vendredi 6 novembre 2015

"Tuer ma solitude" de Dorothy B. Hugues

"Tuer ma solitude" de Dorothy B. Hugues
Ed. Omnibus 1995. Pages 152.
Titre Original: "In a Lonely Place"

Résumé: Une vague de meurtres secoue Los Angeles. Un vétéran de guerre, Dick reprend contact avec un ancien ami devenu policier. Lorsque Dick rencontre Laurel, il développe une addiction à cette dernière. Qui est Dick? Il semble en savoir beaucoup sur ces meurtres. Polar par excellence, "Tuer ma solitude" nous fait entrer dans un monde de noirceur incomparable. 

La 7 de la page 7: "Bonjour, Dick." 

"Tuer ma solitude" fait partie d'un recueil de polars des années cinquante édité par Omnibus. C'est le premier polar à figurer dans ce recueil. Et on peut dire que cela commence assez fort. Ce polar, assez court, est terriblement efficace. Chaque mot est choisi avec minutie. Raconté sous le point de vue de Dick, "Tuer ma solitude" joue sur la psyché du tueur; sa manière de penser, de déjouer les plans de la police, s'immiscer dans l'enquête. Et le lecteur est transporté par l'histoire. Va-t-il s'en sortir? Le soupçonne-ton? Ce polar est plein de mystère et de suspens haletant. 
Hugues ne s'attarde pas sur les crimes en eux-même, et c'est justement là que réside toute la force de ce polar. Rien de violent, juste de la suggestion. 
On se surprend à être du côté de l'assassin, à vouloir qu'il s'en sorte. Et en même temps, on lui trouve un côté exécrable. On ne sait plus trop que penser. Une véritable réussite. 

Extrait: "La peur, ce n'est pas un trait de lumière  qui vous coupe en deux; ce n'est pas un poing glacé en plein dans l'estomac; ce n'est pas quelque chose qu'on peut affronter et annihiler en se montrant plus fort qu'elle. La peur, c'est le brouillard qui rôde, qui vous enserre dans ses tentacules, qui se glisse par les pores de votre peau jusque dans votre chair et vos os. La peur, c'est une femme qui répète d'une voix qui n'est plus qu'un souffle, un petit mot qu'on se refuse à entendre, bien que ce léger souffle résonne à vos oreilles comme un hurlement dont jamais on ne parviendra à chasser le souvenir." 

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