contre les injustices sociales et celles de la vie.
Les passages de Nettie m’ont cependant moins embarquée. Probablement parce que je souhaitais de tout coeur retourner voir ce qu’il se passait pour Celie.
Un livre à mettre entre toutes les mains aussi bien pour le récit implacable que pour la plume assumée et efficace.

Extrait: “L’homme il se met partout et il pourrit tout. Il est sur la boîte de céréales, dans ta tête, sur toutes les radios. Il veut te faire croirequ’y a que lui partout. Et quand tu le crois, alors tu penses que Dieu c’est lui. Mais c’est pas vrai.  Donc quand t’as envie de prier et que l’homme se met devant toi comme si c’était pour lui, envoie-le balader. Pense aux petites fleurs, au vent, à l’eau, à un gros caillou. Mais c’est pas facile , laisse-moi te l’dire. Ca fait si longtemps qu’il est là, il veut pas bouger. Et il menace le monde avec les éclairs, les inondations, les tremblements de terre. Faut qu’on se défende. Maintenant je pris plus très souvent. Et chaque fois que je m’représente un caillou dans ma tête, c’est pour le lancer! Amen!”

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