vendredi 6 novembre 2015

"Fahrenheit 451" de Ray Bradbury

"Fahrenheit 451" de Ray Bradbury
Ed. Folio 2013. Pages 236. 
Résumé: 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable.
Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

La 7 de la page 7: "Depuis l'âge de vingt ans." 

Que fait chaque dictature à un moment de son histoire? Elle interdit l'accès aux livres, parfois, elle les brûle. Pour son livre anti-moderne, Bradbury part d'une dictature bien spécifique: la dictature de la consommation immédiate et de la culture du fast-food. Non seulement on vous interdit de lire mais on vous interdit de réfléchir par vous-même. 
Au niveau du style, il faut un peu s'accrocher mais l'histoire racontée mérite qu'on s'y accroche et qu'on persévère. Montag se laisse entraîner par la mystérieuse Clarisse. Mais c'est de lui-même qu'il prend ses décisions. Il possède des livres interdits. Il remet tout en question grâce à Clarisse mais aussi (et surtout) grâce aux livres. 
Ce livre est une vraie réflexion sur cette société qui met la culture au rabais. Ode aux livres, ce roman est toujours d'actualité. La puissance de frappe des mots est beaucoup plus important que ce qu'on peut croire. 
On lit ce livre en apnée tellement Bradbury est juste.Il faut remettre le roman dans son époque: Bradbury écrit ce livre dans les années 50 et à l'heure actuelle, en 2015, il n'a jamais été autant d'actualité. Oracle du passé auquel l'avenir reste sourd. 
A lire impérativement avant que que quiconque ne vous y empêche...

Extrait: "Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours ou l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récolté dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits" qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté informations. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie."
 

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