dimanche 31 mai 2015

Un Tueur sur la Route de James Ellroy

"Un Tueur sur la Route" de James Ellroy
Ed. Rivages/Noir 2001. Pages 352.
Titre Original: Silent Terror.

Résumé: "Il existe une dynamique dans la mise en œuvre de l'horreur : servez-là garnie d'hyperboles fleuries, et la distance s'installe même si la terreur est présente, puis branchez tous les feux du cliché littéral et figuratif, et vous ferez naître un sentiment de gratitude parce que le cauchemar prendra fin, un cauchemar au premier abord trop horrible pour prendre fin. Je n'obéirai pas à cette dynamique, je ne vous laisserai pas me prendre en pitié. Charles Manson, qui déblatère dans sa cellule mérite, lui, la pitié ; Ted Bundy, qui proteste de son innocence pour que les femmes solitaires lui écrivent, mérite la mépris. Je mérite crainte et respect pour être demeuré inviolé jusqu'au bout du voyage que je vais décrire, et puisque le force de mon cauchemar interdit qu'il prenne fin un jour, vous me les offrirez."
Ainsi parle Martin Michael Plunkett, âgé de 35 ans, coupable de plusieurs dizaines de meurtres sexuels couvrant tout le territoire des États-Unis sur une période de dix années.
Avec Un Tueur sur la Route, James Ellroy s'est attaché à faire le portrait, de "l'intérieur", d'un "serial killer". 

La 7 de la page 7: "Puisque je n'ai aucun espoir de jamais quitter cette prison, je me refuse à cela- ce serait tout simplement malhonnête." 

James Ellroy nous fait entrer dans la psyché meurtrière d'un assassin sans concession. La plume d'Ellroy est toujours aussi efficace. Il nous mord, nous poignarde. On est mal à l'aise face au discours de Martin. Ellroy fait sortir le loup de notre bois. Notre côté sombre est attiré par cet homme sans foi ni loi. On ne peut pas le sauver car il n'y a strictement rien de sauvable chez ce personnage. 
Ellroy nous démontre ici que compassion et horreur font parfois très bon ménage. 
Comme à son habitude, Ellroy mélange fiction et personnages réels. Ici, il nous livre en pâture à Charles Manson et se paie le luxe de le démolir au passage. 
De plus, "Un Tueur sur la Route" semble le meilleur choix pour commencer l’œuvre d'Ellroy.
Du très bon Ellroy et du très grand polar.

Extrait: "Mais par-dessus tout, je dispose de mon esprit; mon silence. Il existe une dynamique dans la mise en œuvre marchande de l'horreur: servez-la garnie d'hyperboles fleuries, et la distance s'installe, même si la terreur est présente; puis branchez tous les feux du cliché littéral ou figuratif, et vous ferez naître un sentiment de gratitude parce que le cauchemar  prendra fin, un cauchemar au premier abord trop horrible pour être vrai.  Je n'obéirai pas à cette dynamique. Je ne vous laisserai pas me prendre en pitié; Ted Bundy, qui proteste de son innocence pour que des femmes solitaires lui écrivent, mérite le mépris. Je mérite crainte et respect pour être demeuré inviolé jusqu'au bout du voyage que je vais décrire, et puisque la force de mon cauchemar interdit qu'il prenne fin un jour, vous me les offrirez."
 

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