lundi 11 avril 2016

"Entretien avec un vampire" de Anne Rice


“Entretien avec un vampire” de Anne rice.
Ed. Pocket 1997. Pages 444.
Titre Original: “Interview with the vampire”

Résumé: De nos jours, à la Nouvelle-Orléans un jeune homme a été convoqué dans l'obscurité d'une chambre d'hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l'interviewer, nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant ou l'atroce le dispute au sublime. Véritable livre culte, premier volet des désormais incontournables Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire renouvelle totalement l'un des mythes les plus riches et les plus ambigus du fantastique.

La 7 de la page 7: “Au début, il n’y fit que quelques allusions, mais cessa totalement de prendre ses repas.”

“Entretien avec un vampire” est le premier volet des Chroniques des vampires de Anne Rice. Sacralisé par un film plutôt réussi, “Entretien avec un vampire” est devenu un classique de la littérature vampirique. On traverse les âges et les océans en compagnie des ces êtres surnaturels. On est très loin de la “bit-lit” actuelle. Entre épouvante et érotisme, Rice nous offre une ambiance unique. La cruauté des uns est mise en parallèle avec la pureté des autres. La grâce et la froideur accompagnent le lecteur à travers les pages de ce roman. La barbarie y côtoie l’élégance dans cette fresque vampirique splendidement exécutée. Une tendresse douloureuse nous étreint. On se sent triste pour ces êtres à l’immortalité dérangeante et pesante. Rice nous engloutit de sa plume acérée comme les dents de ses personnages. L’élégance de ce roman nous emporte bien au-delà de l’histoire de vampires. On voyage avec plaisir avec ces êtres différents. Car c’est aussi cela “Entretien avec un vampire”. Une ode à la différence. Lestat aussi bien que Louis représentent une différence gérée de diverses manières. Entre colère et passivité. Entre vengeance et acceptation, il y en a pour tous les goûts. Agressivité ou douleur, Anne Rice nous jette dans une histoire magnifique et magistrale.

Extrait : “Combien pensez-vous qu'il y ait de vampires qui aient la trempe nécessaire pour affronter l'éternité ? Pour commencer, ils ont de l'immortalité les notions les plus sinistres. Car, en devenant immortels, ils voudraient que tout ce qui a été l'accompagnement de leur vie devienne immuable et incorruptible comme ils le sont eux-mêmes. Que les véhicules gardent la même forme rassurante, que les vêtements conservent la coupe qui leur allait du temps de leur jeunesse, que les hommes continuent de s'habiller et de parler de la façon qu'ils ont toujours comprise et appréciée. Alors qu'en réalité, tout change, sauf le vampire lui-même ; tout, à l'exception du vampire, est soumis à décomposition et corruption permanentes. Bientôt, si l'on possède une âme peu flexible, et souvent même si l'on est doué de souplesse d'esprit, l'immortalité devient une peine de prison que l'on purge dans une maison de fous peuplée de figures et de formes totalement inintelligibles et sans valeur. Un soir, le vampire en se levant se rend compte que ce qu'il a craint, pendant des dizaines d'années peut-être, est arrivé : il se rend compte tout simplement qu'à aucun prix il ne veut vivre davantage. Que les styles, les modes, les formes d'existence qui lui rendaient l'immortalité attrayante ont tous été balayés de la surface du globe. Et que rien ne subsiste qui puisse le libérer du désespoir, sinon l'acte de tuer. Alors, le vampire va mourir. Personne ne trouvera ses restes. Personne ne saura où il s'en est allé. Et souvent personne dans son entourage – si toutefois il cherche encore la compagnie d'autres vampires –, personne ne saura qu'il est atteint de désespoir. Depuis longtemps il aura cessé de parler de lui-même ou de rien d'autre. Il disparaîtra.

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