lundi 12 octobre 2015

"Un anneau d'argent à l'oreille" de Tony Duvert

"Un anneau d'argent à l'oreille" de Tony Duvert
Ed. de Minuit 2011. Pages 157.

Résumé: Tony Duvert vient d’écrire son premier roman policier. Comme il fallait s’y attendre, ce n’est pas un polar classique : l’inspecteur se nomme Julien Sorel et le commissaire Mme Rênal. Mais, comme il est d’usage en revanche, presque tous les personnages sont des suspects, et c’est un fait qu’ils constituent un joli ramassis de turpitudes. Sauf Marc, bien sûr, qui a huit ans et qui est un petit monstre d’innocence. Le rire ici a d’étranges résonances.

La 7 de la page 7: "Le professeur Brisset a un grand dynamisme, c'est vrai, dit prudemment Rousseau."

Mettons de côté la personnalité controversée de Duvert et concentrons nous plutôt sur son œuvre et donc, ici, sur "Un anneau d'argent à l'oreille".  En voilà un roman étonnant. Ce qui commence comme un roman policier banal prend vite la tournure d'un tour de force littéraire. 
Non seulement c'est drôle mais c'est également intelligemment maîtrisé. Cri de haine et de révolte contre la famille et contre la société, "Un anneau d'argent à l'oreille" est particulièrement percutant. La lecture se faite toute seule et sans qu'on s'en rende compte, on a terminé la livre. Et c'est bien dommage car on en voudrait plus. Encore et encore. On voudrait rester avec ces personnages étranges et attachants (et en même temps, tellement curieux et parfois cruels que cela en devient jouissif) Duvert met en avant une famille éclatée dont les membres se soucient que bien peu des autres. Histoire sous-jacente de pédophilie et d'homosexualité qui, ici, servent une histoire complètement déjantée et pourtant, quelques fois, toujours d'actualité. 
Ici, l'enfant est roi. Il est manipulateur et cruel. Il est le maître du roman. Mention spéciale pour le personnage de Julien Sorel qui est particulièrement bien exploité et qui maintient du début à la fin ce roman qui est définitivement un petit bijou de la littérature française contemporaine.  

Extrait: "-Mais mon mari, inspecteur, n'avait pas ce genre de clientèle qui assassine les psychiatres! dit madame Brisset. Non! Je suis persuadée que c'est un fou? Un vrai! Un fou qui s'est fait passer pour un malade mental comme les autres, comprenez-vous? Et mon mari n'y a vu que du feu!..."
 

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