mardi 27 octobre 2015

"221B Baker Street" de Graham Moore

"221B Baker Street" de Graham Moore
Ed. Pocket 2013. Pages 511. 
Titre Original: "The Sherlockian" 

Résumé: Octobre 1900, Londres. Après avoir reçu un étrange courrier, Conan Doyle se retrouve mêléà la disparition de plusieurs jeunes filles dans les bas-fonds de la ville. Sur les traces d'un tueur en série, il demande l'assistance d'un de ses amis, l'écrivain Bram Stoker, auteur de Dracula.
Janvier 2009, New York. C'est un grand jour pour Harold White : son article mettant en parallèle les exploits de Sherlock Holmes et la naissance de la médecine légale lui vaut d'être intronisé dans la prestigieuse association des « Baker Street Irregulars ». C'est aussi un grand jour pour ladite association : Alex Cale, l'un de ses membres les plus renommés, vient de retrouver le « Saint-Graal » des fanatiques de Conan Doyle, le fameux tome perdu du journal intime de l'écrivain, couvrant les mois d'octobre à décembre 1900. C'est en effet à cette époque que Conan Doyle, après avoir fait mourir Sherlock Holmes sept ans plus tôt au grand dam de ses admirateurs, a décidé, pour une raison demeurée inconnue, de faire revivre le célèbre détective. Mais Alex Cale est assassiné avant d'avoir pu dévoiler le contenu du fameux journal et Harold, inspiré par l'art de la déduction de son illustre modèle, se lance sur la piste du meurtrier.

La 7 de la page 7: "Il y eut des rires et des applaudissements." 

Pour les amateurs d'enquêtes parallèles, ce roman est pour vous! D'un côté, on a Arthur Conan Doyle et Bram Stoker qui mènent l'enquête sur les meurtres de jeunes femmes dans le Londres victorien. De l'autre, on a Harold, jeune recrue d'un club de Sherlockiens. Les deux enquêtes se tiennent bien. Elles sont toutes les deux faciles à lire. Pas d'invraisemblances choquantes.
Ceci dit... (sinon c'est pas drôle) Harold... C'est pas Sherlock. Loin de là. Le lecteur attentif et soupçonneux a tendance à avoir une longueur d'avance sur lui. Il a un petit côté touchant et naïf qui peut plaire tout autant qu'il peut agacer. N'est pas Holmes qui veut et ce livre en est bien la preuve. Personnellement, j'ai eu un peu de mal à m'attacher à Harold. Trop de naïveté tue la naïveté. Il faut également avouer que la fin de la partie "2010" est un peu tirée par les cheveux. Et disons le, un peu bâclée. On en voudrait plus. Pas forcément plus d'histoire mais peut-être plus de dénouement. Malgré tout, cela reste une bonne petite histoire pour se détendre. 
On en vient maintenant à la partie Conan Doyle. Dieu qu'il est agaçant ce bonhomme. Mais en même temps, il n'est pas reconnu pour ses airs aimables. Histoire oblige. Moore ne peut pas nous inventer un Conan Doyle sympathique... Le très grand intérêt de cette partie, c'est le "mystère du journal". Toute personne un peu férue des histoires de Holmes s'est déjà demandée ce qui a bien pu arriver à Conan Doyle pendant ce fameux grand hiatus (période qui va du moment où Conan Doyle tue Sherlock Holmes et le moment où il le fait revivre dans "Le Chien des Baskerville") Moore nous donne ici sa vision romantique et romancée de ce qui aurait pu se passer. Doyle se prend pour Sherlock. Si il en est l'auteur, il est donc capable des mêmes compétences que son illustre créature. Mais c'est en oubliant que la théorie est bien loin de la pratique. Doyle patauge. Et le réel intérêt de cette histoire prend alors forme: Bram Stoker. Rappelons qu'à l'époque de l'histoire, Stoker n'est pas encore le pilier de la littérature victorienne que nous connaissons tous. On a donc ici deux forces artistiques qui s'opposent: L'artiste reconnu (Doyle) et l'artiste frustré (Stoker). Et personnellement, oui, je me suis délectée des références à ce "pauvre Bram" qui n'a jamais rien accompli de majeur au niveau artistique... C'est un peu, même beaucoup, jouissif. On a limite envie de le prendre dans nos bras pour lui dire que tout ira bien. Là où Doyle est antipathique, Stoker est humain. 
Donc en résumé: 
Un bon livre pour se détendre. Deux bonnes histoires. Des personnages cohérents. Bref, recommandé pour passer un bon moment. 

Extrait: "Tout est aléatoire. la violence et la mort sont le fruit du hasard, on ne peut ni les empêcher ni les arrêter. De toutes les conventions du roman policier, la seule à laquelle il soit impossible de déroger c'est la découverte de la solution dans les dernières pages.(...) Peut-on écrire une histoire policière qui s'achève dans l'incertitude? Où l'on ne sait jamais vraiment qui a commis le crime? C'est possible mais ce n'est pas satisfaisant. C'est déplaisant pour le lecteur. Il faut qu'il y ait quelque chose à la fin, une espèce de résolution. Pas forcément que le criminel soit arrêté ou emprisonné. Mais le lecteur doit absolument savoir. Ne pas savoir est le pire qui puisse arriver aux lecteurs à la fin d'une histoire policière parce que nous avons besoin d'être certains que dans ce monde fictif, tout peut être connu. La justice est facultative mais il est obligatoire d'obtenir des réponses."
 



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