mercredi 12 octobre 2016

"Le Liseur" de Bernhard Schlink

"Le Liseur" de Bernhard Schlink
Ed. Folio 2003. Pages 243. 
Titre Original: "Der Vorleser" 

Résumé: A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?

La 7 de la page 7: "On ne voit personne, on entend rien, même pas un moteur au loin, ni le vent, ni un oiseau." 

"Le Liseur" est un roman particulier. Premièrement, il est très bien écrit mais dans une tradition très germanique. Le pathos est certes présent mais toujours avec une certaine distance, une certaine froideur. C'est particulièrement flagrant ici, puisqu'on est quand même en présence d'un roman où l'amour est une grande composante et pourtant on reste à distance de cet amour. Schlink parvient également de nous parler de la guerre sans pour autant réellement l'aborder en dehors du contexte du procès. Ce dernier n'est pourtant qu'un prétexte à un autre sujet. Deuxièmement, l'écriture empêche l'attachement aux personnages. Toujours cette distance où l'émotion est mise de côté. Enfin, la fin. Ce grand secret inavouable que l'on "découvre" à la fin. Or on se doute de ce "secret" depuis le début du roman. On est donc étonné que cela n'effleure pas le personnage principal. Même s'il est vrai qu'il est totalement auto-centré, on reste perplexe face à son étonnement lorsqu'il découvre ce fameux "secret". C'est probablement le point de vue de Schlink, nous donner un être totalement hermétique à ce qui ne ne concerne pas directement. Il nous offre un personnage aux airs froids et antipathiques, un héro germanique. Même si certains "défauts" gâchent un peu le plaisir de lecture, "Le Liseur" reste un roman agréable à lire et comme il est assez court, on a pas cette désagréable sensation d'avoir perdu son temps. 

Extrait: "Lorsque, sur les avions, les moteurs sont en panne, ce n'est pas la fin du vol. Les avions ne tombent pas du ciel comme les pierres. Ils continuent en vol plané, pendant une demi-heure à trois quart d'heure quand il s'agit des énormes avions de ligne à plusieurs réacteurs, pour ne s'écraser qu'au moment où ils tentent d’atterrir. Les passagers ne s'aperçoivent de rien. Moteurs coupés, le vol ne donne pas une sensation différente de quand ils marchent. Cela fait moins de bruit, mais juste un peu moins, c'est clair, fendu par la carlingue et les ailes, qui fait plus de bruit que les réacteurs. A un moment, par les hublots, la terre ou la mer apparait dangereusement proche. Ou bien on passe un film, et stewards et hôtesses ont baissé les rideaux. Peut-être les passagers trouvent-ils même ce vol un peu plus silencieux particulièrement agréable. Cet été-là fut la descente en vol plané de notre amour. Ou plutôt de mon amour pour Hanna; de son amour pour moi, je ne sais rien. "

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